RDC : Samy BADIBANGA, des rencontres avec les dirigeants américains de haut niveau

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image Samy BADIBANGA NTITA.

A la tête du plus grand groupe parlementaire d’opposants à l’Assemblée nationale, UDPS et Alliés, et de la délégation de l’Opposition politique à Washington, car le fait de diriger le plus grand groupe parlementaire de l’opposition fait de lui, selon les standards des pays de vieille démocratie, le leader de l’opposition parlementaire, Samy Badibanga a saisi la balle au bond pour décliner la vision des opposants rd-congolais sur l’avenir du Congo aux partenaires américains. Après cette grand-messe, M. Badibanga a multiplié des actions diplomatiques sur place à Washington. 

Il a d’ailleurs été, lors de sa récente tournée au pays de l’Oncle Sam, le seul opposant congolais qui a multiplié les rencontres avec les dirigeants américains de haut niveau après que ses collègues aient regagné Kinshasa. 

C’est de la sorte qu’il s’est entretenu avec David Gilmour, le sous-secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires africaines avec lequel il a eu un long entretien au département d’Etat. Il a également été reçu, à la commission des Affaires étrangères, par le sous-comité Afrique du Congrès américain. Et pour boucler la boucle, il est passé au cabinet de Ban Ki-Moon, le SG de l’ONU. 

Au cours de toutes ces rencontres, Samy Badibanga a sensibilisé le gouvernement des Etats-Unis ainsi que les Nations-Unies à des risques éventuels à la suite de la révision constitutionnelle en RDC. 

Il craint notamment que le pouvoir ne traîne les pieds afin de prolonger de fait le mandat du Président Kabila. Selon son analyse, dans quelques semaines, on va atteindre la date butoir, après laquelle il ne sera plus possible d’organiser les élections locales, puis provinciales et enfin présidentielle et législatives avant la fin 2016. Ce qui le pousse à proposer de sacrifier les scrutins intermédiaires pour que la présidentielle ait lieu dans le temps. 

Avec tous ses interlocuteurs, Badibanga a également exigé des pressions pour que la CENI puisse réaliser un nouveau recensement des électeurs, sans quoi les jeunes (31% de l’électorat selon lui) seront privés de leur droit de vote en 2016.

Lors des contacts avec des officiels américains, Samy Badibanga a exigé des sanctions contre la RDC pour éviter que Joseph Kabila ne se représente en 2016, année de la fin de son mandat. 

C’est pour cette raison que lors d’une interview à Radio France internationale, Linda Thomas Greenfield, sous-secrétaire d’Etat américaine aux Affaires africaines, avait déclaré : « Il ne s’agit pas de savoir si nous l’accepterons ou pas. Nous allons transmettre nos messages, encourager les dirigeants à respecter leur Constitution. Nous n’avons pas le pouvoir d’imposer notre vision, mais notre voix est forte, elle porte et elle est respectée. Et nous ferons connaître notre point de vue. S’il n’est pas accepté, nous allons continuer à soutenir les opportunités qui permettront de trouver les moyens pour que les populations de ces pays puissent s’exprimer et pour que leurs droits de l’homme soient respectés. » 

« Si les dirigeants africains nous quittent avec l’impression que c’était un bon sommet, et que nous pensons la même chose de notre côté, le sommet a permis un échange productif, et nous nous quittons avec un plan d’action pour aller de l’avant », clame le porte-étendard de l’Opposition parlementaire.

Connu pour son carnet d’adresses particulièrement fourni, Samy Badibanga avait réussi à organiser l’entrée en campagne d’Etienne Tshisekedi sur le plan diplomatique, en amenant le président de l’UDPS, notamment au Quai d’Orsay et à l’Elysée en France ainsi que chez le patron des Nations-Unies. 

C’est également lui qui avait négocié le tête-à-tête entre François Hollande et Etienne Tshisekedi à Kinshasa lors du sommet de la Francophonie. C’est toujours lui qui avait négocié avec Abbas, le conseiller spécial de Sassou-Nguesso, une rencontre entre le chef de l’Etat congolais et le leader de l’UDPS, rencontre par la suite boudée par le sphinx de Limeté. Au regard de l’effervescence politique de l’heure, nul doute que le président du groupe UDPS et Alliés a relancé sa machine, pour le bien de l’opposition.

