RDC : L’Opposition pro Concertations nationales ne parle plus le même langage

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image Lisanga BONGANGA - Lors d'une conference de presse après Concertations nationales

Le projet de Gouvernement de cohésion nationale n’a jamais été enterré. Il fallait seulement, comme le chef de l’Etat l’avait indiqué, faire les choses avec méthode et sans précipitation. Après le rendez-vous manqué de la session ordinaire de mars, c’est en septembre, avec la rentrée parlementaire, que devra être finalement connue la nouvelle équipe gouvernementale. Voilà qui a filtré de la dernière rencontre des sociétaires de la Majorité présidentielle à la ferme de Kingakati. Si aucun problème ne se pose du côté de la Majorité, c’est dans les rangs de l’Opposition politique que les Romains vont s’empoigner. Surtout d’une seule voie obligée pour être retenu sur la liste, on en est déjà aujourd’hui à plusieurs groupes politiquement indépendants et aptes à prendre leurs propres engagements.

L’Opposition pro Concertations nationales ne parle plus le même langage. Unis au départ et ayant mordu à l’hameçon d’un nouveau Gouvernement annoncé par Léon Kengo wa Dondo, les opposants n’ont pas tardé à émettre sur plusieurs longueurs d’onde. Autrement, plus le Gouvernement de cohésion nationale se faisait attendre, plus les violons ne s’accordaient plus. Si, il y a quelques temps, tout semblait se faire autour du président du Sénat, des désaccords ont vite été étalés au grand jour au point qu’il faut compter à ce jour au moins quatre groupes politiques autonomes dans le camp de l’Opposition ayant pris part aux travaux des Concertations nationales. Chaque groupe semble avoir son interface et entend jouer sa carte. Désormais, plus de monopole, plus de tabou ou de chasse gardée.

APRES L’OPPOSITION REPUBLICAINE, « DEBOUT CONGOLAIS », « FRONT POPULAIRE » …

Que s’est-il donc passé pour que l’Opposition politique éclate rapidement en plusieurs groupes ? Le tout serait parti de la précipitation avec laquelle Léon Kengo aurait mis en place sa plateforme dénommée « Opposition républicaine » pour ensuite se taper le statut d’Autorité morale de l’Opposition. Cela avait poussé les FONUS Joseph Olenghankoy à monter au créneau pour remettre en cause la qualité même d’opposant reconnu à Léon Kengo wa Dondo. Ensuite, il semble que sur la liste des candidats ministres qu’il apprêtait, Kengo n’avait aligné que ses proches, en ignorant ceux qui avaient débuté le combat avec lui. Très vite, une bonne frange de partenaires de l’Opposition républicaine quitta la barque, Lisanga Bonganga en tête. Ils ne se reconnaissaient plus du tout à travers la personne de Kengo.

Du coup, l’Opposition pro Concertations est passée d’un seul groupe à plusieurs aujourd’hui. Il y a la plateforme « Debout congolais » chère à Joseph Olenghankoy où la seule évocation du nom de Léon Kengo constitue un crime de lèse-majesté, il y a également la plateforme « Front populaire » coordonnée par Lisanga Bonganga et constitué surtout de ceux qui avaient élevé Léon Kengo, au rang d’Autorité morale et le lui ont denié par la suite. Sans oublier le groupe d’Opposants qui sze reconnaissent en Arthur Z’Ahidi Ngoma. Peut-être qu’il y a encore des opposants qui, sans appartenir aux groupes précités, se préparent à ne pas rater le train du Gouvernement de cohésion nationale. C’est dire que les opposants pro Concertations sont plus dispersés que jamais.

KABILA CONTRAINT DE NEGOCIER AVEC TOUS LES GROUPES D’OPPOSANTS

Très logiquement, l’Autorité morale de OR ayant été désavouée par une bonne partie d’opposants pro Concertations, le chef de l’Etat ne devrait plus continuer à le considérer comme l’unique l’interface. Le Raïs devra alors tenir compte de tous les groupes nés des dissensions au sein de l’Opposition de manière à contenter tout le monde. Car, la donne a désormais changé et il faut maintenant traiter avec plusieurs groupes. C’est que, quelque part, le Raïs, à force de renvoyer la mise en place du Gouvernement de cohésion nationale, a fini par récolter les éternelles dissensions au sein de l’Opposition politique au point de se voir obligé de donner des garanties à tous. Cette attitude particulière des opposants date de l’époque de Mobutu et c’est généralement à l’approche des enjeux que ces manœuvres se déroulent.

Surtout lorsqu’on parle de l’imminence d’un Gouvernement ouvert à l’Opposition, des plateformes poussent comme des champignons et se multiplient parfois à une vitesse vertigineuse. Même si elles ne resteront pas éternellement, juste le temps de tenter d’arracher quelques postes, les plateformes permettent souvent aux politiciens congolais de se taper une place de choix dans le partage du pouvoir. En tentant de tout verrouiller, Léon Kengo a fini par récolter le revers de la médaille. Pourtant, s’il avait rassuré les uns et les autres, quitte à demander par la suite à certains groupes de lui fournir quelques noms, il se tirerait d’affaire sans trop de contestations. Maintenant qu’il a presque été confiné dans les limites de son parti (l’UFC), il n’est plus légitime pour tout chapeauter ou régenter l’Opposition dite pro Concertations.

A LA SOCIETE CIVILE, ON S’AGITE DE MOINS EN MOINS

Du côté de la Société civile, on assiste plus à une agitation qui avait élu domicile il y a plusieurs mois et qui avait été battue en brèche par une rencontre du cadre de concertation. Depuis ces assises, certains activistes de la société civile, qui avaient été embarqués par l’agitation qui sévit souvent dans le camp des politiciens congolais, se sont rangés derrière la volonté de la majorité d’éviter de ressembler aux politiciens guidés par la recherche des postes. Si la même ligne de conduite se maintient, la Société civile réglerait ses querelles à l’interne en lavant les linges sales en famille. Et cela, même s’il y a des postes à partager. Car, si la Société civile qui surprend déjà plus d’un observateur en cherchant des postes au Gouvernement au lieu de rester un groupe de pression comme ailleurs, elle ne devrait offrir un obstacle des bas étages à la population. 

[M. M.]


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