RDC : Précisions de MENDE sur le sens et les objectifs exacts du concept citoyenneté

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image Lambert MENDE OMALANGA - Ministre des Médias, Relations Avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté - Porte-parole du Gouvernement.

Construire en RDC un Etat efficace qui permette aux Congolais de rompre avec la fatalité du sous-développement fait partie des objectifs  prioritaires du programme d'action du Gouvernement. Pour y parvenir, il est indispensable de transformer la société congolaise en un vivier de la nouvelle citoyenneté.

C'est du moins le sens des activités de la campagne officielle lancée le jeudi 14 juin 2012 par le ministre des Médias, Chargé des Relations avec le Parlement et de l'Initiation à la Nouvelle citoyenneté. Devant la presse, les organisations syndicales, les étudiants  et les mouvements associatifs présents à cette activité,  Lambert Mende  a profité pour répondre aux  nombreuses questions sur le sens et les objectifs exacts du concept  citoyenneté.  Cette campagne concerne tous les Congolais sans exception étant donné que les vertus républicaines sont foulées au pied sol depuis un certain temps.

Qualité d'un citoyen, a expliqué le ministre des Médias, la citoyenneté est à la fois un statut et une identité. Comme  ensemble des droits définis juridiquement et fondement de la légitimité dans les sociétés démocratiques, la citoyenneté est un statut. Elle est une identité, a poursuivi  Lambert Mende, dans la mesure où elle repose sur un sentiment d'appartenance à une collectivité et donc une source de lien social.

Dans son explication, le ministre Mende a distingué quatre types de citoyennetés, à savoir:  la citoyenneté civile qui donne à l'individu des droits, la citoyenneté politique qui implique le droit de vote et la participation à l'exercice du pouvoir politique, la citoyenneté sociale et économique qui s'explique en termes des relations entre individus à l'intérieur de la Communauté nationale, ainsi que la citoyenneté culturelle qui se rapporte à un patrimoine culturel commun.

Après avoir expliqué cette approche définitionnelle, Lambert Mende a indiqué  que l'initiation à  la  nouvelle citoyenneté répond à la nécessité de redonner au peuple congolais une identité collective, une conscience politique et des valeurs qui cimentent la quintessence de la Nation.

Son objectif, a-t-il souligné, est de sensibiliser efficacement les entités particulières qui composent le peuple congolais afin qu'elles s'impliquent pleinement dans l'action des pouvoirs publics.

L'initiation à la nouvelle citoyenneté est un  programme ambitieux et complexe parce qu'il s'agit de faire changer l'homme. C'est une manière de sensibiliser tous les Congolais à la culture du bien et du respect des valeurs républicaines. C'est une manière d'amener la moralité là où l'immoralité règne. La nouvelle citoyenneté exclut le tribalisme, le népotisme mais cherche l'unité de tous.

Pour mener à bien cette campagne, l'institution du ministère en charge de l'initiation à la nouvelle citoyenneté va recourir à ses partenaires traditionnels que sont les médias, l'administration territoriale et la chefferie coutumière, la police, l'armée, les élèves, les étudiants, les enseignants, les professeurs,  les paysans, les ONG, les petites et moyennes entreprises, les confessions religieuses, les syndicats des travailleurs, etc.

[Dorian KISIMBA]

INITIATION A LA NOUVELLE CITOYENNETE

I. INTRODUCTION

L'un des objectifs prioritaires du Programme d'action du Gouvernement est de construire dans notre pays un Etat efficace qui permette à son peuple de rompre aves la fatalité du sous-développement. Pour y arriver, il s'avère indispensable de transformer la société congolaise en un vivier de la nouvelle citoyenneté ; en faire    société qui tourne définitivement le dos à la violence comme mode de conquête du pouvoir ou de gestion des litiges et dont les membres vivent en harmonie avec les lois et les valeurs morales et républicaines en vigueur. Seule une action déterminée destinée à amener les Congolais à rejeter les anti-valeurs du tribalisme, de la corruption, des incivilités, de la violence, de l'immoralité et des conflits ethniques peut faire aboutir un tel projet.

