RDC : Le gouvernement de cohésion nationale sera dirigé par l’actuel Premier ministre ?

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image Augustin MATATA PONYO MAPON

Les analystes de la politique congolaise pensent que le gouvernement de cohésion nationale qui sera bientôt aux affaires pourra être dirigé de nouveau par l’actuel Premier ministre Augustin Matata Ponyo Mapon qui, jusqu’ici, a fait ses preuves en matière de gestion et de gouvernance. Et que dire des paramètres économiques qui sont au vert avec une situation macro-économique favorable grâce à laquelle les Institutions de Breton Woods, les partenaires bi et multilatéraux refont confiance en la République démocratique du Congo.

Le discours du président de la République démocratique du Congo devant le Congrès mercredi dernier continue à susciter des réactions dans les milieux politiques. De prime abord, le chef de l’Etat a tenu parole. On se rappellera que lors de son discours de clôture des Concertations nationales et après qu’on lui ait remis le rapport général des Concertations nationales, il avait dit aux délégués qu’il a félicités en passant : « Je vous ai entendu ». Cela voulait dire en clair qu’il allait décider en fonction de ce qu’ils ont recommandé. Et c’est chose faite.

S’agissant de la mise en place d’un gouvernement de cohésion nationale, la Majorité présidentielle, s’est réjouie de cette décision, décision qu’elle salue chaleureusement. Son porte-parole a indiqué que « le président de la République, fidèle à sa vision et aux idéaux de paix, de justice vient d’annoncer des mesures et pistes de solution susceptibles de renforcer la cohésion nationale et le développement de notre pays ».

L’opinion a trouvé sage la décision du chef de l’Etat de mettre sur pied un Comité national de suivi des recommandations (au nombre de 679). Un comité qui sera restreint mais assez représentatif sur le plan politique pour faire le suivi de ces recommandations qui, pratiquement, couvrent tous les aspects de la vie nationale. Il est aussi pragmatique et naturel que ledit comité soit chapeauté par les deux co-présidents qui ont constitué le présidium. Le non-suivi des décisions ou des recommandations constitue souvent le péché mignon en RDC.

D’autant que le pays a connu jusque-là de beaux discours, mais qui n’ont pas été suivis d’une exécution optimale. Le président a utilement précisé que certaines recommandations peuvent être appliquées à court terme, tandis que d’autres le seront à moyen ou à long terme. Il est quasi impossible, comme peut le croire une frange de la population, que toutes les recommandations soient applicables illico presto.

Les missions dévolues au gouvernement de cohésion nationale

Ainsi que nous l’avons écrit hier, la grande décision du président de la République qui a meublé toutes les conversations durant plusieurs jours est l’annonce du nouveau gouvernement. Lequel sera composé de représentants de la Majorité, de l’Opposition et de la Société civile.

Certains juristes ont dit, en aparté, que cette démarche (du gouvernement de cohésion nationale) n’est pas constitutionnelle dans la mesure où le principe démocratique consacré par la Constitution est d’avoir une Majorité au pouvoir et une minorité (Opposition) qui observe jusqu’à la fin de la mandature. Maintenant que l’opposition entre dans le gouvernement, poursuivent-ils, la démocratie devient consensuelle. Dès lors, concluent-ils, le jeu démocratique classique est faussé.

Mais, le chef de l’Etat ne veut pas être prisonnier d’un juridisme classique qui vient tout droit de l’Occident. Joseph Kabila est plutôt mû par des contraintes strictement politiques en dehors de tout juridisme. Il veut sauver son pays qui est en danger. Ce danger, c’est quoi ? C’est le risque de balkanisation de notre pays à travers la guerre injuste nous imposée par d’autres pays dont certains nous sont limitrophes.

Et pour vaincre ce danger, il y a lieu de solliciter le concours de toutes les filles et tous les fils de ce pays quelles que soient leurs convictions politiques qui doivent imaginer des stratégies afin de conjurer ce danger qui est réel depuis des lustres. Voilà la réponse qu’on peut donner à ces juristes qui sont des formalistes patentés.

