Francophonie 2012 : La France ressuscite MUNENE pour faire pression à «KABILA»

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image NGBANDA et MUNENE

Faustin Munene, ancien officier général au sein des FAC, devenues FARDC, vient de sortir du silence trois mois après sa condamnation par contumace pour ses menées insurrectionnelles contre la RDC. Alors qu’aucun sujet d’actualité ne le met en exergue nulle part dans les événements autour de la RDC, Rfi l’a sorti de nulle part pour le mettre en vedette dans un programme pourtant prestigieux, du moins en considérant sa dénomination « Invité Afrique ». On comprend la démarche de Rfi qui exploite les hésitations de François Hollande à se rendre au sommet de la Francophonie à Kinshasa, tout en alignant des conditions. L’objectif, dans cette nouvelle offensive médiatique, n’est autre que d’en rajouter à la pression que Paris exerce sur Kinshasa pour obtenir des ajustements à son goût.

Seulement, le personnage choisi pour cette besogne a un profil de marginal qui trahit les soutiens dont il bénéficie dans ses menées subversives contre son pays. En affirmant ouvertement qu’il est protégé par les autorités du Congo-Brazzaville, plus particulièrement Denis Sassou Nguesso qu’il dit connaître les droits humains, Faustin Munene n’avait manifestement pas de discours ni de message à transmettre. Nul, en effet, ne peut scier la branche sur laquelle il est assis, à moins – hypothèse fort probable – que Munene n’ait voulu, par ces affirmations, donner un signal sur les puissances qui se profilent derrière lui. Son objectif, par ces gesticulations, est d’indisposer les autorités congolaises pour le compte de Paris au moment où la ministre française déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui, séjourne à Kinshasa pour examiner les conditions pour la venue ou pas de François Hollande au Sommet d’octobre 2012.

Munene avait quitté l’armée de lui-même en 2006

Pour le reste, on a suivi sur les antennes de RFI un Faustin Munene divaguant dans les faits et les analyses. Le tout pour chercher à se donner quelque étoffe de galonné. D’abord, Munene trompe l’opinion lorsqu’il affirme qu’il avait été chassé de l’armée. En 2006, il avait postulé aux législatives dans sa province du Bandundu où il avait échoué. Or, la Constitution et la Loi électorale de l’époque soulignent l’incompatibilité du statut de militaire avec des activités politiques. En choisissant d’embrasser la politique par les élections, Munene quittait donc l’armée et perdait tous les avantages qui lui étaient dus en tant que Général. Ce n’est que normal et c’est la loi.

A l’époque, Munene était chancelier des ordres nationaux, poste qui avait été comblé par un autre Général nommé sur ordonnance présidentielle. Revenu de son échec électoral, Munene tentera une anarchie en voulant chasser, de force, le nouveau patron de la chancellerie. Le même jour, lui-même en est délogé sur ordre de la haute hiérarchie militaire. C’est de là que sont parties ses aigreurs insatiables contre Joseph Kabila.

Par ailleurs, les divagations de Faustin Munene sur la désorganisation de l’armée qu’il attribue à Joseph Kabila, qu’il dit avoir été son adjoint, n’ont de commune mesure que son ignorance manifeste de l’organisation d’une armée. Et lorsqu’il affirme que Joseph Kabila avait pris le pouvoir de force, Munene ne trompe que sa propre mémoire, puisque l’opinion connaît les conditions dans lesquelles Kabila fils est arrivé au pouvoir en janvier 2001.

Enfin, Munene pousse son ridicule plus loin lorsqu’il proclame sa sympathie pour le M-23 qu’il dit faire partie de la « grande résistance ». Un combattant d’une cause noble peut-il clamer sa flamme pour une organisation classée comme force négative ?

Un général d’opérette pour faire main basse sur l’uranium, le pétrole et les télécom en RDC…

Radio France Internationale est, une fois de plus, passée à côté du professionnalisme en mettant ses antennes et ses programmes au service de la déstabilisation psychologique et morale des Congolais. En effet, on comprend facilement les motivations à la base d’une interview avec un personnage hors d’actualité. Un mercenaire, en fait, engagé par la France pour exercer des pressions sur les autorités congolaises ; et au besoin, trouver de contre poids face à la visite de Yamina Benguigui.

Ces méthodes de partenariat en relations internationales sont totalement révolues. Et ce n’est pas de cette manière que Paris et son nouveau pouvoir de Hollande parviendront à mettre pied sur la RDC. La France, on le sait, a des visées d’investissement, dans l’uranium de Chinkolobwe avec Areva, autant que dans le pétrole congolais avec Total ou encore les télécommunications avec France Télécom. Et ce n’est pas en servant d’un général d’opérettes de la trempe de Faustin Munene que Paris parviendra à ses fins. En effet, Munene, qui avait déjà du mal à entretenir l’unique camionnette qui lui soit restée après avoir dilapidé ses économies aux élections de 2006, ne peut pas disposer de moyens pour mener une lutte armée…

Jonas Eugène KOTA


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