Le citoyen est l'individu lié juridiquement à un Etat dont il a la nationalité et qui lui reconnaît et garanti la plénitude de ses droits civiques.

Après plusieurs décennies de chosification du citoyen au bénéfice des intérêts particuliers des groupes dominants, les pouvoirs publics mis en place en RD Congo à la faveur des élections générales de novembre 21 1 ont prévu dans le Programme d'Action du Gouvernement adopté par l'Assemblée Nationale de ramener à !1a surface les droits du Congolais vis-à-vis de l'Etat et justifier, ce faisant, l'utilité de ce dernier.

Il s'agit d'une réhabilitation institutionnellem3nt assistée des valeurs qui permettent aux entités individuelles composant le peuple de s'approprier l'espace étatique dans lequel elles vivent. Le but recherché est de donne,, à l'homme des raisons suffisantes de se projeter dans le vécu quotidien comme un acteur du, développement national. C'est un effort d'unification identitaire dans le rapport à l'Etat-Nation.

La prise en charge dans â structure gouvernementale de l'initiation à la nouvelle citoyenneté est une innovation visant à redonner di-, sens à l'interaction entre l'Etat et le citoyen qui en est un membre à part entière, exerçant des droits garantis par la Constitution et assumant les devoirs et obligations qui en découlent. Il s'agit de mettre des ressources nécessaires et suffisantes à la disposition de cet aspect du programme gouvernemental consistant à susciter et développer dans le chef du Congolais des attitudes et comportements susceptibles de favoriser la réalisation des Intérêts Nationaux.

L'initiation est un processus d'intériorisation qui, peut permettre à des personnes ou groupes de quitter un état de conscience inférieur pour atteindre un état de conscience supérieur.

De telles personnes, imprégnées pair des valeurs de patriotisme et d'altruisme sont indispensables pour porter l'ambition de notre peuple au développement et au bien-être collectif.

II. DEFINITION ET PROBLEMATIQUE

La citoyenneté, qualité du citoyen, est à la fois un statut et une identité.

Comme ensemble des droits définis juridiquement et fondement de la légitimité dans les sociétés démocratiques, la citoyenneté est un statut. Elle est une identité dans la mesure où elle repose sur un sentiment d'appartenance à une collectivité et donc une source de lien social. Façonnée par l'Etat-Nation, la citoyenneté distingue l'espace privé, lieu d'identification familiale, religieuse, ou professionnelle de l'espace public où s'exprime de façon prioritaire l'appartenance à la communauté nationale.

La citoyenneté, expression d'une culture républicaine, se conçoit comme un processus intégrateur des composantes individuelles de la Nation dans une dynamique commune ; une démarche d'insertion des personnes physiques et morales dans les prescrits normatifs et les symboliques de la souveraineté nationale. Elle se concrétise dans la volonté assumée des Congolais d'accomplir leur devoir civique en participant sans y être contrains à la réalisation de l'intérêt général.

Le concept de nouvelle citoyenneté mis en œuvre par le gouvernement de la République implique le fait de se dépouiller du vieil '-iorr.rne qui sommeille dans notre univers mental pour endosser des attitudes et comportements positifs, porteurs d'espoir, d'altruisme, de patriotisme et de solidarité. Il est d'autant plus approprié qu'un survol de l'histoire des idées politiques contemporaines révèle que la citoyenneté a connu une longue évolution au fil des années.

C'est au XVIIIe siècle que parallèlement au développement des théories contestant le pouvoir monarchique, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 a cristallisé pour la première fois et de manière irréversible le concept de citoyen.

Dans la Grèce antique et chez les anciens Romains, la qualité de citoyen n'était reconnue qu'à ceux qui participaient à un ce,-tain niveau aux affaires de la cité, sans qu'elle ne soit un attribut universel ou un droit propre à chaque individu. Elle était octroyée à certains membres éminents de la communauté. Vue sous cet angle, la citoyenneté apparaît dans ce contexte comme un processus d'incorporation des classes inférieures à une oligarchie initiale.

