RDC : l’Opposition est divisée en deux camps

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image Vital KAMERHE LWA KANYINGINGYI et Thomas LUHAKA

Il y a deux grandes familles dans la classe politique congolaise, la Majorité au pouvoir de Joseph Kabila et l’Opposition politique. Celle-ci est à ce jour sans chef commun. Il se catégorise en deux groupes. Le premier, qui a pris part aux Concertations nationales convoquées par Joseph Kabila et le deuxième qui y était farouchement opposé.

Par rapport à la question sensible de la révision de la Constitution, le dé est presque jeté pour la Majorité. L’option du referendum constitutionnel paraissant sur le point d’être levée. C’est du côté de l’Opposition où une certaine clarification s’impose. 

Comme dit ci-haut, l’Opposition est divisée en deux camps. Celui qui n’a pas pris part aux Concertations, qui rejette toute modification de la Constitution, même pour des articles non verrouillés. Leur position est bien connue depuis longtemps. 

La balle est plutôt dans l’autre groupe, celui qui a pris part aux Concertations nationales. C’est ce bloc qui est appelé à se déterminer par rapport à la question de la révision de la constitution. Au depart, cette Opposition pro-Concertations était regroupée dans la plateforme " Opposition républicaine " (OR) de Léon Kengo Wa Dondo.

NON-PUBLICATION DU GOUVERNEMENT

Mais après des fortunes diverses enregistrées à la suite de la non-publication du gouvernement de cohésion nationale, l’OR a éclaté en plusieurs regroupements. Il faudra y ajouter les partis politiques non membres de l’OR mais qui ont pris part aux Concertations nationales. 

Tous doivent se déterminer par rapport à la révision constitutionnelle. On relève le fait que tous ces opposants avaient comme point de suture le gouvernement de Cohésion nationale qu’ils attendaient de pied ferme. 

Quant à la révision de la Constitution, on sait qu’à l’OR, l’Autorité morale Léon Kengo Wa Dondo était accusé à tort ou à raison de soutenir cette option. Tout était parti après l’ouverture de la Session ordinaire de mars dernier lorsque le Président avait ajouté aux matières la révision de la Constitution. 

Réagissant aux critiques quelques jours plus tard, il a déclaré au cours d’une plénière qu’il avait été mal compris et que la révision dont lui parle est celle qui est proposée dans les recommandations des Concertations nationales. Mais les sociétaires de l’OR continuaient à clamer qu’aucune recommandation des Concertations nationales n’a autorisé la réforme constitutionnelle.

L’OR DIVISE

Cette question divisait déjà l’OR de Kengo Wa Dondo avant son éclatement actuel. Ce qui explique que lorsque le divorce est consommé entre les sociétaires de l’OR, Jean-Pierre Lisanga Bonganga crée son propre regroupement dénommé "Front populaire ". 

C’est clair que par ce discours radical par rapport à la révision, Lisanga Bonganga rejoint le camp des anti comme les FAP de Martin Fayulu, l’Unc de Vital Kamerhe et l’Udps de Tshisekedi dont la position a été réitérée au meeting de l’Opposition tenu à N’Djili au début du mois. Reste qu’on n’a toujours pas la position de ceux qui sont restés fidèles à Léon Kengo Wa Dondo et qui sont toujours à l’OR. 

De même pour les autres regroupements qui continuent à attendre le gouvernement de Cohésion nationale. Mais la question qui se pose est celle de savoir si on peut rejeter la réforme constitutionnelle proposée par Joseph Kabila mais prendre part au gouvernement de cohésion nationale. C’est une antinomie. On ne peut vouloir une chose et son contraire. 

Dans ce cas si les positions anti-révision sont bien identifiées et déclarées dans les principaux groupes de l’Opposition pro-Concertations, il y aurait moins d’opposants au portillon du gouvernement de cohésion nationale. Vu sous cet angle, cet Exécutif ne risque d’intéresser que la Majorité, ce qui est à l’envers de la configuration prévue à cet effet par les Concertations nationales. Mais la question aussi, c’est de savoir à quel moment Joseph Kabila va battre les deux cartes, celle du gouvernement et de la révision. C’est à nouveau l’attente sur les deux fronts…

[KANDOLO M.]


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