Etienne TSHISEKEDI : Epilogue d’un parcours politique

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Dans l’homme Tshisekedi bouillonnent l’ambition, le narcissisme, l’égocentrisme à expansion tribale évidente ainsi qu’une très haute opinion de soi qui le poussent à s’acharner à occuper la magistrature suprême en RDC et à n’accorder crédit qu’à tout ce qui lui permet de matérialiser ce rêve. L’homme Tshisekedi s’en ira sans avoir appris ses leçons et fera semblant de faire planer le mythe sur sa personne pour trouver des excuses à ses aberrations politiques qui le poussent à présenter ses bêtes-noires politiques comme ses boucs-émissaires. Et ses bourdes politiques font payer un lourd tribut à la nation congolaise et inocule le virus d’usage systématique des méthodes sulfureuses et subtiles de conquête du pouvoir.

Personne ne peut effacer son passé de la mémoire collective. Ce qui s’est passé a été écrit sur les pages de l’histoire et un regard rétrospectif et scrutateur des passés des hommes publics permet de réunir une foule d’éléments sur eux. Il permet aussi de comprendre tel ou tel autre agissement, telle ou telle autre attitude qu’ils peuvent afficher. Pour certains hommes politiques du Congo Kinshasa, doit-on appréhender leurs actes, dires et attitudes à la lueur du proverbe français qui veut que « Qui a bu boira» ? Le cas particulier de Tshisekedi vaut bien une observation pour dégager le profil d’une certaine catégorie des hommes politiques de la RDC.

De la constance ou de l’intransigeance de Tshisekedi

Des historiens retracent le parcours politico-professionnel de Tshisekedi comme un des politiques de la première heure en RDC qu’on a vu très tôt aux côtés de Mobutu et qui a accompagné ce dernier dans nombre de ses actes. Du complot ou de la participation à l’assassinat d’Emery Patrice Lumumba ( et on connaît l’exécrable surnom donné par notre protagoniste au Héros national congolais « crapeau » dans la lettre envoyée à Moïse Tshombe qui devait recevoir le colis dont le contenu était Lumumba envoyé pour être mis à mort au Katanga).

On se souvient aussi de l’hécatombe des martyrs de la pentecôte, de la participation à la conception du manifeste de la N’selé, de la Constitution dit de Luluabourg qui ne réglait pas bien la matière de la nationalité jusqu’à l’arrivée de l’Afdl. Dans tous ces événements, Tshisekedi est aux côtés de Mobutu. Il en est le bras droit, voire même le sosi au regard de la ressemblance de leurs accoutrements : boubou dit « mobilisé », toque de léopard, canne, gourmette en or massif, etc. Plus encore, lors des manifestations publiques, les deux « tourtereaux » s’affichent côte à côte et sur la même ligne d’honneur.

Des amitiés soudées aux antagonismes presque mortels

Les Zaïro-Congolais ne savent-il pas que Tshisekedi faisait une opposition diurne fulgurante à Mobutu et se rendait chez ce dernier soit à Kinshasa soit à Gbado pour parler en catimini et se faire soudoyer ? Les analystes élucident la radicalité et la constance de l’opposition tshisekediste à l’endroit de Mobutu par sa détermination à en faire voir de toutes les couleurs à celui qui ne lui donnait pas l’opportunité de diriger lui-aussi la RDC !

C’est une joute deal entre deux hommes, deux anciens amis et compagnons d’œuvre politique, une vendetta de Tshisekedi face à un homme qu’il connaissait bien. C’est cette détermination à en découdre avec Mobutu à tout prix qui a donné à Tshisekedi son apparente constance politique, tant il y avait du dépit et de la haine dans ses méthodes face à un Mobutu toujours vainqueur de ces joutes. Et puisque la dérive totalitaire de Mobutu était évidente aux yeux de tous, que sa gérance avait chaviré et que la misère et la grogne populaire étaient incommensurables, Tshisekedi n’avait qu’à s’en servir pour facilement le diaboliser aux yeux du peuple et se donner en saint à ce même peuple désemparé dont le seul désir était désormais le départ de Mobutu du pouvoir.

Pourtant, dans sa hargne et se rêves de régler les comptes à Mobutu, Tshisekedi n’eut pas qu’à user des méthodes loyales. L’on se souviendra du pseudo massacre des étudiants de l’Université de Lubumbashi pour obtenir la non-tenue du Sommet de la Francophonie au Zaïre et ainsi isoler diplomatiquement Mobutu. Aujourd’hui, tout le monde sait pertinemment bien que ce fut une affabulation, notamment à l’Udps, pour asséner des coups mortels à Mobutu.

Ambitions personnelles sur le dos des Congolais

Dans l’homme Tshisekedi bouillonnent l’ambition, le narcissisme, l’égocentrisme à expansion tribale évidente ainsi qu’une très haute opinion de soi qui le poussent à s’acharner à occuper la magistrature suprême en RDC et à n’accorder crédit qu’à tout ce qui lui permet de matérialiser ce rêve. Il s’accroche aux effets de la CNS dans cette même logique. Mais l’évolution de la donne et des données politiques lui ont fait adopter une voyoucratie qui macule et enraie la moindre réputation de nationaliste qu’il puisse avoir.

Manquant d’humilité et de sagesse consistant à privilégier l’essentiel et le plus important, et piégé par son orgueil, Tshisekedi sera l’auteur d’une bourde historique à l’époque de la CNS. Le patron à vie de l’Udps ratura, en effet, le texte de sa prestation de serment et ne pût plus œuvrer en tant que Premier ministre.

Sa politique de chaise vide et des fantaisies lui a fait perdre le poste de Vice-président à l’issue de l’Accord global et inclusif de Sun City qui a donné le cadre juridique à la transition 1+4. En effet, Tshisekedi ne supporta pas que l’on aie attribué à l’opposition non armée la vice-présidence chargée des questions socioculturelles. Il avait souhaité un poste de souveraineté comme celui qui revient à Ruberwa.

Plus tard, il décidera de  boycotter les élections de 2006. Et récemment, les lignes obliques de ses yeux ne lui ont pas permis de saisir l’importance de l’union des candidats de l’opposition pour désigner un candidat unique de l’opposition à aligner face à un Joseph Kabila bien implanté. Une aberration politique qui lui a fait perdre la présidence de la RDC.

Enfin, à cette heure du dialogue national pour la cohésion nationale, le même Tshisekedi, égal à ses abus politiques, vient de repousser cette offre de Joseph Kabila pour s’afficher glorieusement dans l’histoire de la RDC.

Epilogue d’un parcours politique

L’homme Tshisekedi s’en ira sans avoir appris ses leçons et fera semblant de faire planer le mythe sur sa personne pour trouver des excuses à ses aberrations politiques qui le poussent à présenter ses bêtes-noires politiques comme ses boucs-émissaires. Et ses bourdes politiques font payer un lourd tribut à la nation congolaise et inocule le virus d’usage systématique des méthodes sulfureuses et subtiles de conquête du pouvoir.

[Yvon Ramazani]


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