Engagements de Nairobi : Le M23 accuse le régime « KABILA » de mauvaise foi

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image sultani MAKENGA

Sept mois après la signature à Nairobi (Kenya) des déclarations qui ont mis fin aux pourparlers engagés une année plutôt entre Kinshasa et le M23, le spectre d’un enlisement refait surface. Une fois de plus, c’est l’ex-mouvement rebelle qui le bandit en accusant Kinshasa de mauvaise foi dans la mise en œuvre des engagements conclus à Nairobi entre les deux parties. Une attitude qui frise le chantage.

Chassez le naturel, il revient au galop, dit-on. Le M23 vient à nouveau de se signaler sur le front qu’il adule le plus, c’est-à-dire le chantage. Il accuse le gouvernement d’avoir fait preuve de mauvaise foi dans l’exécution des engagements convenus à Nairobi au terme des pourparlers menés sous l’égide de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs),

Dans une déclaration rendue publique par sa direction politique et reprise lundi par RFI, le M23 estime qu’à peine 1% des engagements pris par le gouvernement ont été exécutés. Cette accusation tombe au moment où la communauté internationale appelle tous les Etats signataires à l’accord-cadre d’Addis-Abeba au respect de tout ce qui a dicté dans la capitale éthiopienne.

La sortie publique du M23 n’est pas gratuite. Elle procède d’un schéma mûrement réfléchi. Le moment choisi pour monter au créneau tend à attirer la sympathie de la communauté internationale laquelle a brandi des menaces à l’endroit des dirigeants des pays et autres groupes armés qui s’aviseraient à poursuivre des activités de déstabilisation de la RDC et des Grands Lacs.

Déclarations de Nairobi : un mystère

Décidément, le M23 passe pour un caillou dans la chaussure de Kinshasa.  Sa remontée à la surface indique qu’il reste une bombe à retardement susceptible d’exploser à tout moment. A Nairobi, l’ex-mouvement rebelle est parvenu, après plusieurs pressions exercées sur Kinshasa, à obtenir une caution internationale par la signature de ce qui a été présenté comme les « Déclarations de Nairobi ».

Qu’est-ce que le gouvernement et le M23 ont convenu dans la capitale éthiopienne ? L’opinion n’en sait rien. Ces arrangements dits « Déclarations de Nairobi » ont été consignées sous le sceau du secret par les deux parties. Le suspense  entretenu jusqu’à ce jour risque de se révéler un marché de dupes, au grand dam de Kinshasa. Quels sont ces engagements que le gouvernement n’a pu respecter ? Dans l’opinion publique congolaise, cela passe pour la clé de l’énigme.

Ne dit-on pas que ne peut faire chanter quelqu’un que celui qui le connait le mieux. Tout se passe comme si le M23 connait exactement les faiblesses de Kinshasa au point de le manipuler. D’aucuns ont l’impression que le M23 tiendrait Kinshasa par les couilles. Sinon, comment comprendre qu’après la vague d’amnisties dont ont été bénéficiaires une centaine de ses membres, le M23 se permette de déclarer, pince sans rire, que Kinshasa ne serait pas disposé à appliquer les engagements de Nairobi ?  Cela s’appelle faire monter les enchères. 

M23 : une bombe à retardement

Dans cette nouvelle algarade, la grande inconnue demeure le contenu exact des engagements pris par Kinshasa à Nairobi.  La crainte pour l’instant est que les déclarations de Nairobi n’empruntent la même voie que l’accord signé en 2009 à Goma, sur base duquel le M23 a fondé son action. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. 

Si Kinshasa ne veut pas tomber dans le piège du M23, la première chose à faire serait de lever le secret qui couvre les fameux arrangements de la capitale éthiopienne. C’est de cette manière qu’il pourra couper l’herbe sur le pied du M23 qui ne cherche qu’une occasion pour justifier sa résurgence. Le dernier rapport du groupe d'experts de l'ONU a fait mention de la réorganisation de ce groupe armé dont 600 éléments sont postés au Rwanda contre environ 2000 en Ouganda. Au moins 48 autres se seraient déjà échappés. Une véritable bombe à retardement.


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