«Joseph KABILA» : Un chef d’Etat sans vision !

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image KABILA DEGAGE - Manif a Paris

Pendant que la population congolaise désespère de ne pouvoir satisfaire ses besoins vitaux (sécurité des personnes et des biens, emploi, eau, électricité, santé, éducation, mobilité etc.), le président "mal réélu", lui, semble n’avoir pas capté cinq sur cinq le vote-sanction exprimé le 28 novembre dernier. Il tient mordicus à son "péché mignon" qui consiste à privilégier les "infrastructures" en lieu et place de l’Homme. "Joseph" entend "poursuivre et accélérer la construction des infrastructures". Pour lui, "sans infrastructures efficaces, la lutte contre la pauvreté est vouée à l’échec". "Parallèlement au développement des infrastructures, le gouvernement se montrera particulièrement soucieux de la vie sociale du citoyen congolais". L’objectif, selon lui, serait de faire entrer le Congo-Kinshasa dans le petit cercle des "pays émergents".

Selon l’Agence congolaise de presse (ACP), l’Informateur Charles Mwando Nsimba entame ce lundi 19 mars des rencontres avec des représentants du MLC et de l’UDPS. L’ancien ministre de la Défense nationale a déjà pris langue avec une soixantaine de "partis et regroupements proches de la Majorité présidentielle". L’échange a porté "sur la taille, le programme et le profil des membres du futur gouvernement". Membre de la "Majorité présidentielle", l’Unafec Kyungu wa Kumwanza se dit favorable à "un gouvernement ouvert à toutes les tendances". Un avis balayé d’un revers de la main par l’Udeco Baudouin Banza Mukalay Sungu. Les analystes, eux, paraissent réservés à l’idée de voir des représentants des forces de l’opposition entrer dans le prochain exécutif national. Au motif qu’aucune réforme ne serait possible dans un "système kabiliste" devenu semblable à un "miroir déformant".

"Je travaillerai donc avec tous les compatriotes qui ont la passion du Congo". Ce bout de phrase romantique contenu dans l’allocution prononcée le 20 décembre dernier par "Joseph Kabila", lors de sa prestation de serment, est jugée, à tort ou à raison, comme une expression de la "volonté d’ouverture" aux forces de l’opposition. Nombreux seraient ainsi des opposants disposés à "dialoguer" avec l’informateur qui poursuit ses consultations.

Désigné il y a déjà une dizaine de jours, Charles Mwando Nsimba a déjà reçu les représentants des partis appartenant à la mouvance kabiliste. Outre le parti dominant le Pprd (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), il a rencontré les représentants du Msr (Mouvement Social pour le Renouveau) du conseiller spécial en matière de sécurité Pierre Lumbi Okongo, de la CCU (Convention des Congolais Unis) de Lambert Mende Omalanga, le Parti lumumbiste unifié (Palu) d’Antoine Gizenga. Mwando a reçu également les députés dits "indépendants" et des femmes députées nouvellement élues lesquelles ont signifié à l’Informateur leur décision de rejoindre la "Majorité présiderntielle". Présidentde la "Scode" (Solidarité congolaise pour le développement), Jean Claude Muyambo a été reçu également. 

«Il faut un gouvernement d’ouverture qui prête attention à toutes les tendances du pays». C’est la déclaration faite par le président sortant de l’Assemblée provinciale du Katanga, le très imprévisible Gabriel Kyungu wa Kumwanza. Président de l’Unafec (Union des nationalistes fédéralistes congolais), Kyungu - qui avait promis au président-candidat "Kabila" un score de 99% dans l’ex-Shaba - se dit "favorable à un gouvernement ouvert". Pour lui, le prochain exécutif national devrait "intégrer toutes les tendances politiques du pays". Il aurait confié sa pensée à Mwando. Kyungu qui s’est découvert une "vocation sociale" ne s’est pas arrêté là. Il aurait également souhaité voir le poste de Premier ministre occupé par un "rassembleur" qui formerait un gouvernement soucieux "de rencontrer toutes les préoccupations de la population". Prenant le contre-pied du président de l’Unafec, l’Udeco Banza Mukalay Sungu met un bémol : «Il n’est pas nécessaire d’avoir un gouvernement d’ouverture pour garantir la cohésion nationale».