La citoyenneté moderne est tort à fait autre chose. Elle représente ce que Rasalvallon a appelé la révolution de l'égalité. Le citoyen est devenu cet homme universel doté des "droits naturels, sacrés et inaliénables " (Préambule de la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen).

Il existe aujourd'hui quatre types de citoyenneté : la citoyenneté civile, la citoyenneté politique, la citoyenneté socio-économique et la citoyenneté culturelle.

- La citoyenneté civile donne à l'individu des droits qui relèvent des libertés individuelles et du droit à la justice ;

- La citoyenneté politique implique le droit de vote et la participation à l'exercice du pouvoir politique -,

- La citoyenneté sociale et économique s'exprime en termes des relations entre individus à l'intérieur de la communauté nationale, avec le marché du travail. Il s'exprime aussi en termes de niveau/qualité de vie garantie et de sécurité sociale. C'est la dernière étape d'une évolution en progrès continuel

- La citoyenneté culturelle se rapporte à un patrimoine culturel commun, une prise en compte de la diversité culturelle impliquant une reconnaissance des droits collectifs de chaque composante de la Nation et la revendication du droit à la dignité couplée à celle du droit au savoir, à la formation et à l'information.

 III. APERÇU HISTORIQUE

Ancienne colonie beige, la République Démocratique du Congo a accédé à la souveraineté nationale et internationale le 30 juin 1960. Les lampions de la fête à peine éteints, le pays a plongé dans le chaos des mutineries, rébellions, sécessions, guerres civiles et d'agressions tragiques et ambigües qui se sont 'succédées à un rythme vertigineux. Cinquante deux ans après l'indépendance, rien, ou presque, n'a été fait pour créer dans l'esprit de tous les Congolais une volonté partagée d'assumer leur destin. La tendance la plus constante est d'abandonner le devenir de la Nation aux hasards de !a charité internationale et de se morfondre indéfiniment dans un attentisme dispersé.

Après les trois mille casques bleus de l'ONUC venus en 1960 pour nous aider à gérer nos querelles intestines, la RD Congo se fait assister aujourd'hui, cinquante deux après par près de vingt mille soldats de la paix de la MONUSCO, occupés à réduire notamment des conflagrations fratricides dans les provinces du Kivu. Une variation qui apparaît à certains comme proportionnelle à la régression de la conscience politique et citoyenne dans le pays.

La nouvelle citoyenneté proposée aux Congolais se fonde sur une revisitation de diverses approches conceptuelles de l'idée de citoyenneté observées dans l'histoire récente de notre pays. En fonction des besoins du moment, des circonstances historiques et de leurs convictions, les régimes politiques et les groupes d'influence qui se sont succédés en République Démocratique du Congo ont initié diverses tentatives de mobilisation populaire autours d'idéaux civiques.

Vers les années 1930 dé à, les aspirations J'émancipation des Congolais avaient inspiré les premiers balbutiements de la lutte de décolonisation. C'était l'éveil de la Citoyenneté par rapport à la situation antérieure. Le Congolais bien que timidement, l'ambition de se libérer de la chape coloniale.

L'autodétermination octroyée le M juin 1960 a fait émerger dans le pays le concept d'un nouveau citoyen responsable, indépendant, libre et apte à se consacrer sans contrainte au développement de son pays. L'Élan sera malheureusement brisé trois mois après à la suite du coup d'Etat d'inspiration néocolonialiste 114 septembre 1960) qui neutralisa le premier gouvernement démocratique du Congo avant que ne soit assassiné son chef, le Héros National Patrice Emery Lumumba.

Le deuxième coup d'Etat militaire du 24 novembre 1965 a fait entrer le peuple Congolais dans une ère d'autoritarisme avec un régime porteur d'un projet de citoyenneté caporalisés. Un parti-Etat ayant estimé devoir mettre fin aux irrédentismes de l'après-indépendance par la manière forte, au prix d'une floraison d'anti-valeurs (autocratie, intolérance, tortures, corruption, clientélisme ...).

