Le scénario à la burkinabé se profile : Une transition sans « KABILA », des législatives et présidentielles un an après sa chute

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image Joseph KABILA - President sortant de RDC

Le dernier discours tenu par Joseph Kabila à Lubumbashi ce lundi 5 janvier 2015 lors d'une réunion destinée à assurer l'unité du Katanga et la confirmation faite par le porte-parole du gouvernement congolais que les présidentielles ne pourraient se faire sans recensement sont enfin révélateurs de la posture sans faille de Joseph Kabila qui tient mordicus comme un chien avec son os d'aller au-delà de son mandat actuel. Au lieu de tirer les leçons de l'histoire des soulevements populaires et en la matière celui du burkinabé qui a eu raison du président Blaise Compaoré, Joseph Kabila refuse de booster le processus d'alternance politique afin  d'éviter les mêmes causes qui ont conduit au soulèvement populaire au Burkina Faso. Le président congolais et tout son cercle des anciens et nouveaux kleptocrates choisissent la ruse en s'évertuant à appâter l'opposition politique congolaise,la société civile, tous les congolais qui ne veulent plus d'un président bashing comme si tous ces  dirigeants congolais pouvaient cacher le soleil avec leurs doigts. Si tous les dictateurs se ressemblent en ce sens qu'ils ne retirent aucune leçon de l'histoire, Joseph Kabila choisit le jusqu'au-boutisme. Sans remonter trop loin dans le passé, nous constatons rapidement nombreux sont les dictateurs qui ne sont pas" morts paisiblement dans leur lit ". Comme dans tout film hollywoodien, le méchant finit par mordre la poussière, et dans le contexte de la Rdc le peuple opprimé sortira  vainqueur de l'affrontement et pourra enfin oeuvrer à la consolidation de la démocratie. En se moquant des congolais, Joseph Kabila  sera pris à son propre piège lorsqu' il persiste à semer les graines du soulèvement populaire. Aujourd'hui, les événements se précipitent dan cet espace commun et le facteur de risque général augmente dans le contexte où le président et son petit cercle captent toutes les richesses du pays en paupérisant davantage le peuple et veulent patrimoiniliser le pouvoir.

Certes, qui aurait pu prédire il y a quelques années la chute de Mohamed Morsi ou  l'hécatombe  de Blaise Comparoé le 31 octobre 2014 ? Il s'avère que la plupart des pays qui se lancent dans le tripatouillage constitutionnel sont plus fragiles que ne le pensaient bien des gens à l'époque de la guerre froide où l'option qui prévalut, fut celle de l'homme " fort". Nous sommes bien de nos jours devant un risque qui découle inévitablement de la fragilité interne de beaucoup de pays surtout en Afrique. Dans le contexte de la Rdc, les ingrédients de soulèvement populaire se mettent en place et ce avec la bénédiction de Joseph Kabila qui veut s'accrocher au pouvoir au-delà de son mandat qui doit s'achever le 19 décembre 2016 à minuit conformément à la constitution.En marge du débat sur l'article 8 qui conditionne la tenue des législatives et présidentielles en 2016 aux résultats d'un recensement,des affrontements ont eu lieu à Kinshasa ce lundi 12 janvier 2015 entre les patriotes congolais et la police. D'autres signes avant- coureurs pourront mettre les congolais dans la rue.

En Rdc, la diabolisation fonctionne en plein régime. Elle ne facilite pas le rassemblement ou la cohésion nationale,car diaboliser c'est disqualifier celui qui pense différemment et se priver d'une dialectique pouvant être bénéfique. Le diable , ce qui divise, mais aussi qui incarne le mal.Nous sommes passés en Rdc à une diabolisation à outrance qui demeure une castration de la réflexion.Joseph Kabila est le champion de la politique de diabolisation.Au lieu de s'approprier l'entretien avec les notables du Katanga comme un lieu de réinvention du politique afin de reconstruire la cohésion nationale, rien n' y fut fait. Les dès sont déjà pipés. Il ne reste qu' à sacrifier le président congolais sur l'autel du soulèvement populaire.

Il faut souligner que l'insurrection populaire ramenera la Rdc dans la case de départ suite à la l'entêtement du président congolais .Peu importe,mais face à un troisième" faux penalty", le peuple congolais  n'aura  plus d'autre choix que celui d'imposer  l'alternance politique conformément à l'article 64 de la constitution et chasser Joseph Kabila du pouvoir au terme de son dernier mandat. Au regard du pourrissement de la situation politique, nous demandons de tous nos voeux à la Monusco de maintenir une présence importante de ses forces en Rdc ,mais en réduisant le personnel non essentiel.Contrairement aux souhaits  de Joseph Kabila réclamant la réduction de l'effectif des Forces de l'ONU, il serait impérieux de les garder compte tenu de la fragilité de l'Etat congolais et de la crispation de la  situation politique.

Pour relever les défis de la stabilité politique, de la bonne gouvernance et de la justice sociale, il est impératif  que la Rdc se dôte d'un autre président qui rassure les congolais et les partenaires extérieurs de la Rdc dans son état d'esprit,nul n'ignore que l'alternance politique  n'est pas un état civil,mais bel et bien un état d'esprit.D'ailleurs les temps changent aujourd'hui ,le monde se meut et personne ne peut balayer d'un revers de  main les aspirations des peuples vers le bien-être. Enfin , il est difficile pour les congolais de rêver à l'heure actuelle d'une alternance politique apaisée,car les dictateurs se ressemblent ,meurent mitraillés ou chassés du pouvoir.

[Professeur Florent Kaniki]


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