RDC : Echec des Concertations nationales !

Font size: Decrease font Enlarge font
image Aubin MINAKU, Joseph KABILA et Léon KENGO WA DONDO

Que reste-t-il encore des recommandations des travaux des Concertations nationales aujourd’hui ? Dans le camp de l’Opposition politique, la division bat son plein. D’abord, lorsqu’est née la plateforme " Opposition républicaine " (OR), le MLC n’a pas du tout adhéré à cette logique, premier indice. Par la suite, au sein même de l’OR où on avait investi Léon Kengo wa Dondo en qualité d’autorité morale, les divergences sont apparues au grand jour au gré des enjeux. Le coordonnateur Jean-Pierre Lisanga Bonganga et une bonne partie des membres ont fini par claquer la porte et ont, par la suite, embouché la trompette en s’opposant à la révision constitutionnelle. D’autres opposants se sont aussi opposés à la révision constitutionnelle. En fin de compte, au moment où l’on s’y attendait le moins, Léon Kengo wa Dondo, en sa qualité de président du Sénat, a profité de la rentrée parlementaire pour s’opposer, lui également, à la révision constitutionnelle. Au point que, c’est l’impression qui se dégage, la cohésion nationale est battue en brèche dans les rangs de l’Opposition politique. Même son de cloche au sein de la Majorité présidentielle. En dehors de quelques membres qui ne semblaient pas du tout soutenir la révision constitutionnelle, la guéguerre Minaku-Matata a aussi révélé au grand jour quelques fissures au sein de la famille politique. Il a même fallu l’intervention personnelle du Rais, en sa qualité d’autorité morale, pour remettre de l’ordre dans la boutique parce que des camps commençaient à se former pour se rentrer dedans. Et cela, sans oublier la guerre des postes au Gouvernement où les chefs des partis politiques réclament leur "droit divin " en exigeant de siéger au sein du Gouvernement plutôt que d’y déléguer d’autres membres du parti. Avec des sons de cloche discordants, la cohésion nationale demeure loin d’unir tous les partenaires de la Majorité.

Que le temps passe vite ! Voilà déjà un an depuis la clôture des travaux des Concertations nationales qui semblaient incarner tant d’espoirs pour les partis politiques, tant de la Majorité présidentielle que de l’Opposition politique, qui avaient participé à ce forum politique. Mais, qu’en est-il une année après ? En d’autres termes, que reste-t-il de la cohésion nationale aujourd’hui ? Voilà qui préoccupe bon nombre d’observateurs surpris de constater que, les concertateurs ne parlent plus le même langage alors qu’ils étaient « très unis » il y a seulement un an. Apparemment, beaucoup d’eau a coulé sous le pont depuis la fin des travaux au point que c’est un autre discours, un discours discordant qu’on entend depuis quelques temps. Faut-il parler d’échec par rapport à l’objectif poursuivi ?

Parmi les trois grandes formations politiques de l’Opposition au regard du nombre des députés nationaux enregistrés seul le Mouvement de libération du Congo (MLC) avait pris part aux travaux des Concertations nationales. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et l’Union pour la nation congolaise (UNC) avaient carrément boycotté les Concertations nationales. L’UDPS exigeait que l’on revienne sur les élections de 2011 au motif qu’on avait volé la victoire d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba tandis que l’UNC de Vital Kamerhe militait pour la tenue, non des Concertations nationales, mais du dialogue. Il ne s’agissait pas du tout d’une guerre de terminologie, mais de la revendication d’un forum regroupant la Majorité et l’Opposition.

LES « CONCERTATEURS » DIVISES UN AN APRES LES TRAVAUX

Que reste-t-il encore des recommandations des travaux des Concertations nationales aujourd’hui ? Dans le camp de l’Opposition politique, la division bat son plein. D’abord, lorsqu’est née la plateforme " Opposition républicaine " (OR), le MLC n’a pas du tout adhéré à cette logique, premier indice. Par la suite, au sein même de l’OR où on avait investi Léon Kengo wa Dondo en qualité d’autorité morale, les divergences sont apparues au grand jour au gré des enjeux. Le coordonnateur Jean-Pierre Lisanga Bonganga et une bonne partie des membres ont fini par claquer la porte et ont, par la suite, embouché la trompette en s’opposant à la révision constitutionnelle. D’autres opposants se sont aussi opposés à la révision constitutionnelle.