L'avènement de l'AFD'L trente deux ans après mettra en exergue une autre approche de la citoyenneté résumée dans les concepts de la révolution - pardon et de l'auto-prise en charge dont les premières initiatives de structuration par le deuxième Héros National, Mzée Laurent Désiré Kabila, seront le Service national et les Comités du pouvoir populaire. Insuffisamment intériorisées dans le tissu sociologique national, ces initiatives n'ont pas eu l'impact réducteur escompté sur le processus de décadence des valeurs civiques et morales qui s'est poursuivi crescendo. Les chances de développement de la RD Congo s'en trouveront compromises pendant longtemps.

Certes, l'esclavagisme, l'exploitation coloniale, la décolonisation bâclée, le néo-colonialisme et le système autocratique de gouvernement que le peuple congolais a eu à expérimenter pendant plus d'un siècle n'ont pas été propices à l'éclosion d'une citoyenneté exemplaire en son sein, loin s'en faut. La quête désordonnée et individuelle de niches d'autoprotection face aux avatars de la vie quotidienne imparfaitement pris en charge par les pouvoirs publics a cristallisé des attitudes et comportements de violence, de corruption, une culture du gain facile des atavismes tribaux, l'égoïsme, la fraude et la Justice privée et sommaire.

Soucieux de se protéger, d'aucuns parmi les Congolais ont même prêter leur concours à de funestes projets de déstabilisation de leur pays, les disfonctionnements du tissu sociopolitique ayant fini par créer des zones critiques dans lesquelles s'étaient engouffrés des mercantilistes étrangers et des seigneurs de guerre avides d'un enrichissement rapide qui ont mis des pans entiers du territoire national sous coupe réglée.

Des réformes démocratiques ont été initiées notamment par la Conférence nationale souveraine du début des années 90. En dépit de ses, résultats mitigés, la Conférence nationale a constitué une avancée significative dans l'enfantement d'une citoyenneté moderne, pleine et responsable en RDC. Celle-ci sera concrétisée 16 ans plus tard avec l'adoption par référendum de la constitution du 18 février 2006 et les premières élections démocratiques après celles de 1960. Une série des pesanteurs continueront néanmoins à hypothéquer la gouvernante dans notre pays. Il s'agit des injustices, des inégalités, de l'éventail des comportements anti-sociaux, des interprétations erronées ou fantaisistes des textes de lois, de la prime à la guerre, des incessantes chamailleries sur la légitimité du pouvoir, etc.

Le déficit de citoyenneté se manifeste par ailleurs à travers une extraversion encore trop répandue de la pensée politique parmi les élites qui ont pris l'habitude de s'en remettre à "la communauté internationale" pour résoudre le moindre problème.

IV. MOTIVATIONS

L'institution du ministère en charge de l'Initiation à la Nouvelle Citoyenneté vise à faire prendre en charge par les pouvoirs publics l'effort de formatage du facteur humain, première ressource dont dispose la RD Congo, pour le rendre compatible avec le développement intégré à travers la révolution de la modernité, leit-motiv du deuxième quinquennat de la troisième République. Principal acteur de la révolution de la modernité, le Congolais se doit de cultiver et fortifier le lien affectif qui existe entre lui et sa patrie. ii doit être prêt à défendre les Intérêts Nationaux en toutes circonstances, s'acquitter sans hésiter de toutes ses obligations civiques et s'engager volontairement dans des initiatives en faveur du bien-être collectif.

L'Initiation à la Nouvelle Citoyenneté répond à la nécessité de redonner au peuple congolais une identité collective, une conscience politique et des valeurs qui cimentent la quintessence de la Nation.

Elle poursuit l'objectif de sensibiliser efficacement !es entités particulières qui composent le peuple Congolais afin qu'elles s'impliquent pleinement dans l'action des pouvoirs publics, quels qu'en soient les animateurs. Une action que les citoyens sont appelés à inspirer, soutenir, contrôler et sanctionner.

