RDC : MONUSCO, retrait par étapes

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image MONUSCO - Des Casques bleus de l'ONU complice des rebelles dans l'Est de RDC

Le Conseil de sécurité demande au gouvernement de la RDC de « veiller à la transparence et à la crédibilité du processus électoral ». S’agissant du retrait de la MONUSCO, la Résolution 2211 (2015) souligne qu’« il doit s’opérer par étapes et de manière progressive, au fur et à mesure que seront atteints des objectifs spécifiques qu’il appartient au Gouvernement et à la MONUSCO d’arrêter conjointement, en concertation avec l’équipe de pays des Nations Unies et d’autres parties prenantes ».

Le Conseil de sécurité, par la Résolution 2211 (2015) adoptée à l’unanimité jeudi 26 mars 2015 à New York (Etats-Unis) et prorogeant jusqu’au 31 mars 2016 le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et de sa Brigade d’intervention, demande au gouvernement congolais de « veiller à la transparence et à la crédibilité du processus électoral ».

« Dans le texte adopté, le Conseil formule plusieurs demandes au Gouvernement de la RDC, notamment pour qu’il veille à la transparence et à la crédibilité du processus électoral.  A cet égard, le Conseil autorise la MONUSCO, sous certaines conditions, à fournir un soutien logistique pour faciliter la tenue des élections », rapporte un communiqué officiel de l’Onu parvenu vendredi 27 mars 2015 à Lepotentieonline.com.

Une réduction d’effectifs « permanente »

« Le Conseil a en même temps « approuvé la recommandation du Secrétaire général tendant à réduire les effectifs de la force de la MONUSCO de 2 000 soldats, tout en maintenant un effectif maximum autorisé de 19 815 militaires, 760 observateurs militaires et officiers d’état-major, 391 policiers et 1 050 membres d’unités de police constituées ».

Il a fait part de son intention de « rendre cette réduction d’effectifs permanente en révisant le plafond des effectifs, compte tenu du rapport  du Secrétaire général sur l’examen stratégique approfondi de la MONUSCO, « une fois que des progrès considérables auront été enregistrés par rapport aux priorités du mandat de la Mission, notamment en matière de lutte contre les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ».

Selon la Résolution 2211 (2015), « la prorogation de mandat intervient à titre exceptionnel et sans créer de précédent ni sans préjudice des principes convenus du maintien de la paix ». Le Conseil entérine, en outre, les recommandations du Secrétaire général visant « la transformation de la Force de la MONUSCO pour qu’elle puisse s’acquitter de son mandat avec plus d’efficacité et plus d’efficience ».

Les tâches de la MONUSCO

Le texte de la Résolution 2211 (2015), long de 16 pages, passe en revue les tâches de la MONUSCO, qui doit notamment « assurer la protection des civils, neutraliser les groupes armés par l’intermédiaire de la Brigade d’intervention, et surveiller la mise en œuvre de l’embargo sur les armes ». 

Dans toutes ses activités, « la MONUSCO est invitée à tenir pleinement compte des questions transversales que constituent la problématique hommes-femmes et la protection de l’enfance, ainsi qu’à renforcer le dialogue avec la population civile ».

Par ailleurs, elle doit « aider les autorités congolaises à stabiliser l’Est de la RDC, contribuer au désarmement, à la démobilisation, au rapatriement ou à la réinstallation et à la réintégration des combattants étrangers qui ne sont pas soupçonnés de génocide, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou de violations des droits de l’homme, et au retour de ces combattants et de leur famille à une vie civile paisible dans leur pays d’origine ou dans un pays d’accueil ».

Parmi ses autres tâches, « la MONUSCO doit fournir un appui à la réforme nationale en offrant ses bons offices, ses conseils et son appui au Gouvernement de la RDC, afin notamment de l’encourager à s’investir plus rapidement dans la réforme du secteur de la sécurité ».

Le Conseil de sécurité a saisi cette occasion pour rappeler qu’il « condamne fermement tous les groupes armés opérant dans la région et les violations du droit international humanitaire et d’autres normes applicables du droit international, ainsi que les atteintes aux droits de l’homme qu’ils commettent ».

Il « exige que les FDLR, les Forces démocratiques alliées (ADF), l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et tous les autres groupes armés mettent immédiatement fin à toutes les formes de violence et autres activités déstabilisatrices ».