En fin de compte, au moment où l’on s’y attendait le moins, Léon Kengo wa Dondo, en sa qualité de président du Sénat, a profité de la rentrée parlementaire pour s’opposer, lui également, à la révision constitutionnelle. Au point que, c’est l’impression qui se dégage, la cohésion nationale est battue en brèche dans les rangs de l’Opposition politique. Surtout que Kengo n’est pas seulement président du Sénat ou autorité morale de l’Opposition républicaine. Il est aussi co-président des Concertations nationales et donc chargé, comme Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la Majorité présidentielle, du suivi des recommandations des assises du palais du peuple. L’union qui prévalait entre les concertateurs a vite cédé la place aux grandes divergences qui semblaient avoir été aplanies lors des Concertations nationales.

DES FISSURES AUSSI AU SEIN DE LA MAJORITE PRESIDENTIELLE

Même son de cloche au sein de la Majorité présidentielle. En dehors de quelques membres qui ne semblaient pas du tout soutenir la révision constitutionnelle, la guéguerre Minaku-Matata a aussi révélé au grand jour quelques fissures au sein de la famille politique. Il a même fallu l’intervention personnelle du Rais, en sa qualité d’autorité morale, pour remettre de l’ordre dans la boutique parce que des camps commençaient à se former pour se rentrer dedans. Et cela, sans oublier la guerre des postes au Gouvernement où les chefs des partis politiques réclament leur "droit divin " en exigeant de siéger au sein du Gouvernement plutôt que d’y déléguer d’autres membres du parti. Avec des sons de cloche discordants, la cohésion nationale demeure loin d’unir tous les partenaires de la Majorité.

C’est dire qu’un an après les travaux des Concertations nationales, la cohésion nationale semble connaître des fissures qui exigent quelques réparations. Sinon, la cohésion nationale n’existera plus que de nom. Or, l’initiative était d’abord partie de la Majorité présidentielle pour ensuite s’étendre à l’Opposition politique. Mais, aujourd’hui, cette union s’est effilochée au risque de tout ramener à la case de départ, y compris la centaine des recommandations adoptées ensemble qui n’ont jamais connu un début d’application. Rien qu’à voir les divergences fondamentales entre les deux co-présidents des Concertations nationales chargés, par ailleurs, du suivi des recommandations, on se demande si la cohésion nationale vaut encore la peine d’être proclamée aujourd’hui sur tous les toits comme hier.

UN NOUVEAU GOUVERNEMENT POUR SYMBOLISER LA COHESION

Lors de sa réponse, le 23 octobre 2012, aux « Concertateurs » après la clôture, le 05 octobre, des travaux des Concertations nationales, le chef de l’Etat avait déclaré au Palais du peuple : " Je vous ai compris ". La valse d’applaudissements qui avait suivi en disait long sur la plus grande préoccupation des « concertateurs », à savoir la mise sur pied du Gouvernement de cohésion nationale. En fait, la première de toutes les recommandations et celle qui était la plus attendue, c’était le nouvel Exécutif devant symboliser la cohésion attendue. Mais, avec la cacophonie qui s’est installée dans le camp des « concertateurs », on est en droit de se demander ce qui reste encore de la cohésion nationale aujourd’hui. Surtout que la guerre qui sévissait à l’Est de la RDC à l’époque n’existe plus à ce jour.

Or, c’est cette guerre qui avait plaidé pour la cohésion nationale afin de permettre aux Congolais de s’unir et de parler le même langage face à l’ennemi commun qu’était le Mouvement du 23 mars. C’est dire que la cohésion nationale tant recherchée s’est un petit peu éloignée. Dans ces conditions, soutiennent les observateurs, même le Gouvernement risque de ne pas répondre aux attentes des « concertateurs » ou à la volonté originelle des partisantes à la grand-messe du palais du peuple. Certains observateurs mettent toutes les fissures apparues entre les « concertateurs » sur le compte de la longue attente du Gouvernement de cohésion nationale. Si ce Gouvernement avait été mis sur pied dans les meilleurs délais, on en serait peut-être aujourd’hui à voir ce qu’il fallait corriger pour réorienter les étapes de la cohésion. 

[M. M.]


Cet article a été lu 3994 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0