Nouveau Gouvernement : «KABILA» bloqué !

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image Etienne TSHISEKEDI et «Joseph KABILA» - Les deux Présidents élus en République démocratique du Congo

Près de quatre mois après les scrutins couplés du 28 novembre 2011, la présidentielle et les législatives, la RDC est toujours sans gouvernement. L'équipe de Koyagialo qui n'est qu'intermédiaire, ne fait qu'expédier les affaires courantes et ne doit traiter des dossiers qui engagent l'Etat. Cet état de chose a comme conséquence le quasi arrêt du fonctionnement du pays. Et pourtant il y a de fortes demandes populaires qui exigent des réponses immédiates. Il s'observent un attentisme dangereux pour la République et ses intérêts.

D'ailleurs dans son discours d'investiture du 20 décembre 2011 le président de la République Joseph Kabila avait pris l'engagement de faire du social le cheval de bataille de son second et dernier quinquennat. Cet engagement appelle des actions d'éclat à impact visible qui amènent tant soit peu la requalification des conditions de vie des Congolais dont la majeure partie vit en dessous du minimum vital.

Pour réussir cet engagement, Kabila doit disposer des hommes capables de transformer en réalité sa vision paradisiaque, lui qui rêve d'un Congo émergent. Sans la mise en place d'un gouvernement qui lui servirait de béquilles, le Rais ne peut rien faire. Et tant que le temps passe, c'est lui qui perd. Car le temps c'est de l'or dit un vieil adage.

Face à ce surplace, le commun des mortels ne cesse de s'interroger sur le bien fondé des élections organisées le 28 novembre. Kabila a été réélu et sa famille politique a confortablement obtenu la majorité à l'Assemblée nationale avec plus de 300 députés. Qu'est-ce qui le bloque pour aller de l'avant ? murmure-t-on dans les rues de Kinshasa. Si les uns ont approuvé sa décision de désigner un informateur pour identifier formellement la majorité parlementaire, les autres l'ont par contre jugée superflue étant donné que la majorité des députés élus étaient alignés par les partis membres de la Majorité présidentielle. Aucune raison, ont-ils allégué, ne justifie cette démarche. Selon eux, c'est tout simplement une perte de temps qui aurait dû être évitée.

Pour les radicaux, la position présidentielle conforte la thèse d'une mascarade électorale dont la CENI s'est rendue coupable. Conscient que les résultats électoraux ne reflètent pas la volonté populaire, Joseph Kabila ne veut pas se hâter de travailler avec une majorité factice, affirment ces radicaux. C'est ce qui explique son souci d'ouverture et de rassemblement de toutes les forces qui comptent dans le pays. Est-il que cette vision des choses crée des mécontents parmi les faucons de la " Kabilie " qui veulent savourer seuls la victoire de leur camp. Ils estiment qu'un père de famille responsable ne doit pas distribuer du pain aux enfants du voisin dès lors que les siens ne sont pas encore rassasiés à satiété. Kabila est appelé à tenir compte de ces " boudeurs ".

Tout comme il doit aussi jeter un regard intéressant vers ces politiciens qui se réclament de l'opposition et qui sont disposés à se joindre à lui pour la construction d'une nouvelle RDC. A ce propos, des voix s'élèvent de par et d'autre pur soutenir l'idée d'un gouvernement non d'union nationale, mais d'ouverture. Mais hélas, où se trouve la différence fondamentale à part ce jeu de mot ? Dans ce jeu politique de pêcher dans le camp de ses adversaires, Joseph Kabila n'est pas le premier à ouvrir le bal. La France, vieille démocratie exemplaire, en a vécu l'expérience avec un Nicolas Sarkozy qui ne s'est pas gêné de nommer à la tête d'un ministère aussi stratégique que celui des Affaires étrangères Bernard Kouchner, un cadre influent du Parti socialiste (PS). Le pays de Charles De Gaulle ne s'en était pas mal porté.

Par ailleurs, et ne nous voilons pas la face, il y a la donne extérieure dont Kabila doit tenir compte. La main qui donne est toujours plus longue que celle qui reçoit, dit-on. Dans ce processus de nomination des membres du gouvernement, surtout du Premier ministre, les bailleurs de fonds de la RDC sont aussi consultés. Sans doute leur position est-elle déterminante en dernière minute.

Toutes ces pesanteurs bloquent certainement Joseph Kabila. Mais il doit se déterminer et le plus tôt serait le mieux parce que l'attente se fait de plus en plus longue.

Attentisme dangereux pour la RDC

La formation du nouveau gouvernement est un des sujets le plus évoqués dans les milieux politiques de la RDC. Cela s'explique par le fait que depuis les élections couplées, présidentielle et législatives du 28 novembre, le pays est quasiment à l'arrêt. Au niveau des ministères, il n'y a plus de vie, ni d'initiatives de nature à s'inscrire dans la durée et d'ouvrir des perspectives. Le gouvernement dirigé par le premier ministre intérimaire Louis Alphonse Koyagialo, ne fait qu'expédier les affaires courantes et ne peut engager le pays. Et cette réalité est bien connue de nos partenaires techniques et financiers. Conséquence : il s'observe un attentisme dangereux pour la République et ses intérêts.