L’OPPOSITION EXERCE UNE PRESSION INTERNE, MAIS IL FAUT AUSSI LA PRESSION DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

« Les Européens n’en font pas assez. L’opposition exerce une pression interne, mais nous avons aussi besoin d’une pression de la communauté internationale pour que Joseph Kabila ne se représente pas. » Londres, Bruxelles, Paris et enfin Washington, l’opposant Samy Badibanga aura consacré le mois de juillet à faire la tournée des capitales occidentales pour les inciter à tout faire pour éviter une révision de la Constitution congolaise qui obligerait, dans sa version actuelle, le chef de l’État à quitter le pouvoir en 2016.

Raison pour laquelle, en sa qualité de président du groupe parlementaire UDPS et alliés, Samy Badibanga entend jouer un rôle de premier plan d’ici à la présidentielle. Sa priorité, c’est le respect du calendrier électoral. Mais, « Samy » craint que le pouvoir ne traîne les pieds afin de prolonger de fait le mandat de Kabila.

« Dans quelques semaines, nous atteindrons la date butoir, après laquelle il ne sera plus possible d’organiser les élections locales, puis provinciales et enfin présidentielle et législatives avant la fin 2016. Il va falloir faire des choix et il vaudra mieux sacrifier les scrutins intermédiaires pour que la présidentielle ait lieu dans le temps », indique-t-il. 

Autre impératif : réaliser un nouveau recensement des électeurs, sans quoi les jeunes (31% de l’électorat selon lui) seront privés de leur droit de vote en 2016. Voilà pourquoi, le député Samy Badibanga affiche la plus grande fermeté face au pouvoir, et répond ainsi à ceux qui s’interrogeaient sur son positionnement. 

Après les élections de 2011, il avait en effet décidé de siéger au Parlement malgré les consignes de boycott d’Étienne Tshisekedi, le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). A la différence d’autres cadres de l’UDPS, le député congolais ne voit pas d’inconvénient à ce que « Félix Tshisekedi brigue la succession de son père à la tête du parti, le moment venu ».

« ON NE CHANGE PAS LES REGLES DU JEU PENDANT LE MATCH »

Au sujet de la révision constitutionnelle proposée par le Gouvernement et soutenue par la plupart des partis de la Majorité présidentielle, la position de Samy Badibanga est claire : « On ne change pas une Constitution avant une élection, on ne change pas les règles du jeu pendant le match. L’année prochaine, normalement on doit avoir des élections intermédiaires. On espère que ça sera les élections provinciales en premier, et locales en second lieu. Sinon les deux en même temps.Ce n’est pas le moment de changer la Constitution ». 

Samy Badibanga fait partie des premiers parlementaires de l’opposition congolaise à avoir mis en garde le chef de l’Etat Joseph Kabila contre toute tentative de rester au pouvoir au-delà de 2016 ». « Joseph Kabila pourrait-il tout faire pour se représenter en 2016 ? » Samy Badibanga se dit convaincu qu’« il essaiera ». Mais, ajoute-t-il, « nous comptons avec la pression intérieure que nous faisons au niveau de l’opposition et les pressions extérieures aussi au niveau de la communauté internationale ». Il estime, toutefois,que « la pression de la communauté internationale sur le pouvoir n’est pas assez forte, trouvant qu’« ils n’en font pas suffisamment ».

« J’ai eu l’occasion de rencontrer les différentes autorités en Belgique, à Paris et même à Londres. J’ai eu la possibilité de le leur dire en face qu’ils devaient continuer avec des pressions. Et je pense même qu’on doit passer du stade des souhaits à celui des conditions, et voire même à une phase des sanctions », souhaite le président du groupe parlementaire UDPS et Alliés.

TSHISEKEDI CANDIDAT EN 2016 ?

Interrogé sur l’éventualité d’une candidature du leader de l’UDPS Etienne Tshisekedi à la présidentielle de 2016, Samy Badibanga répond que « c’est une question qu’il faudra lui poser ». « Ça dépendra de lui. Certainement, il prendra une décision le moment venu. Mais, jusque-là, nous n’avons qu’un seul leader au niveau de l’UDPS qui est accepté par tous les membres de l’UDPS. Et c’est bien Etienne Tshisekedi », affirme-t-il. Quant à la succession d’Etienne Tshisekedi qui pourrait revenir à son fils Félix, Samy Badibanga pense qu’être « fils de » ne le disqualifierait pas.

