Scott CAMPELL de BCNUDH : Quelques contre-vérités relevées par le gouvernement de RDC

Font size: Decrease font Enlarge font
image Lambert MENDE OMALANGA

Le directeur du BCNUDH, Scott Campell qui est sous le coup d’une expulsion du territoire congolais, est accusé par le gouvernement de la RDC de « chapelet de contre-vérités » : (1) Comme lorsqu’il prétend que les policiers impliqués dans l’opération « Likofi » portaient des cagoules et se déplaçaient à bord de véhicules de type jeep sans plaque d’immatriculation alors que ces policiers en uniformes réglementaires ne portaient pas de cagoules et n’intervenaient pas à bord de Jeep, mais de Pick Up dotés de plaques clairement identifiables. (2) Comme lorsque le BCNUDH affirme que « les agents de la police auraient été accompagnés d’indicateurs pour les aider à identifier les victimes» alors qu’en réalité, l’opération, menée après qu’une banque des données fut constituée sur les inciviques communément appelés «kuluna» avec à l’appui une cartographie spécifiant la composition et la localisation des différentes groupes, ce qui rendait inutile tout recours à des indicateurs. (3) Comme lorsque ledit rapport allègue de 9 d’exécutions sommaires en escamotant délibérément les cas de légitime défense qui ont pourtant été certifiés et le fait qu’il s’était agi d’une traque contre de bandits armés violents et pas d’une opération contre des « petits délinquants» comme ils ont été qualifiés par le BCNUDH. (4) Comme lorsqu’on accuse la PNC de 32 cas de «disparitions forcées» alors que tout Kinshasa sait que la plupart de ces « Kuluna » prétendument disparus avaient quitté d’eux-mêmes Kinshasa pour se réfugier à Brazzaville (RC), au Bandundu ou au Bas-Congo lorsqu’ils s’étaient sentis identifiés et cernés dans leurs quartiers; ce qui donne à croire que M. Scott et ses enquêteurs reprochent au gouvernement d’avoir osé mettre la pression sur ces bandits. Un véritable détournement de la mission du BCNUDH qui s’est mis ainsi à défendre les droits des malfrats et non ceux des paisibles citoyens.

Le directeur du Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH), Scott Campell qui est sous le coup d’une expulsion du territoire congolais, est accusé par le gouvernement de la RD Congo de « chapelet de contre-vérités » et de « refus systématique de prendre en compte les remarques et clarifications dûment documentées lui fournies à chacun de ses rapports par les instances gouvernementales compétentes ».

Il lui également reproché « le mépris affiché à l’égard d’un gouvernement auprès duquel il était accrédité ne nous paraissait plus de nature à permettre un travail profitable à la promotion des valeurs des Droits de l’Homme auxquelles nous sommes attachés ».

« Curieuses accointances fonctionnelles avec des officines de la haine »

Lors d’un entretien avec la presse vendredi 17 octobre 2014 à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement a déclaré qu’« il a été constaté de bien curieuses accointances fonctionnelles entre le N°1 du BCNUDH à Kinshasa et des membres connus et reconnus d’une certaine opposition (appelons-la non républicaine pour ne pas utiliser un qualificatif plus désobligeant) dont les officines sont sources de plusieurs éléments professionnellement inacceptables dans les rapports estampillés BCNUDH ». 

« Au cours des évaluations avec le Gouvernement, Monsieur Campbell avait été maintes fois alerté sur le fait que ses services étaient instrumentalisés par les responsables de ces officines de la haine qui passent le plus clair de leur temps à ruminer des plans machiavéliques de vengeance contre le Président Joseph Kabila, +coupable+ de les avoir défaits aux élections de 2011 », a souligné le ministre des Médias Lambert Mende Omalanga.

Il a soutenu que ce fut « envain car le Président Joseph Kabila n’en tint aucun compte et continua à répandre aux quatre vents des rapports sur les droits de l’homme en RDC qui n’étaient que des copies des brûlots politiquement motivés de l’opposition non républicaine ». 

Il a relevé « la dernière livraison de ses rapports, celle publiée le mercredi 15 octobre dernier et qui porte sur l’opération +Likofi+ menée par 350 éléments de nos forces de police, avec la collaboration de 8 magistrats dont 4 civils et 4 militaires en est illustration ». 

« Cette publication est intervenue juste le lendemain du jour où Monsieur le Premier ministre venait de confirmer la poursuite d’une nouvelle phase de ladite opération devant la représentation nationale, inquiète de la recrudescence du phénomène +Kuluna+ après le brillant succès de +Likofi 1+ », s’est étonné le ministre des Médias, qui en a conclu que « l’un des objectifs des auteurs était de contrarier cette initiative » gouvernementale.

