Mort de MANDELA : 3 jours de deuil national en RDC, les Congolais boudent

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image Mobutu, Mandela, et Kabila

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a décrété vendredi 06 décembre 2013 un deuil national de 72 heures à l’occasion de la mort de l’ancien président sud-africain et Prix Nobel de la paix, jeudi à son domicile de Johannesburg (Afrique du Sud) : « Sur instruction du Président de la République qui a adressé depuis Paris les condoléances du Peuple congolais à son Homologue et au peuple sud-africain, le Gouvernement décrète un deuil national de 72 heures prenant effet à dater de ce jour en mémoire de ce Géant qui vient de nous quitter », a annoncé son porte-parole Lambert Mende Omalanga, ministre des Médias. Il a décidé que, « pendant ces 72 heures, les drapeaux seront mis en berne sur toute l’étendue du territoire national ; des programmes adaptés à la circonstance seront diffusés sur les antennes des médias publics ». 

Les Congolais boudent cette décision prise par le Gouvernement et pose la question suivante au président Joseph Kabila, au premier ministre Matata et aux membres du Gouvernement de la RDC : Qu'est-ce que Nelson Mandela a fait pour la République du Zaïre ? Et pourtant Nelson Mandela a joué un rôle néfaste dans l’affaiblissement de la Republique Democratique du Congo (RDC), Ex-Zaïre, ainsi que des autres pays significatifs d’Afrique. En ayant reçu pour cela de l’argent de l’Occident pour effectuer la sale besogne, qui a causé la mort de plus de six millions de Congolais. Et sa responsabilité est en partie engagée dans cette tragédie que le monde entier occulte, au profit de l’épiphénomène syrien par exemple. En termes du nombre de morts. 

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila Kabange en séjour officiel à Paris (France), a salué vendredi 06 décembre 2013 la mémoire du « grand homme d’Etat » Nelson Mandela, mort jeudi à son domicile de Johannesburg, en Afrique du Sud. « La Nation congolaise et moi-même saluons la mémoire de ce grand homme d’Etat, digne fils d’Afrique, qui a su garantir à son pays une vraie réconciliation des cœurs et servir à toute l’humanité de modèle de persévérance dans la lutte pour l’égalité et le pardon », a-t-il déclaré dans un communiqué officiel.

L’annonce du décès de Nelson Mandela, jeudi 5 décembre, a provoqué une déferlante de réactions parmi les chefs d'État du monde entier. Nelson Mandela est mort jeudi 5 décembre, à l’âge de 95 ans, à son domicile de Johannesburg. Même si le monde entier se préparait déjà depuis plusieurs mois à sa disparition, l’annonce du décès de l’icône de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, a donné lieu à de nombreuses réactions. Aucun chef d'État, résistant politique, Prix Nobel ou prisonnier de conscience n'avait encore provoqué, à sa mort, un tel déferlement de marques d'émotion et de respect provenant des quatre coins de la planète. Passage en revue des hommages officiels.

Amériques

-    « Nous avons perdu l'un des hommes les plus influents, les plus courageux, et l'un des êtres humains les plus profondément bons (...) sur cette Terre », a déclaré un autre premier président noir, Barack Obama, qui a fait mettre les drapeaux en berne aux États-Unis. « Grâce à sa farouche dignité et à sa volonté inébranlable de sacrifier sa propre liberté pour la liberté des autres, il a transformé l'Afrique du Sud et nous a tous émus », a-t-il souligné depuis la Maison-Blanche.

-    Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a salué une « source d'inspiration » pour le monde, a également insisté sur la dignité et l'« humilité » de Nelson Mandela. « Nous devons nous inspirer de sa sagesse, de sa détermination et de son engagement pour nous efforcer de rendre le monde meilleur », a-t-il déclaré. Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont exprimé « leur profonde admiration pour les qualités morales et politiques exceptionnelles" de Nelson Mandela, qui "restera à tout jamais dans les mémoires comme une personne qui a sacrifié une grande partie de sa vie (...) pour que des millions d'autres puissent avoir un avenir meilleur ».

-    Au Brésil, la présidente Dilma Rousseff a rappelé que « l'exemple de ce grand dirigeant guidera tous ceux qui luttent pour la justice sociale et la paix dans le monde », tandis que le président vénézuélien Nicolás Maduro a décrété trois jours de deuil national. La légende du football brésilien Pelé a lui pleuré sur Twitter la mort de celui qui « était mon héros, mon ami, mon compagnon dans la lutte en faveur de la cause du peuple et pour la paix dans le monde ». Pour avoir épargné à son peuple une guerre civile raciale qui, au début des années 1990, paraissait difficilement évitable, Nelson Mandela avait obtenu en 1993 le prix Nobel de la paix, partagé avec le dernier président de l'apartheid, Frederik De Klerk.

Europe

-    Autre hommage, celui de la reine Elizabeth II, qui s'est dite « profondément attristée » par la mort de Nelson Mandela. Le Premier ministre britannique David Cameron, qui, en 2006, avait demandé pardon pour les « erreurs » de son parti à l'époque de l'apartheid, a pour sa part déclaré qu'une « grande lumière (s'était) éteinte », a-t-il déclaré, saluant « une légende dans la vie, et maintenant dans la mort », une « incarnation de la grâce ». « C'était un homme qu'il était merveilleux de côtoyer, avec un esprit vif, une jugeote politique extraordinaire et une manière adorable de charmer tout le monde », s'est remémoré l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, soulignant qu'« avec sa dignité, sa grâce et la qualité de son pardon, il a rendu partout le racisme non seulement immoral mais stupide ».