« Comme dans toutes les candidatures, il y a du bon et il y a l’autre face de la médaille. Il tire un avantage avec le nom qu’il a parmi les membres de l’UDPS. Mais, effectivement, il y a aussi ce problème que certains posent du fait d’être le fils. Mais je pense, à mon avis, que ce n’est pas une raison valable », explique-t-il.

En fait, s’interroge-t-il, « pourquoi est-ce que le fait d’être le fils du leader ne vous donnerait-il pas le droit d’arriver à conduire le parti ? ». « C’est une question de compétence et de légitimité. Ce n’est pas une question d’hérédité, je pense », conclut-il. M. M.

DECLARATION DE WASHINGTON PAR LES DELEGUES DE L’OPPOSITION DE LA RDC

A la suite d’une invitation de la Nation Endowment for Democracy (NED), l’opposition politique de la République Démocratique du Congo a participé à une table ronde, ce lundi 4 Août 2014 à Washington DC.

La majorité présidentielle et la société civile étaient également représentées.

Les échanges ont tourné principalement autour du processus électoral et de la problématique de la révision constitutionnelle.

L’opposition politique congolaise tient à remercier en premier lieu, le gouvernement américain et le président Barack Obama pour toutes ces initiatives relatives à la situation politique, économique et sociale des africains.

En second lieu, l’opposition remercie les organisations et les associations impliquées dans la tenue de cette table ronde politique de Washington et s’agit normalement de :

-La National Endowment for Democracy, la NDI, la IRI et la House of Freedom.

En outre, nous remercions aussi tous les envoyés spéciaux de l’ONU, de l’UE, de l’UA, de l’UA, des USA, du RSSG et des Nations Unies en RDC pour avoir enclenché le processus d’échanges entre les forces vives, politiques et sociales congolaises, en vue de parvenir à des solutions consensuelles aux problèmes congolais.

Au terme de cette table ronde politique de Washington, l’opposition politique tient à informer l’opinion tant nationale qu’internationale sur les points suivants :

1°) L’opposition a constaté que la majorité présidentielle est elle même divisée en son sein, sur la problématique de la révision constitutionnelle en trois tendances.

a) Ceux qui sont pour le respect strict de l’esprit de la lettre de la constitution mais qui n’osent pas exprimer leur point de vue publiquement peut être par crainte des représailles

b) Ceux qui plaident ouvertement pour la révision de certains articles de la constitution et même le 220, pourtant non révisable.

c) La dernière tendance regroupe dans une croisade pour l’adoption simplement d’une nouvelle constitution.

2°) A ce sujet, l’opposition tient à informer l’opinion nationale et internationale qu’elle rejette avec fermeté toute modification ou révision de la constitution, encore moins un changement de constitution.

3°) La délégation de l’opposition a rappelé aux participants que si la Majorité présidentielle persiste dans son projet de révision unilatérale et partisane de la constitution, tout congolais a le droit de recourir aux dispositions de l’article 64 de notre constitution pour faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution.

4°) A propos du processus électoral, l’opposition exige que la CENI soit réellement indépendante vis-à-vis des forces politiques et surtout du gouvernement.

En outre, l’opposition demande à la CENI un calendrier global et concerté ainsi qu’un budget prévisionnel tel que prévu par la loi.

5°) Dans la dynamique de la dérive autoritaire du régime que l’opposition et les observateurs avertis ont toujours dénoncée, la délégation de l’opposition politique a appris avec consternation l’arrestation arbitraire de l’honorable Bernard Ewanga, député national de son état et S.G. de l’UNC pour motifs obscurs après la tenue réussie du meeting populaire de l’opposition à Ndjili à Kinshasa. A ce sujet, l’opposition exige sa libération immédiate et sans conditions.1 ! ‘‘

6°) L’opposition politique demande à la communauté internationale de poursuivre ses efforts louables en vue d’aboutir à des solutions consensuelles entre les différents partis devant conduire aux élections crédibles et apaisées.

Fait à Washington, le 5 Août 2014.

Pour l’opposition politique à Washington

- Honorable Vital KAMERHE (Président UNC)

- Honorable Thomas LUHAKA (SG du MLC)

- Honorable Samy BADIBANGA (Président du groupe parlementaire de l’UDPS)

- Honorable Clément KANKU (Président du MSR)

- Honorable Médard MULANGALA (Président de l’UMR)


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