"Miroir déformant"

Selon l’agenda de l’Informateur, Mwando entame, dès ce lundi 19 mars, des rencontres avec des représentants du MLC (Mouvement de Libération du Congo) de Jean-Pierre Bemba Gombo et de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Les chefs traditionnels seraient également attendus. Dans un communiqué "officieux" publié le 5 février dernier sous la signature du MLC Jean-Jacques Mbungani Mbanda, la formation politique chère au "Chairman" clamait haut et fort le refus de "toute alliance avec Joseph Kabila". L’auteur du communiqué tançait au passage "certains cadres" non-autrement identifiés présentés comme étant des "assoiffés de pouvoir". Qu’en pense l’UDPS? Ici, on reste ouvert au dialogue. Sauf que personne n’entend transiger que "Tshitshi est le président élu". 

Questions : les forces de l’opposition devraient-elles faire leur entrée dans un éventuel "gouvernement d’ouverture"? "Non !, commente notre chroniqueur Nkwa Ngolo Nzoso. Le système mis en place par "Joseph Kabila" est tellement mauvais que le meilleur expert serait incapable de donner le meilleur de lui-même. Ce système est assimilable à un miroir déformant dans la mesure où le chef de l’Etat se considère au-dessus des lois et en droit de se permettre n’importe quoi". Nkwa Ngolo d’ajouter : "L’expérience montre clairement que l’intérêt général n’a jamais été au centre des proccupations de l’homme qui trône à la tête du pays." Comme pour tempérer son opinion, notre interlocuteur de préciser que les forces de l’opposition ne peuvent accepter de "gouverner avec les kabilistes" que pour autant que les deux parties conviennent "au préalable" d’une sorte de "programme commun". Ce dernier avis est partagé par un analyste qui a requis l’anonymat. "Oui, l’opposition doit entrer au gouvernement parce que la situation politique paraît bloquée, enchaîne un autre analyste. Ma réponse serait négative si cette entrée dans l’exécutif se limiterait à jouer les faire-valoir face à un gouvernement parallèle installé à la Présidence de la République". Ancien secrétaire d’Etat à l’Information, Vincent Nzuzi Mulamba se dit "favorable" à la mise sur pied d’un "gouvernement d’union nationale". Pour lui, ce serait l’occasion pour l’opposition de faire de "l’entrisme" au sens troskyste du terme. "Il s’agit de miner de l’intérieur le système installé il y a quinze ans par l’AFDL", précise-t-il.

Un chef d’Etat "sans vision"

Entrer au gouvernement pour quoi faire? Toute la question est là! Dans son speech du 20 décembre dernier, "Joseph Kabila" a présenté son "programme politique". "Mon projet de société intitulé «La Révolution de la modernité», annonçait-il, vise à faire de la République démocratique du Congo, un pool d’intelligence et de savoir-faire, un vivier de la nouvelle citoyenneté et de la classe moyenne, un grenier agricole, une puissance énergétique et environnementale, une terre de paix et de mieux-être, une puissance régionale au cœur de l’Afrique, l’objectif ultime étant l’émergence de notre pays". Pendant que la population congolaise désespère de ne pouvoir satisfaire ses besoins vitaux (sécurité des personnes et des biens, emploi, eau, électricité, santé, éducation, mobilité etc.), le président "mal réélu", lui, semble n’avoir pas capté cinq sur cinq le vote-sanction exprimé le 28 novembre dernier. Il tient mordicus à son "péché mignon" qui consiste à privilégier les "infrastructures" en lieu et place de l’Homme. "Joseph" entend "poursuivre et accélérer la construction des infrastructures". Pour lui, "sans infrastructures efficaces, la lutte contre la pauvreté est vouée à l’échec". "Parallèlement au développement des infrastructures, le gouvernement se montrera particulièrement soucieux de la vie sociale du citoyen congolais". L’objectif, selon lui, serait de faire entrer le Congo-Kinshasa dans le petit cercle des "pays émergents".