-    Au-delà de son humanité exceptionnelle, Nelson Mandela restera aussi dans les mémoires comme un résistant, opposant historique et inlassable de l'apartheid. Le président français François Hollande a ainsi vu en lui « un résistant exceptionnel », « un combattant magnifique » : il a été « l'incarnation de la Nation sud-africaine, le ciment de son unité et la fierté de toute l'Afrique ».

-    Les drapeaux ont été mis en berne vendredi sur l'Élysée en son hommage, alors même que le palais présidentiel français s'apprête à accueillir une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement africains pour un sommet pour la paix et la sécurité en Afrique. Un portrait géant de l'ex-président sud-africain a également été accroché sur la façade du ministère des Affaires étrangères, en hommage à un « serviteur très exceptionnel de la paix et de la fraternité », a expliqué le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

-    La chancelière allemande Angela Merkel a, elle, estimé que le nom de Mandela resterait « pour toujours lié au combat contre l'oppression ». Le président du Conseil italien Enrico Letta voit dans le dirigeant africain « un exemple d'engagement généreux en faveur des droits ». L'Italie « n'oubliera pas la leçon que Nelson Mandela nous a donnée », estime-t-il.

-    Dans un télégramme au président sud-africain Jacob Zuma, le pape François « salue l'engagement constant montré par Nelson Mandela pour promouvoir la dignité humaine de tous les citoyens de la nation et forger une nouvelle Afrique du Sud basée sur les fermes fondations de la non-violence, de la réconciliation et de la vérité ».

-    Un autre lauréat du prix Nobel de la paix, Lech Walesa, chef historique du syndicat polonais Solidarité, a rendu hommage à « un grand symbole de la lutte contre l'apartheid et le racisme, en faveur de l'égalité ». La Birmane Aung San Suu Kyi, elle aussi Prix Nobel de la paix, a rendu hommage à « un être humain remarquable » qui « nous a fait comprendre que nous pouvons changer le monde ».

Afrique

-    Mais au milieu de ce concert d'hommages unanimes, c'est sur la terre de Madiba, en Afrique du Sud, que l'émotion était la plus forte. « Notre nation a perdu son plus grand fils. Notre peuple a perdu un père », a déclaré le président Jacob Zuma, en annonçant au monde entier la mort de Nelson Mandela. « Au cours de 24 années (depuis sa libération, NDLR), Madiba nous a appris comment vivre ensemble et croire en nous-mêmes et en chacun », a salué un autre héros de la lutte anti-apartheid et Prix Nobel de la paix, l'archevêque anglican Desmond Tutu.

Frederik De Klerk, qui l'avait fait sortir de prison en 1990, a estimé que « le courage, le charme et l'engagement de Nelson Mandela envers la réconciliation et la Constitution, ont été une source d'inspiration non seulement pour les Sud-Africains, mais pour le monde entier. » « Je crois que son exemple lui survivra », a-t-il ajouté. « Tata (Père, NDLR), vous allez nous manquer. Mais sachez que votre esprit et votre exemple seront toujours là pour nous guider vers la vision d'une Afrique du Sud meilleure et plus juste ».

-    L'Union africaine (UA), par la voix de la présidente de sa Commission, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, a salué vendredi la mémoire de Nelson Mandela, « héros panafricain », décédé jeudi soir et qui « manquera éternellement ». Le président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a salué l'un des « plus grands libérateurs » de l'histoire et « une icône de la vraie démocratie ». Le président congolais Denis Sassou Nguesso a rendu hommage vendredi à Nelson Mandela, un « géant » dont le décès a provoqué un « coup de tonnerre » au moment où la plupart des dirigeants africains sont réunis pour un sommet à Paris.

Asie

-    En Asie, le président chinois Xi Jinping a salué les « extraordinaires contributions qu'il a apportées au développement de l'humanité », tandis que le Premier ministre indien Manmohan Singh l'a qualifié de « vrai Gandhien », en référence au mahatma Gandhi. Nelson Mandela était un des hommes politiques « éminents de notre époque » a pour sa part déclaré le président russe, Vladimir Poutine.

-    Vendredi matin, le chef spirituel tibétain en exil, le dalaï-lama, a déclaré pour sa part avoir perdu avec Nelson Mandela « un ami cher » et a salué « un homme de courage, de principes et à l'intégrité incontestable », dans un courrier adressé à sa famille. « Le meilleur hommage que nous pouvons lui rendre est de faire tout ce que nous pouvons pour contribuer au respect de l'unité de l'humanité et travailler à la paix et à la réconciliation comme il l'a fait », a-t-il notamment déclaré dans cette lettre publiée sur son site internet.

-    Le président palestinien Mahmoud Abbas a lui salué « un symbole de la libération du colonialisme et de l'occupation pour tous les peuples aspirant à la liberté ». Parmi les personnalités, politiques ou autres, qui ont exprimé leur chagrin et leur respect, certaines avaient eu l'occasion de rencontrer personnellement le leader sud-africain. Le président israélien Shimon Peres a estimé vendredi que le monde avait perdu avec Nelson Mandela « un grand dirigeant » qui avait réussi à « changer le cours de l'histoire et à bâtir des ponts de paix et de dialogue ».

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