RDC : « KABILA » veut la tête de KATUMBI

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image Joseph KABILA - President sortant de la RDC et Moise Katumbi Chapwe [droite]

Pendant que l'opinion a encore en mémoire les images du retour triomphale à Lubumbashi de Moïse Katumbi gouverneur du Katanga et membre de l'actuel majorité au pouvoir en République Démocratique du Congo, nous venons d’apprendre par une source digne de foi qu'au mois d'octobre 2014 les services de sécurité de ce pays auraient procédé à la saisie au poste frontalier de Kasumbalesa de plusieurs conteneurs appartenant à Moïse Katumbi lesquels contenaient notamment deux hélicoptères civils en pièces détachées, des véhicules de terrassement, etc.  Ceci, au motif que des effets militaires, ainsi que des armes de guerre et des munitions y seraient dissimulés !

Notre source affirme en suite qu'il ne faut pas être nécessairement devin pour conclure qu’il s’agit d’un montage orchestré par le régime en place pour se débarrasser d'un encombrant gouverneur du Katanga candidat probable à la présidentielle de 2016  lequel avait manifesté à haute voix - quelques semaines avant de quitter sa province pour raison de santé - son mécontentement au sujet de la rétrocession par le trésor public d'un reliquat de 30 millions USD. Ceci, alors que le gouvernement provincial avait versé au pouvoir central un montant de 600 millions USD de recettes provinciales. Le pêché mortel commis par Moïse Katumbi est d'avoir révélé à certains membres du gouvernement provincial qu'une grande partie des 600 millions USD versés au trésor public aurait en réalité atterri sur le compte personnel de Joseph Kabila. 

Quid donc de 40% de rétrocession prévue par la Constitution de la République Démocratique du Congo ?  On comprend mieux comment Joseph Kabila a pu amasser en moins de 15 ans de pouvoir une fortune colossale estimée à plus de 15 milliards USD. 

Selon la même source, le mardi 23 décembre 2014 Joseph Kabila aurait invité Moïse Katumbi et Gabriel  Kyungu Wa Kumyanza président de l'assemblée provinciale du Katanga à venir le rejoindre dans sa ferme privée située près du parc de Kundelungu au nord-est de Lubumbashi.  A cet effet, Moïse Katumbi n'aurait réservé aucune suite à l'invitation présidentielle.  De son côté, Gabriel  Kyungu Wa Kumyanza, lequel était monté sur le podium haranguant la foule venue célébrer le retour de Moïse Katumbi, s'est finalement rendu le jeudi 25 décembre 2014, la peur au ventre, à la ferme de Joseph Kabila. A l'issue de l'entrevue celui-ci aurait reçu pour mission de transmettre au gouverneur du Katanga l’ordre de démissionner de ses fonctions, et ce dans les 48 heures à compter de vendredi 26 décembre courant.  A défaut d’obtempérer, un mandat d’arrêt lui serait délivré notamment pour tentative de coup d’Etat, d'atteinte à la sécurité intérieure de la République Démocratique du Congo, de détention d’armes de guerre, de terrorisme, etc.  Toutefois, Moïse Katumbi aurait la possibilité de quitter le pays avant l'exécution du précité mandat d’arrêt.

De notre point de vue, dans l'hypothèse selon laquelle cette information se confirmait, il y a lieu de considérer que Joseph Kabila voudrait à tout prix prendre en main le contrôle de la province du Katanga par laquelle pourrait partir un soulèvement populaire. Certains analystes affirment que  Richard Muyej serait candidat au poste de gouverneur du Katanga en remplacement de Moïse Katumbi.  A cet effet, nous annoncions hier ..que depuis que la majorité de hauts dignitaires du régime de Congolais originaires du Katanga se sont prononcés ouvertement être contre le troisième mandat  ("penalty") de Joseph Kabila, la tension est montée d’un cran au sein de la Garde républicaine (GR) [surnommés les Bana Mura lesquels se sont distingués notamment dans le massacre de civils adeptes de Bundu-Dia-Kongo (2007) et celui des adeptes du Prophète Mukungubila (2013)]  l'unité d'élite chargée de la sécurité du chef de l'Etat congolais laquelle est composée en majorité par des originaires du Katanga. 

Dans ce cadre, il n'est pas inutile de préciser que les précités éléments du GR éprouvent une certaine sympathie à l’égard de Moïse Katumbi, et ce au même titre que le reste de la population katangaise. Et d'ailleurs, c'est pour cette raison que Joseph Kabila en séjour dans sa ferme de Kundelungu a procédé depuis le mardi 23 décembre courant à la restructuration du Commandement de la Garde républicaine basée à Lubumbashi.  Ainsi, les Katangais ont été remplacés notamment par les originaires du Maniema…  Nous avons obtenu confirmation de ce qu'une grande partie des hommes de troupe de la GR originaires du Katanga devraient être mutés vers d'autres provinces. 

In fine, si Joseph Kabila réussissait à se débarrasser de Moïse Katumbi, nous pouvons considérer que plus rien ne pourra empêcher celui-ci d’opérer manu militari avant la tenue de l'élection présidentielle prévue en 2016 d’autres purges spectaculaires parmi les contestataires du troisième "penalty" ayant pignon sur rue lesquels se recrutent en nombre surtout à Kinshasa au sein la majorité au pouvoir, ainsi que dans l’opposition et la société civile congolaise.

En conséquence, nous pouvons soutenir que Joseph Kabila lequel bénéficie du soutien des éléments de l'armée rwandaise occupant des postes de commandement au sein notamment de la Garde présidentielle, de FARDC, de la Police nationale, ainsi que les services de renseignements civil et militaire en République Démocratique du Congo, mettra tous les moyens financiers et humains dont il dispose pour obtenir se maintenir au pouvoir au-delà de 2016 en violation de la Constitution de ce pays. Ceci, malgré les recommandations formulées par certains chefs d'Etat occidentaux lesquels dans bien des cas se limitent généralement à des simples déclarations de principe destinées à leurs propres opinions publiques.

Questions :

- Moïse Katumbi va-t-il partir en exil forcé, ou se laissera-t-il arrêter sur ordre de Joseph Kabila ?

- Quelle sera la réaction de Katangais sortis en masse le mardi 23 décembre courant pour accueillir leur « Moïse » ? 

- Les partis politiques de l'opposition et la société congolaise ne devraient-ils pas profiter de cette affaire pour mettre Joseph Kabila en minorité et partant, inciter la population à chasser Joseph Kabila du pouvoir. Ceci, avant que les éléments de la GR originaires du Katanga basés à Lubumbashi ne soient tous mutés vers d'autres provinces?

Mais, vous avez tous dit " Bourkina faso ?"  Dans ce cas, "il ne faut pas vouloir une chose et son contraire", dit-on.

Aux dernières nouvelles, des diplomates occidentaux tenteraient de ramener Joseph Kabila à la raison.

Affaire à suivre !  

Benjamin Stanis Kalombo

Président et Administrateur délégué

APRODEC ASBL(*)

"Parlons peu. Mais, agissons ensemble - de manière concrète - pour plus d'efficacité".


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