Pendant que l’Informateur Mwando poursuit ses consultations, un économiste s’est dit "préoccupé" de voir le Congo démocratique fonctionner sans budget pour l’exercice 2012 en plein mois de mars. "Au-delà des dépenses et des ressources, dit-il, un budget est avant tout le reflet d’une vision. Une ambition nationale. Le fait que l’Etat congolais n’ait pas de budget au mois de mars finissant prouve que les autorités en place n’ont aucune ambition pour le pays. Elles dépensent l’argent public sans objectifs précis et sans couverture légale". Notre interlocuteur de conclure : "Les forces de l’opposition commettraient une grave erreur en acceptant la main tendue d’un pouvoir kabiliste aux abois. Un pouvoir dont l’incompétence a fini par réduire l’Etat congolais à fonctionner au jour le jour à l’image d’une échoppe...".

Baudouin Amba Wetshi


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david on 22/03/2012 23:47:51
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IL FINIRA COMME CET TERRORISTE FRANCO- ALGERIAN sans vision APRES AVOIR TUE IL SE CACHE DANS UN SALLE DE BAIN POUR CONSTRUIT QUOI. APRES AVOIR FAIT 10 ANS EN AFGHANISTAN ET PAKISTAN APPRENDRE A TUE UN PEUPLE DANS SON TERRITORY'Sans vision vous serai jetter avec un balle a la tete bon attendeur salut
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alora on 20/03/2012 18:27:47
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Tout dit, cher Nguvu!
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kobenan on 19/03/2012 17:03:51
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le pouvoir par le peuple. le peuple est responsable de celui qu'il élit. et l'élu doit savoir prendre en considérations les forces et faiblesses de sa population. un chef ne prend une décision autocrates. si une décision est prise, c'est qu'elle à été étudié avec soin. de ce fait, faire croire dictatorialement à une population et par l'opposition qu'une décision prise par un pouvoir actuel est inégale est une sorte de dictature visible que la population doit garder en mémoire car pourait s'en servir demain pour juger en cas de douleur Etatique.
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Nguvu on 19/03/2012 15:37:29
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De un, il n'est pas chef d'Etat; de deux, il n'a jamais eu de visions et n'en aura jamais.
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Nestor on 20/03/2012 11:37:00
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Bien dit Frère Nguvu !
Chef de quel Etat ??? Chef du NON ETAT correspond à un chef de gang. La R.D.C vient d'être épinglée une fois de plus sur la précarité alimentaire.
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Leandre on 19/03/2012 12:42:24
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Comme je l’ai toujours souligné ; pour un problème de gestion, il y a toujours plusieurs solutions possibles. Mais parmi ces solutions possibles, une, peut être acceptable. Comme Joseph KABILA est aujourd’hui président de la République, posons que sa solution est acceptable. C'est-à-dire, une solution à partir de laquelle les autres présidents apporteront, sans doute, des améliorations.
Ici c’est question de l’amour, aimez-vous aussi ce Monsieur qui vit au fin fond du pays ? si c’est oui, il faut trouver le moye d’aller lui rendre visite, mais comment, la route. Que les enfants de ce Monsieur étudient aussi dans les conditions acceptables, que ce Monsieur et ses enfants reçoivent des soins quand même.
Aussi je ne suis pas d’accord avec Monsieur l’économiste, car il connait bien que les comptes de la régularisation existent pour des opérations réalisées en avance. Il semble dire qu’il n’y a que les ministres qui gèrent l’argent de l’Etat. Mais le système doit être telle que ça puisse aller de soi juste avec les secrétaires généraux, les ADG et la Banque centrale ; de sorte qu’à l’élaboration de budget 2012 qu’on tienne compte des toutes ses dépenses et recettes faites maintenant. Sinon la Belgique devrait s’arrêter avec une année sans gouvernement. Vous savez, il doit être moyennement connu les dépenses et les recettes mensuelles pour tous les secteurs de la vie nationale. Si un ministre intérimaire va au delà que prévu, les députés peuvent l’interpeler lors du vote du budget et lui proposer des sanctions s’il en faut.
L’Opposition n’est pas obligée d’entrer dans le Gouvernement ; mais elle doit dialoguer avec le Gouvernement pour des questions vitales. Sauf que préparer les élections de 2016, c’est aussi avoir un peu de moyens. Un opposant dans un gouvernement, ne signifie pas qu’il est corrompu, mais autrement qu’il peut y être stratégiquement pour préparer les échéances prochaines.
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