Joseph Kabila Kabange a donné des missions précises à ce gouvernement de cohésion nationale. La première est celle de rétablir la paix dans le pays. Ensuite faudra-t-il réinstaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. Concrètement, il va falloir que l’administration des territoires que dirigent les rebelles soit de nouveau sous l’autorité de l’Etat congolais à travers des administrateurs de territoire et autres chefs de secteurs. Une autre mission est celle de poursuivre la reconstruction du pays ainsi que celle de mettre en chantier le processus de la décentralisation. Et organiser les élections locales, provinciales, municipales et sénatoriales et enfin améliorer les conditions sociales des populations.

Vers un gouvernement Matata II

Avec l’annonce du nouveau gouvernement de coalition, il va sans dire que celui qui est en place est réputé démissionnaire. Il n’assure plus que les affaires courantes jusqu’à l’installation du prochain.

Dans nos précédentes éditions, nous avons dit que le gouvernement est une affaire qui relève du pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat. Cela veut dire concrètement qu’il prend celui ou ceux qu’il veut sans qu’on puisse lui demander les motivations. Tout est lié à sa discrétion.

Les analystes de la politique congolaise pensent que le gouvernement de cohésion nationale qui sera bientôt aux affaires pourra être dirigé de nouveau par l’actuel Premier ministre Augustin Matata Ponyo Mapon qui, jusqu’ici, a fait ses preuves en matière de gestion et de gouvernance économique. Les acquis de son gouvernement militent bien en faveur de son maintien à la Primature.

A la foulée, on citera notamment la bancarisation de la paie des fonctionnaires de l’Etat. Depuis un certain temps, ces derniers touchent leur salaire intégral alors qu’auparavant, ce salaire qui est « maigre » subissait des coupes sombres, un jeu des comptables d’Etat véreux qui étaient de connivence avec leur hiérarchie.

Grâce à cette opération, l’Etat a pu récupérer des excédents financiers faramineux qui allaient tout droit dans la poche des individus. Elle (opération) a bénéficié et aux fonctionnaires et au Trésor public. Et entretemps, appliquant à la lettre les instructions du chef de l’Etat, les infrastructures routières et immobilières sont une réalité vivante avec la réfection de plusieurs axes routiers tant dans la capitale que dans l’arrière-pays à la grande satisfaction de la population. Même le quartier Matonge dans la commune de Kalamu, où les infrastructures routières étaient dans l’état de délabrement très avancé, a revêtu sa belle robe d’antan.

Et que dire encore du lancement depuis le 30 juin 2013 des bus desservant le transport en commun à Kinshasa. Cela fait plusieurs années que l’Etat n’a plus assuré le transport en commun qui est entièrement entre les mains des privés dont une bonne proportion sont des gens sans foi ni loi.

Et que dire des paramètres économiques qui sont au vert avec une situation macro-économique favorable grâce à laquelle les Institutions de Breton Woods refont confiance en la République démocratique du Congo. Les perspectives économiques de la Rd Congo sont très prometteuses, en dépit du fait que le pays n’est pas en programme avec le FMI, le Programme économique du Gouvernement PEG (2) ayant échoué.

Et tout dernièrement aux USA, Matata Ponyo a séduit les milieux occidentaux qu’il a invités et convaincus de venir investir en Rdc. Il leur a dit que son Gouvernement a adopté une panoplie de mesures sur la simplification des procédures douanières, l’allègement des taxes, … bref, de nombreuses réformes fiscales, juridiques, comptables et institutionnelles. Pas plus tard qu’il y a quatre jours, c’est la Présidente de la Commission de l’Union Africaine qui a été épatée des prouesses réalisées par le Gouvernement de la République.

Pour les analystes, tous ces éléments objectifs font penser au maintien du Premier ministre Matata Ponyo. Ce, dans la mesure où certaines des missions dévolues au gouvernement de cohésion nationale sont déjà mis en œuvre par le gouvernement actuel. Son maintien servira à assurer la continuité de ces missions malgré que la composition du gouvernement sera hétéroclite. Toutefois et comme on ne cesse de le répéter, le choix d’un Premier ministre demeure un pouvoir discrétionnaire qui appartient au seul Chef de l’Etat.

[L’Avenir]


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