Depuis longtemps, les partis politiques, les confessions religieuses, l'école, l'université, les ONG citoyennes, les familles et les communautés locales assument vaille que vaille ces tâches de moralisation de la société. L'incivisme et le déficit de patriotisme ont malgré tout pris de telles proportions qu'il paraît indispensable de mobiliser les ressources humaines et logistiques de l'Etat à cette fin. C'est le sens de l'institutionnalisation n de cette action.

Le Gouvernement entend aussi agir par cette structure pour familiariser les Congolaises et les Congolais avec les saines pratiques de promotion active de leurs droits fondamentaux, notamment le droit à la paix, à la a-, bien-être, à !a justice et tous les autres droits garantis par la Constitution de la République. Considérée sous cet angle, la Nouvelle Citoyenneté se conçoit comme un effort national de restauration des valeurs fondamentales de notre être collectif, en rupture totale avec les tares de la décadence civique et morale dans laquelle s'est enfoncée la RD Congo au cours de ces dernières années.

La Nouvelle Citoyenneté est une citoyenneté consolidée non seulement pour servir de socle à la Révolution de la Modernisé, pierre angulaire du programme quinquennal du Président, mais surtout pour donner au Congo et aux Congolais un moyen efficace de contrer les multiples tentatives internes et externes de déstabiIisaî1ior, qui ont souvent bénéficié de l'inconséquence politique de certains compatriotes.

Il a été prouvé au cours de l'histoire qu'une ferme volonté clairement partagée par les filles et tous les fils d'une nation pour sauvegarder leur unité constitue en elle-même une dissuasion de toutes les velléités subversives d'où qu'elles proviennent.

 V. L'ETHIQUE DELA NOUVELLE CITOYENNETÉ

L'éthique de la Nouvelle Citoyenneté ne procède ni d'une perspective autocratique d'encadrement des masses pour préserver un régime politique ni des promesses mirobolantes d'un Etat-providence. Elle tire ses racines de l'urgence qu'il y a de refonder l'Etat-Nation en libérant les énergies créatrices dans une participation assumée en toute responsabilité à une vie collective saine, productive et moderne.

Elle ne relève nullement procède pas d'un choix politiquement partisan mais se fonde sur l'impératif de survie de !a Nation et du Peuple qui se doivent de compter avant tout sur leur propre génie créateur pour relever les défis de la révolution de la modernité.

Parmi les valeurs que le programme d'initiation à la Nouvelle Citoyenneté du Gouvernement entend ramener à la surface, on peut citer dix de manière non exhaustive :

1. L'amour de la patrie

2. Le sens de responsabilité

3. L'honnêteté et l'intégrité morale

4. La discipline

5. L'esprit de solidarité

6. Le travail bien fait

7. Le caractère sacré de la vie humaine

8. Les droits et !es libertés fondamentales

9. Le respect de la chose publique et de la propriété privée

10. La participation démocratique

Il s'agit en d'autres mots de trouver les moyens les plus efficaces pour forger un homme nouveau en RD Congo.

1. L'amour de la patrie

- Accorder toute sa loyauté à l'Etat RD Congolais

- Dépasser le clanisme, le tribalisme, le provincialisme pour affermir la conscience d'appartenance à la Nation Congolaise ;

- Promouvoir et défendre en toutes circonstances la souveraineté nationale, l'unité nationale et l'intégrité territoriale de la RD Congo ;

- Se dépouiller de l'aliénation coloniale et néo-coloniale qui favorisent toutes les entreprises criminelles et de prédation au détriment du pays.

2. Le sens de responsabilité

- Etre prêt à répondre de ses actes, quelles qu'en soient la nature et les conséquences;

- Se considérer comme un maillon actif dans a chaîne de la production et de la reconstruction nationale ;

- Pratiquer l'auto-évaluation critique et l'autocritique dans sa vie professionnelle ;

- Éradiquer en soi et autour de soi la culture de la main tendue (mendicité) ;

- S'adapter aux progrès incessants des sciences et des technologies pour développer l'aptitude à contribuer à l'effort de développement national.