Coopération « encouragée »

En prenant note de « l’engagement du Gouvernement de la RDC à mener des opérations militaires contre les FDLR », le Conseil de sécurité « encourage vivement la coopération, dans le cadre de ces opérations, entre le Gouvernement et la MONUSCO, qui a été chargée de faire tout son possible pour neutraliser les FDLR ». 

En outre, « le Conseil exhorte le Gouvernement de la RDC d’arrêter et d’amener à répondre de leurs actes les auteurs de violations du droit international humanitaire ou de violations des droits de l’homme ou d’atteintes à ces droits ».

Retrait de la MONUSCO « par étapes »

S’agissant du retrait de la MONUSCO, la Résolution 2211 (2015) souligne qu’« il doit s’opérer par étapes et de manière progressive, au fur et à mesure que seront atteints des objectifs spécifiques qu’il appartient au Gouvernement et à la MONUSCO d’arrêter conjointement, en concertation avec l’équipe de pays des Nations Unies et d’autres parties prenantes ».

Le Conseil note qu’il faut « définir clairement la stratégie de retrait de la Brigade d’intervention », notamment en s’employant sans relâche à lutter contre la menace que constituent les groupes armés et en mettant en œuvre une réforme du secteur de la sécurité qui soit viable et qui prévoie éventuellement la mise en place d’une force de réaction rapide congolaise.

« Le Conseil réexaminera les tâches confiées à la Brigade d’intervention compte tenu de l’évolution de la situation sur le terrain et des progrès accomplis dans l’exécution de ces tâches.  C’est pourquoi, il prie le Secrétaire général de lui rendre compte tous les trois mois de l’état d’avancement de l’application du mandat de la MONUSCO, y compris sa Brigade d’intervention », rapporte encore le communiqué.

Le représentant de la RDC relève « des incohérences »

Dans son intervention à la séance, le représentant de la RDC a rappelé la position de son gouvernement telle qu’elle a été exprimée devant le Conseil de sécurité, le 19 mars 2015, par le ministre congolais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. 

« Toutefois, les choses ont évolué, le fil du dialogue entre le Gouvernement de la RDC et la MONUSCO a été rétabli, et les discussions ont repris à Kinshasa », a-t-il signalé.

Il a pris acte du renouvellement du mandat de la MONUSCO d’autant plus que, a-t-il estimé, « l’esprit et le texte de la résolution convergent sur l’ouverture d’un dialogue constructif entre le Gouvernement et la Mission », notamment sur des questions qui n’ont pas encore été clarifiées. 

Cependant, il est revenu sur certaines dispositions de la Résolution qui, aux yeux de sa délégation, « contiennent des incohérences qui ne s’expliquent pas au regard de l’évolution actuelle de la situation ».

« Il s’est ainsi étonné du paragraphe 8 du préambule dans lequel le Conseil reconnait d’une part les efforts que fournissent les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la neutralisation des groupes armés, y compris les FDLR, et d’autre part accuse la même armée congolaise de collaboration avec les FDLR », renseigne le communiqué.

Le Représentant de la RDC a indiqué qu’il était en outre « convaincu que le rappel au paragraphe 9 (f) du préambule des paragraphes 1 et 2 de la résolution 1807 (2008) aurait été nécessaire pour circonscrire le domaine d’application de l’embargo sur les armes en RDC ». 

« Cela aurait, a-t-il argué, permis d’éviter toute confusion et de proscrire cette tendance à vouloir appliquer l’embargo à l’armée régulière de la RDC, alors que celui-ci est destiné aux groupes armés non étatiques et à toutes les forces négatives ».

A son avis, « la formulation du paragraphe 15 relatif à la force congolaise de réaction rapide ne s’explique pas non plus ; ces forces ont été mises à contribution dans plusieurs opérations antérieures de pacification au Nord Kivu et vont bientôt être déployées dans le cadre de la poursuite des FDLR dans la forêt congolaise ».

« Je voudrais saisir cette occasion pour vous assurer de la poursuite de la coopération du Gouvernement congolais avec les Nations Unies », a ajouté le Représentant en indiquant que son gouvernement voulait aussi « que soit entamée une profonde réflexion sur l’avenir de la présence onusienne sur le sol congolais, de manière responsable et ordonnée ». 

Il a conclu en félicitant la MONUSCO et sa Brigade d’intervention pour la « qualité du travail abattu ».  « Le travail de cette Brigade aux côté des Forces armées de la RDC a redonné de l’espoir », a-t-il dit.

Pour rappel, le Conseil était saisi de deux rapports du Secrétaire général: le « rapport sur la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région » et le « rapport sur la MONUSCO ».


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