Par rapport au Programme Economique du Gouvernement (PEG II) en cours appuyé par la Facilité élargi de crédit (FEC) du Fonds Monétaire International (FMI), cet attentisme est dommageable. En son temps, vers août 2011, le gouverneur de la BCC interrogé sur l'évaluation de la quatrième revue, avait fait part de ses inquiétudes non par rapport à l'exécution, mais par rapport au contexte électoral du pays. Selon lui, l'exécution du Programme était satisfaisante pour la période relative, c'est-à-dire du 1er janvier au 30 juin 2011. Les principaux critères de réalisation quantitatifs avaient été respectés et les réformes prévues menées. Des contrats miniers susceptibles de poser problème pour cette revue ont depuis été publiés, avait confié dernièrement le coordonnateur du Comité technique de suivi de réformes.

Sur base des données techniques dont la RDC disposait, le numéro un de la BCC avait estimé que cette revue semestrielle devait être conclue de façon satisfaisante, avec à la clé le décaissement par la FMI d'une tranche supplémentaire de 80 millions de dollars US d'appui à la balance de paiement. Et cette sanction positive devait intervenir seulement au cas où le Conseil d'Administration du FMI traitait le dossier de la RDC au plus tard fin octobre 2011. Au-delà de cette échéance, il ne voyait pas le FMI aborder ce dossier en raison du contexte des élections en RDC.

Dans ce cas, le dossier de la RDC ne pourrait être traité qu'après les élections du 28 novembre 2011 et mieux après la mise en place de nouvelles institutions, l'Assemblée Nationale et le gouvernement issues des élections. Et le gouverneur de la BCC envisageait la mise en place de ces institutions, au-delà du premier trimestre 2012. Le décaissement de 80 millions USD attendu de la conclusion heureuse de cette revue devait être ainsi retardé. Et ce qui était craint est en train de se réaliser implacablement, avec tout ce que cela comporte comme désagrément et contrainte pour le pays, au niveau de l'appui à la balance de paiement.

Conformément à ses pratiques, le FMI doit attendre la mise en place des institutions issues des urnes et prendre langue avec elles, pour voir et s'assurer si les nouvelles autorités souhaitent continuer le programme. L'attente peut être longue pour la conclusion de la quatrième revue. Pour l'évaluation de la cinquième revue du programme, sur la période allant du 1er juillet au 31 décembre 2011, il faut toujours attendre, aussi pour la même raison que la quatrième revue. Dans la meilleure des hypothèses, au cas où les critères de réalisation quantitatifs ont été respectés et les réformes structurelles menées, le FMI ne pourra pas se pencher sur cette cinquième revue tant que les institutions issues des urnes ne sont pas toutes installées. Le décaissement éventuel de la tranche supplémentaire de 80 millions de dollars UD espérée reste un mirage. Entretemps, le programme tend vers sa sixième et dernière revue, sur le période allant du 1er au 30 juin 2012. En dépit de cette situation, l'on peut se féliciter que le gouvernement intérimaire exécute le PEG II et veille au respect des critères de réalisation quantitatifs et aux réformes structurelles à mettre en œuvre. Le gouvernement attendu devra, en principe, trouver un programme économique bien exécuté et sur les rails.

Dans les milieux politiques, il est rapporté que la désignation du formateur du gouvernement devait intervenir, en principe, après la mise en place du bureau définitif de l'Assemblée Nationale. Quand bien même l'informateur a déjà conclu sa mission et s'apprête à déposer son rapport au chef de l'Etat. Ce qui revient à dire que nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge. Et pour cause ? La désignation du formateur, les contacts de celui-ci avec les partis parties prenantes à la formation du gouvernement, la gestion des ambitions au sein de la coalition de circonstance des partis formée ou de la majorité et la formation de l'équipe gouvernementale, vont prendre un timing donné et non de moindre. Car il s'agit d'une des questions délicates et complexes.

Entre temps, le temps passe inexorablement. Les promesses faites pendant la campagne électorale tardent à être traduites dans le vécu quotidien. Le temps qui passe, semble perdu. Il l'est surtout pour Joseph Kabila, le président élu qui a prêté serment depuis le 20 décembre 2011. Depuis lors, il attend la mise en place des autres institutions. Mais, le compteur du quinquennat tourne déjà. Il n'est pas bon de perdre 4 ou 5 mois. L'on a déjà perdu 3 mois depuis le 20 décembre 2011. Après tout, la forte demande sociale exprimée clairement lors de la dernière campagne électorale tarde à trouver les premières réponses car le gouvernement censé gérer le pays au quotidien, fait cruellement défaut.

[Rombaut Ot., Didier Munsala Buakasa]


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Ngibi on 28/03/2012 17:49:28
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Il n y a qu'un seule president elu au congo son nom est Josephe Kabila Kabangue (JKK)
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