RDC : Un peuple «politiquement analphabète»
Aux termes de l’article 6 de la Constitution, «les partis politiques concourent à l’expression du suffrage, au renforcement de la conscience nationale et à l’éducation civique. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes moeurs. Les partis politiques sont tenus au respect des principes de démocratie pluraliste, d’unité et de souveraineté nationales». Mais, dans les faits, il se constate que très peu de Congolais ont une formation politique. Cela s’est encore remarqué lors de la présidentielle et des législatives de novembre 2011 caractérisées par des votes conditionnés par des dons et considérations partisanes. «Les Congolais sont, dans leur majorité, politiquement analphabètes. Très peu d’entre eux connaissent leurs droits et devoirs constitutionnels», déplorent des analystes politiques qui accusent les partis politiques de ne pas éduquer politiquement leurs militants.
Vingt-deux années après la restauration de la démocratie en République démocratique du Congo le 24 avril 1990, quelles leçons peut-on en tirer ? «La démocratie est univoque parce qu’elle est assujettie à la seule volonté du leader dans une nation où le peuple est politiquement analphabète» à cause d’un «manque de formation politique», relèvent des analystes politiques.
En effet, la fracture Mouvance présidentielle (MP)-Union sacrée de l’opposition radicale et alliés (USORAL) observée sous la IIè République s’identifie aujourd’hui dans celle de la Majorité présidentielle (MP)-Opposition politique. Sous la IIè République, les partis politiques s’étaient regroupés dans les années 1990 en deux plates-formes politiques liées respectivement au pouvoir (MP) et à l’Opposition (USORAL).
Autant la MP exécutait jadis au doigt et à l’œil les «instructions» de la «Hiérarchie», de même la MP est tenue aujourd’hui au «respect du mot d’ordre» de l’«Autorité morale». Sans rechigner.
Des «3 partis» de la «démocratie restaurée» - qu’étaient le Mouvement populaire de la révolution (MPR-Fait privé), le Front commun des nationalistes (FCN) et l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) - en 1990, la RDC a enregistré près de «400» partis politiques en fin de règne du maréchal Mobutu Sese Seko en 1997.
Et si 278 partis politiques étaient enregistrés officiellement en mars 2006 au ministère de l’Intérieur, leur nombre avoisine «400» en 2012.
Comme sous la IIè République, les députés de la majorité parlementaire ont la mauvaise réputation de «monnayer» leurs voix lors des votes des «lois stratégiques». Tant et si bien que, pour «punir» ceux de la législature 2006-2011, l’Autorité morale aurait «refusé» de financer leur campagne électorale d’avant les législatives du 28 novembre 2011.
Par ailleurs, les membres de la Majorité présidentielle (MP) vont prendre leurs instructions à Kingakati (Maluku) comme le faisaient ceux de la Mouvance présidentielle (MP) à la Cité du MPR (N’Sele), deux localités de communes voisines. Avec, selon les circonstances, de menaçants du genre «rappels à l’ordre».
Le «Djalelo» qui saluait jadis les «mérites» du MPR a cédé la place au «Vimba» qui vante la «puissance» du parti présidentiel. L’un et l’autre parti se rejoignent également dans leur détermination affichée de «défendre le chef et ses idées» contre les «infiltrés» et les «détracteurs». Fin 2010, le parti présidentiel avait déclaré à haute et très intelligible voix à Kisangani (Province Orientale) qu’il était «capable de faire gagner, seul, son candidat à l’élection présidentielle de 2011». A quoi les partis «alliés» avaient réagi vigoureusement, exigeant des «concertations».
De même, le lider maximo de l’opposition politique s’était vanté de «gagner seul» la présidentielle du 28 novembre 2011, rejetant dédaigneusement les appels au «dialogue» et aux «négociations» des autres partis politiques suspectés d’être de «faux opposants» ayant reçu du pouvoir la mission d’«infiltrer et d’affaiblir la véritable opposition politique».
A ce jour, on assiste dans les deux camps politiques à de violentes campagnes de «diabolisation» des «modérés» favorables au «dialogue» et à des «concertations» politiques en vue de détendre le climat politique actuellement vicié en RDC.
D’autre part, «rares sont les femmes qui ont créé des partis politiques en RDC», déplore-t-on.
Quant à la Société civile, sa politisation est telle qu’elle s’est scindée, depuis la Conférence nationale souveraine (1991-1992), en alliée soit du pouvoir, soit de l’opposition. «Elle a perdu son rôle d’arbitre», note un observateur. «Des députés élus de la Société civile en 2006 ont soit créé des partis politiques, soit adhéré à des formations politiques durant la législature qui vient de s’écouler», fait-il remarquer.
Un peuple «politiquement analphabète»
Aux termes de l’article 6 de la Constitution, «les partis politiques concourent à l’expression du suffrage, au renforcement de la conscience nationale et à l’éducation civique. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes moeurs. Les partis politiques sont tenus au respect des principes de démocratie pluraliste, d’unité et de souveraineté nationales».
Mais, dans les faits, il se constate que très peu de Congolais ont une formation politique. Cela s’est encore remarqué lors de la présidentielle et des législatives de novembre 2011 caractérisées par des votes conditionnés par des dons et considérations partisanes.
«Les Congolais sont, dans leur majorité, politiquement analphabètes. Très peu d’entre eux connaissent leurs droits et devoirs constitutionnels», déplorent des analystes politiques qui accusent les partis politiques de ne pas éduquer politiquement leurs militants.
Selon le révérend père Léon de Saint Moulin, éminent historien jésuite, «dans la mentalité des gens, la démocratie est en marche en République démocratique du Congo, elle est très avancée en milieu social, où elle a transformé les relations dans la vie des familles, dans les milieux académiques et professionnels parce que la population a besoin d’une promotion collective».
Quoique les Congolais soient «prêts à supporter les difficultés d’aujourd’hui s’ils ont des chefs qui leur faire espérer mieux pour l’avenir», il relève que «c’est en politique qu’elle est la moins avancée».
[Angelo Mobateli]
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