RDC : Le gouvernement MATATA commence à faire languir la population

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image Augustin MATATA PONYO MAPOM - Premier ministre de la RDC et les membres du Gvt à l'Assemblée National

Plus de dix jours après l’investiture du gouvernement Matata I par l’Assemblée nationale, rien de nouveau ne s’est produit sous le soleil. Pour des observateurs, le temps mis dans la préparation du budget 2012 procéderait d’une logique tendant à prendre en compte prioritairement les diktats des institutions financières internationales. Il est de notoriété que la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) ont toujours fait du social le cadet de leurs soucis. D’où, les inquiétudes formulées par les populations qui craignent que leurs préoccupations (eau, électricité, santé, éducation) soient sacrifiées sur l’autel de la croissance et la maîtrise du cadre macroéconomique. Copies révisées du tristement célèbre «ajustement structurel» que raffolent la BM et le FMI. Pour cette raison, une vigilance républicaine tous azimuts est de rigueur afin que le social occupe une place de choix dans les priorités de l’action gouvernementale. Malheureusement, le financement des secteurs de santé publique, de l’éducation, de l’électricité, de l’eau potable, des routes d’intérêt local ou de desserte agricole, … ne constituent pas de préoccupations majeures de ces bailleurs de fonds.

Plus de dix jours après l’investiture du gouvernement Matata I par l’Assemblée nationale, rien de nouveau ne s’est produit sous le soleil. Pour les observateurs, le gouvernement des technocrates devrait prendre en compte le calendrier institutionnel de la République. S’il est vrai qu’elle n’est pas tombée de nues, cette équipe devrait comprendre qu’elle ne bénéficie pas de période de grâce. Ce temps accordé aux dirigeants qui s’installent pour s’imprégner des dossiers relevant de leurs départements ministériels respectifs.

Composé de technocrates, surnommés «surdoués», au nombre desquels figurent d’anciens animateurs des ministères impliqués dans la conception de la loi financière, le gouvernement Matata commence à faire languir la population. D’abord, en ce qui concerne le budget 2012. Or, la confection en urgence de ce budget était considéré par d’aucuns comme un premier test de l’intelligence au niveau de la moyenne dont Matata et ses coéquipiers étaient gratifiés.

Le retard mis dans ce domaine fait jaser. On se pose des questions et l’on subodore, notamment, sur les difficultés que le Premier ministre éprouverait à aligner les chiffres qui avaient manqué dans la présentation et la défense de son programme quinquennal 2012- 2016 devant l’Assemblée nationale.

Ces technocrates savent que, sans un budget -tableau de bord indispensable à la gestion d’un Etat moderne- tout ce qui se fait n’est que tâtonnement, amateurisme et mauvaise gouvernance. La correction de cette anomalie congénitale héritée du gouvernement Muzito, à qui l’Assemblée nationale avait refusé des crédits provisoires, constituait plus qu’une urgence. Il s’est agi d’un préalable indispensable à la requalification de la gestion de l’Etat. Pouvant faire d’une pierre deux coups, le Premier ministre avait ainsi l’opportunité de se rattraper, au plus vite, en rapport avec le déficit des chiffres qui colle au plan d’action quinquennal global présenté à la représentation nationale.

La re-visitation de la copie présentée à la Chambre basse du Parlement se présentait comme la priorité des priorités en vue de se mettre au travail. Matata Ponyo avait, devant les députés, affirmé qu’une équipe était chargée de chiffrer le plan d’action de son gouvernement. Treize jours après, aucune excuse ne peut se concevoir d’autant que les «surdoués», sur papier, devraient produire un travail de qualité, en un temps raisonnable. En principe, ce travail aurait dû être engagé sur la base de la matrice du projet de budget préparé par le gouvernement Muzito. Sans une simplification excessive, le travail d’adaptation au contexte d’une maximisation des recettes pour atteindre 5 milliards USD en ressources internes ne donne pas lieu à un délai indéfiniment extensible. C’est le sens à donner à la mission que le chef de l’Etat et les Congolais assignent à ce gouvernement qui avait suscité de l’espoir à la nomination de son principal animateur. Un désamour précoce se profile à l’horizon à cause des attitudes qui ne rassurent point.

Gare aux injonctions

Pour des observateurs, le temps mis dans la préparation du budget 2012 procéderait d’une logique tendant à prendre en compte prioritairement les diktats des institutions financières internationales. Il est de notoriété que la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) ont toujours fait du social le cadet de leurs soucis. D’où, les inquiétudes formulées par les populations qui craignent que leurs préoccupations (eau, électricité, santé, éducation) soient sacrifiées sur l’autel de la croissance et la maîtrise du cadre macroéconomique. Copies révisées du tristement célèbre «ajustement structurel» que raffolent la BM et le FMI.

Pour cette raison, une vigilance républicaine tous azimuts est de rigueur afin que le social occupe une place de choix dans les priorités de l’action gouvernementale. Malheureusement, le financement des secteurs de santé publique, de l’éducation, de l’électricité, de l’eau potable, des routes d’intérêt local ou de desserte agricole, … ne constituent pas de préoccupations majeures de ces bailleurs de fonds. Il est vrai que des actions sont, de fois, orientées vers ces secteurs, mais l’impact ne se fait sentir qu’après de longues échéances, par la faute des procédures lourdes et inefficaces. Non pas que les délais d’exécution sont longues, mais par des tergiversations inexplicables, des décaissements durent une éternité. L’illustration parfaite est faite sur le financement de près de 1 milliard USD au profit du secteur de l’électricité.

Quand la motion J. Kabila rattrape Matata

L’honorable Jaynet Kabila a posé, en marge des débats sur le plan d’action du gouvernement à l’Assemblée nationale le problème du recensement. L’élue de Kalemie a mis le doigt sur la plaie. Elle a démontré qu’en l’absence d’un recensement de la population, toutes les prévisions formulées par le gouvernement sont bâties sur du sable mouvant. Les données proches de la réalité n’existant pas, le budget toujours en élaboration, ne serait qu’une mixture destinée à remplir une formalité constitutionnelle. Jaynet Kabila a ainsi posé une vraie question sur les fondamentaux d’une gestion moderne que les «surdoués» ont feint d’ignorer. Ce rappel fait par une députée de la famille politique de Joseph Kabila et qui se trouve être, par ailleurs la jumelle du président de la République, sonne comme un oracle. Les technocrates sont avertis. Le retard pris pour s’engager dans la bonne direction est considéré comme une incapacité. Et dans le cas d’espèce, il s’agit d’une panne sèche pour la machine gouvernementale! C’est extrêmement grave pour un gouvernement constitué de technocrates «surdoués».

Le chef de l’Etat avait fustigé en son temps, l’explosion des commissions pour apporter des solutions aux problèmes de la Nation. Joseph Kabila avait opté pour des actions. N’aurait-il pas pensé aux technocrates appelés aussi «surdoués» pour pallier cette carence ? Au travail et vite ! Le 15 juin approche à grands pas et les élus iront en vacances pour revenir en septembre 2012. Que l’on ne se leurre pas, la prochaine session sera consacrée au budget 2013. Et la faute aura été lourde : avoir fonctionné pendant toute une année (2012) sans budget. La répétition des bavures et autres bévues, le peuple n’en a cure.

[Le Potentiel]


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