C’est la raison pour laquelle, a-t-il expliqué, « le gouvernement de la République  Démocratique du Congo a décidé, jeudi 16 octobre 2014, de mettre fin à sa collaboration avec Monsieur Scott Campbell, Directeur du Bureau Conjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme, BCNUDH, au sein de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo (Monusco) ».

« L’intéressé, devenu de ce fait +persona non grata+, devrait quitter le territoire de la RDC.  On peut dire que dans cette affaire, le gouvernement a bu le calice de la patience jusqu’à la lie. En effet, Monsieur Scott Campbell, dont le mandat en RDC consiste essentiellement à s’impliquer dans une coopération constructive avec les autorités légitimes de ce pays pour appuyer les efforts de défense et de promotion des Droits de l’Homme, s’est, au contraire illustré par des prestations systématiquement hostiles aux institutions en place », a martelé Lambert Mende. 

Il a constaté que, « maniant avec dextérité les contre-vérités, la désinformation et les extrapolations tendancieuses au mépris des exigences professionnelles de rigueur et d’objectivité dans l’exercice de sa mission dans un domaine aussi sensible, Monsieur Campbell est devenu la caisse de résonnance des rumeurs les plus invraisemblables sur la situation des Droits de l’Homme dans notre pays ».

« Rapport truffé de contre-vérités »

« Plus d’une fois, il s’est permis en dehors de toute vérification élémentaire des faits d’imputer +par présomption+ des faits délictueux ou criminels anonymes aux membres de nos forces de défense de sécurité. Appelé au cours des réunions d’évaluation à documenter ses accusations, il se contentait de demander à ses interlocuteurs du gouvernement de +trouver et punir les auteurs inconnus pour prouver que ce n’était pas un membre du personnel de défense ou de sécurité de l’Etat+ », a rappelé le porte-parole du gouvernement congolais.

Pour Lambert Mende, « cette attitude constitue en elle-même une entorse aux normes en vigueur dans notre pays et aux principes généraux du droit en vertu desquels la preuve d’un fait à celui qui l’allègue ». 

« Dans son entendement, les autorités congolaises devaient apporter la preuve de leur innocence dans ces crimes réels ou supposés ou accepter sans rechigner de se voir livrer en pâture à l’opinion internationale », s’est-il indigné.

Quelques contre-vérités relevées par le gouvernement congolais:

1. Comme lorsqu’il prétend que les policiers impliqués dans l’opération « Likofi » portaient des cagoules et se déplaçaient à bord de véhicules de type jeep sans plaque d’immatriculation alors que ces policiers en uniformes réglementaires ne portaient pas de cagoules et n’intervenaient pas à bord de Jeep, mais de Pick Up dotés de plaques clairement identifiables. 

2. Comme lorsque le BCNUDH affirme que « les agents de la police auraient été accompagnés d’indicateurs pour les aider à identifier les victimes» alors qu’en réalité, l’opération, menée après qu’une banque des données fut constituée sur les inciviques communément appelés «kuluna» avec à l’appui une cartographie spécifiant la composition et la localisation des différentes groupes, ce qui rendait inutile tout recours à des indicateurs. 

3. Comme lorsque ledit rapport allègue de 9 d’exécutions sommaires en escamotant délibérément les cas de légitime défense qui ont pourtant été certifiés et le fait qu’il s’était agi d’une traque contre de bandits armés violents et pas d’une opération contre des « petits délinquants» comme ils ont été qualifiés par le BCNUDH. 

4. Comme lorsqu’on accuse la PNC de 32 cas de «disparitions forcées» alors que tout Kinshasa sait que la plupart de ces « Kuluna » prétendument disparus avaient quitté d’eux-mêmes Kinshasa pour se réfugier à Brazzaville (RC), au Bandundu ou au Bas-Congo lorsqu’ils s’étaient sentis identifiés et cernés dans leurs quartiers; ce qui donne à croire que M. Scott et ses enquêteurs reprochent au gouvernement d’avoir osé mettre la pression sur ces bandits. Un véritable détournement de la mission du BCNUDH qui s’est mis ainsi à défendre les droits des malfrats et non ceux des paisibles citoyens. 

Lambert Mende a noté en outre « une contradiction flagrante dans le rapport qui s’étale sur des éléments relevant la volonté de la PNC de dissimuler par tous les moyens leurs agissements mais prétend en même temps avoir eu accès à des sources crédibles au sein de ce corps indiquant que +la plupart des exécutions auraient été commises par balles, étranglement ou pendaison parfois en présence de haut-gradés+ ». 