3. L'Honnêteté et l'intégrité morale

- Bannir la fraude, la tricherie, le faux et l'usage de faux, la corruption et la concussion dans le rapport aux autres et à l'Etat ;

- Se conformer de bonne foi aux lois et règlement en vigueur sans chercher à les contourner ;

- Faire preuve de dignité et de crédibilité en toute circonstance ;

- Se soumettre au contrôle et la sanction y relative lorsqu'on exerce une responsabilité publique.

4. La discipline

- S'imposer une ligne de conduite fondée sur les principes normatifs et réglementaires ;

- Respecter et faire respecter la Constitution, les lois et l'ordre public ;

- Etre capable de se maîtriser même dans l'épreuve et de renoncer le cas échéant à ses propres commodités pour ne voir que les exigences de l'intérêt général ;

- Se soumettre à la primauté des intérêts nationaux sur l'intérêt individuel et celle du devoir du devoir sur les droits ;

- Lutter contre les perversions et la culture du gain facile.

5. La solidarité

- Développer le sentiment d'appartenance à une communauté nationale dont tous les membres sont liés par un destin commun ;

- Compatir à la détresse de ses concitoyens et être toujours prêts à leur porter secours dans toute la mesure de ses moyens ;

- Participer aux actions humanitaires tant au sein de sa communauté de base qu'aux plans national et international.

6. Le travail bien fait

- Participer à l'effort national du développement par un travail productif ;

- Contribuer aux actions d'utilité publique ;

- Promouvoir et valoriser le travail agricole

- Accomplir le temps de travail requis au lieu de passer du temps au travail

- Apporter une contribution personnelle à l'amélioration du cadre de vie (maison, parcelle, rue, quartier, etc.)

7. Le caractère sacré de !a vie humaine

- Promouvoir le dialogue comme mode de résolution des conflits en lieu et place des affrontements armés ;

- Participer à l'éradication de la violence dans la vie quotidienne.

8. Les droits et les fondamentales

- Faire respecter le citoyen par l'Etat, ses organes et ses préposés ;

- Dissuader et combattre tout abus de pouvoir, par les détenteurs de l'autorité au détriment des plus faibles ;

- Se solidariser avec les efforts de promotion et de défense des droits et libertés garantis par la Constitution ;

- La promotion des droits de la femme et de la protection de l'enfant.

9. Le respect de la chose publique et de la propriété privée

- Combattre la corruption, la concussion et les détournements des deniers et des biens publics

- Respecter les infrastructures à usage public et combattre le hooliganisme et le vandalisme Contribuer à l'évaluation des pratiques de spoliations, des pillages et des vols des biens des patrimoines privés.

10. La participation démocratique

- Promouvoir et défendre le droit des citoyens congolais de participer de manière responsable à la gestion des affaires publiques locales et nationales ;

- Promouvoir le devoir de redevabilité dans le chef des mandataires publics ;

- Alimenter et conforter la démocratie dynamique par la circulation des idées ;

- Engendrer l'esprit d'écoute et de tolérance.

VI. METHODOLOGIE

Matière transversale par excellence, l'initiation à la Nouvelle Citoyenneté ne peut s'effectuer qu'en synergie avec tous les secteurs d'activités qui incarnent et défendent la souveraineté de l'Etat, délivrent des services publics, forment, éduquent, encadrent et informent à un titre ou à un autre.

La démarche adoptée dans ce programme tend à transcender autant que possible les clivages politiques, philosophiques, religieux ou communautaires dans cette quête de l'homme nouveau dont la RD Congo a besoin pour soutenir son émergence.

La citoyenneté n'a pas de couleur. Elle n'a 'pas à se formaliser des approches 'ad hominem'. Il s'agit d'une ambition nationale qui, à l'instar de tous les grands projets, se construisent sur base des idées et non des considérations subjectives.

La méthodologie prévue en l'espèce recourt primordialement à une campagne de formation citoyenne pour une révolution des mentalités parmi toutes les générations de notre pays. Cette révolution des mentalités résulte de la conversion des hommes et des femmes du Congo aux valeurs morales et républicaines et de leur mobilisation pour la lutte contre les antivaleurs.