« Selon le récit très romancé de M. Scott Campbell, un officier supérieur de la police se chargeait de récupérer les corps pour les déposer à la morgue de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa (bizarre pour une police déterminée à dissimuler par tous les moyens ses agissements !). Dans cet hôpital, un agent en charge des Kulunas les recevait et entreposait les corps des victimes que l’on ressortait à nouveau pour les transporter ensuite à bord d’un camion remorque sur la route du Bandundu pour les jeter dans le fleuve ou les enterrer dans des fosses communes »,  a souligné le ministre des Médias. 

A son avis, « il s’agit ni plus ni moins que de pures affabulations destinées à présenter les artisans de la tranquillité vécue par la population kinoise grâce à l’opération +Likofi+comme des bourreaux des citoyens congolais. On ne peut être plus menteur et malveillant ». 

« En un mot comme en mille, le caractère non objectif et partisan de l’action de M.’ Campbell ne faisait plus l’ombre d’aucun doute depuis ces trois dernières années. Pareille situation compromettait non seulement l’image de nos institutions mais aussi et surtout la sécurité de l’Etat du fait de la démoralisation subséquente de nos forces de défense et de sécurité. Son insouciance récurrente face à toutes les objurgations à ce sujet a conduit le Gouvernement à se résoudre à la solution radicale de la séparation », a insisté le porte-parole du gouvernement. 

En tout état de cause, a martelé Lambert Mende, « le gouvernement n’excuse pas les cas réels de dérapages dont les auteurs (pas un seul comme le rapport le fait croire) sont poursuivis conformément aux lois de la République tel qu’on a pu le constater au tribunal militaire de garnison de N’djili et au Tribunal de Grande Instance de Matete, entre autres ». 

== / ==

Le BCNUDH enregistre 257 cas de violations

Le BCNUDH a enregistré, au cours du mois d'août 2014, 257 cas de violations des droits de l'homme sur le territoire national.

Le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l'Homme (BCNUDH) a publié son rapport du mois d'août, le mercredi 23 septembre, au cours de la conférence hebdomadaire de la presse organisée par la Monusco à Kinshasa.

Selon Scott Cambel, coordonnateur de cette structure de la Mission onusienne en RDC, 257 cas de violations des droits de l'Homme ont été enregistrés en août dernier sur l'ensemble du territoire national.

« Cela représente une augmentation par rapport au mois de juillet 2014 au cours duquel le BCNUDH avait enregistré 171 violations des droits de l'homme », a-t-il affirmé. Avant d'ajouter : « Le nombre de victimes qui a résulté de ces violations a connu une hausse considérable au cours du mois d'août 2014, passant de 405 à 638 victimes, soit une hausse d'environ 58% ».

Les provinces les plus touchées restent les provinces de l'Est de la RDC, à savoir la Province Orientale, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

« Ces trois provinces ont connu une hausse du nombre de violations des droits de l'Homme par rapport au mois de juillet 2014, passant de 76 à 117 violations pour le Nord-Kivu, de 35 à 66 violations pour la Province Orientale et de 16 à 23 violations concernant la province du Sud-Kivu », a indiqué le coordonnateur du BCNUDH.

Et de poursuivre : « D'ailleurs, pour ces trois provinces, le nombre de victimes des violations des droits de l'Homme reste élevé, soit 535 victimes, ce qui représente environ 84% du nombre total de victimes enregistré sur tout le territoire de la RDC ».

Dans les provinces de l'Ouest du pays, le BCNUDH a enregistré une légère hausse du nombre de violations des droits de l'Homme par rapport au mois de juillet 2014, passant de 44 à 51 violations.

L'ensemble d'agents étatiques aurait été responsable de 57% du nombre total de violations des droits de l'Homme enregistrées par le BCNUDH en août 2014.

Les combattants des groupes armés seraient responsables de 111 violations des droits de l'Homme, soit 43% du nombre total de violations des droits de l'homme enregistrées au mois d'août 2014 par le BCNUDH. Cela représente une hausse de presque le double par rapport au nombre de violations enregistré au mois de juillet 2014 (60 violations).

Parmi les groupes armés, les combattants Maï-Maï, tous groupes confondus, seraient responsables du nombre le plus élevé de ces violations durant le mois d'août 2014 (53 violations et 164 victimes).

Ensuite, les combattants du Front de résistance patriotique de l'Ituri (FRPI) seraient responsables de 30 cas de violations et 123 victimes. Ce nombre représente une hausse considérable par rapport à ceux enregistrés au mois de juillet 2014 (huit violations et 18 victimes) pour le même groupe armé.


Cet article a été lu 5599 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0