L'action consistera dès lors à :

1) Faire prendre conscience aux Congolais de toutes les catégories et de tous les horizons de leur appartenance à une    communauté d'intérêt ;

2) Inculquer à chaque citoyen des capacités de devenir des modèles des valeurs et des artisans de la paix et de la concorde ;

3) Convaincre les Congolais de la grandeur de la Nation et en faire des patriotes prêts à la défendre ;

4) Mobiliser l'énergie de tous contre !a violence, les injustices, l'impunité et les violations des droits et libertés;

5) Promouvoir la solidarité entre les différents segments de la Nation ;

6) Amener les jeunes et les moins jeunes à rechercher la perfection grâce à une organisation personnelle rigoureuse et au travail acharné et bien fait ;

7) Promouvoir le panafricanisme.

Pour paraphraser notre compatriote Dieudonné Kinumbi dans son ouvrage sur l'Education Populaire, l'initiation à la Nouvelle Citoyenneté tend à amener :

- la paix là où il y avait le trouble ;

- l'unité là où il y avait la division ;

- le travail là où il y avait l'oisiveté ;

- la mortalité là où il y avait l'immoralité ;

- la justice là où il y avait l'injustice,

- la connaissance là où il y avait l'ignorance,

- la propreté là où il y avait la saleté.

Les supports qui serviront à la diffusion de ces idées-forces :

a) programmes de    scolaire et académique,

b) supports médiatiques (audiovisuel et presse écrite)

c) affiches, calicots, dépliants

d) séminaires, conférences

e) jeux éducatifs

f) campagnes de sensibilisation, persuasion et/ou dissuasion

g) baromètres : concours et primes d'excellence

VII. PARTENAIRES/ CIBLES

Les principaux partenaires et cibles de cette action sont,

  1. Les Médias : Relais des différents thèmes des campagnes d'Initiation à la Nouvelle Citoyenneté.
  2. L'Armée : Renforcement de l'engagement citoyen des militaires et de la solidarité entre les FARDC et la population civile congolaise (Ministère de la DNAC).
  3. La Police : Accroître son utilité sociale et subséquemment la confiance des citoyens à son égard (Ministère de l'Intérieur et de la Sécurité).
  4. L'Administration territoriale et la chefferie coutumière : Amener à- recentrer leur action sur les intérêts communautaires (Ministère de l'Intérieur).
  5. Les confessions religieuses, services auxiliaires de la Justice, prisonniers, jeunes délinquants pour des programmes efficients de resocialisation des déviants (Ministère de la Justice).
  6. Les élèves/ étudiants/ enseignants/ professeurs : L'uniformisation de l'éducation à la citoyenneté et intégration du service public obligatoire dans le cursus scolaire/ académique (Ministères EPSP-ESURS).
  7. Les paysans et agriculteurs : Eveil de conscience patriotique et sensibilisation à l'auto prise en charge (Ministère de l'Agriculture et Développement Rural).
  8. Les syndicats des Conciliation des revendications corporatistes avec les Intérêts Nationaux bien compris (Ministère de l'Emploi, Organisations syndicales).
  9. Les ONG citoyennes : Participation aux de promotion des valeurs citoyennes et lutte contre l'incivisme et l'antipatriotisme.
  10. Les acteurs économiques tonies : Promouvoir le patriotisme économique (Ministère de l'Economie, FEC).
  11. Les PME et acteurs de l'informel : Promouvoir le travail et l'insertion dans le formel (Ministère des PME).
  12. Les jeunes organisés et désœuvrés : Mise en œuvre du service obligatoire (Ministère de la Jeunesse).
  13. Les fonctionnaires : Vulgarisation du code de conduite de l'agent de l'Etat et sanctions positives des actes de citoyenneté (Ministère de la Fonction Publique, Syndicats des fonctionnaires).

Ministère des Médias, Chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté.

Juin 2012


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