RDC : «KABILA» profane la mémoire de LUMUMBA et de M'Zée KABILA

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image Patrice lumumba et Laurent-desire Kabila

16 janvier, 17 janvier ; deux dates inscrites en bonne place dans l’histoire de notre pays. Que dire en ces jours de ces deux anniversaires, en cette période caractérisée par l’organisation des élections 2011, lesquelles soulèvent autant de tempête de passions susceptible d’emporter tout l’édifice ? Tout se passe comme s’il on était en train de profaner leur mémoire. Crime de lèse majesté.

16 janvier, 17 janvier ; deux dates inscrites en bonne place dans l’histoire de notre pays. La première marque l’assassinat de Laurent–Désiré Kabila, troisième président de la République démocratique du Congo, et la seconde, celle de Patrice-Eméry Lumumba, premier des Premiers ministres de la RDC. Si le premier est décédé en 2001, le second a été assassiné en 1961. Trente ans séparent les deux morts.

Peu importe. Ce qui touche et rapproche les deux morts, c’est autant leur personnalité politique, leur parcours et leur destin. Issus pratiquement de la même école, celle des «progressistes», des «révolutionnaires» et des «nationalistes», ils ont défendu les mêmes idéaux politiques avant de connaître le même sort.

Au moment où le peuple congolais se reporte sur son passé en plein processus électoral 2011, le souvenir de ces deux personnalités est plus que vivace. Deux personnalités, mais surtout deux héros pour avoir résisté à toutes les pressions ; deux martyrs, morts pour la patrie, leur idéal politique, et enfin deux visionnaires pour avoir souligné le rôle prépondérant de ce pays au cœur de l’Afrique.

Lumumba et Kabila ont plaidé pour une indépendance totale de la République démocratique du Congo, tant sur le plan politique qu’économique dans la perspective d’un meilleur devenir social. Ils se sont longtemps appesantis sur une république des valeurs, dirigée par des Congolais pour des Congolais. Voilà qui explique le sens à donner à leur idéologie du «nationalisme», à la prise en charge de la RDC par des Congolais eux-mêmes, aiguisant ainsi le sens de responsabilité et les sacrifices à consentir par l’oubli de soi pour donner le meilleur de lui-même, jusqu’au sacrifice suprême en vue de l’intérêt supérieur.

Pragmatiques, visionnaires, ils ont, dès le départ, souligné que la légitimité de tout pouvoir repose entre les mains du peuple, souverain primaire. Si Lumumba s’est appuyé sur le «Mouvement national congolais, MNC», Laurent-Désiré Kabila a amélioré le style avec les «Comités du pouvoir populaire, CPP». Mieux encore, ces deux illustres personnalités ont mis en garde le peuple congolais contre le danger qui menace la RDC. Il s’agit de la balkanisation, un vieux complot dénoncé déjà par le Premier ministre Lumumba aux lendemains de l’accession de notre pays à l’indépendance. Laurent-Désiré Kabila y est allé dans le même élan par ce slogan largement significatif : «ne jamais trahir».

Que dire en ces jours de ces deux anniversaires, en cette période caractérisée par l’organisation des élections 2011, lesquelles soulèvent autant de tempête de passions susceptible d’emporter tout l’édifice ? Tout se passe comme s’il on était en train de profaner leur mémoire. Crime de lèse majesté.

Deux héros, deux martyrs, deux visionnaires

17 janvier 1961, Patrice-Emery Lumumba, mourait, assassiné à Lubumbashi. 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila connaissait le même sort à Kinshasa. Trente ans séparent, à la date de ces deux anniversaires, la mort décès deux illustres personnalités, désormais entrées dans l’histoire de ce pays. Moment important d’une introspection pour l’avenir de la République démocratique du Congo.

Si le Premier ministre Patrice-Emery Lumumuba avait quitté furtivement sa résidence du boulevard du 30 Juin pour échapper à un complot ourdi contre lui, il sera vite rattrapé dans le Kasaï, près de la rivière Sankuru. Arrêté, il sera transféré à Lubumbashi après avoir été emprisonné à Mbanza-Ngungu, dans le Bas-Congo. Et le 17 janvier 1961, à quelques mètres de l’aéroport de Luano, à Lubumbashi, il sera exécuté, son corps, ainsi que celui de ces deux compagnons d’infortune, Mpolo et Okito, ne seront jamais retrouvés.

Trente plus tard, Laurent-Désiré Kabila, troisième président de la RD Congo, connaîtra le même sort. Abattu en sa résidence par les ennemis de la République, il venait à peine de commencer son mandat après avoir mis fin à la dictature de Mobutu. C’était le 16 janvier 2001.

Aussi, les 16 et 17 janvier 2012, le peuple congolais commémore la mémoire de ces illustres personnalités. A deux reprises donc, l’histoire de ce pays a connu des moments tragiques. Des instants qui ont certainement marqué son cours et qui ont peut-être tout changé. Il s’agit de deux anniversaires qui interviennent à un moment crucial de la RDC, émaillé présentement par le déroulement d’un processus électoral qui soulève autant de passions et commentaires. Que serait-il arrivé si Lumumba et Kabila vivaient encore ? Qu’a-t-on épuisé de leur héritage pour que l’on traverse cette période sans trop de casses afin de bâtir un pays plus beau qu’avant ? Interrogations pertinentes.

Deux héros

En attendant des réponses à ces interrogations, il est important de retenir que Lumumba et Kabila ont ce mérite d’avoir œuvré pour l’émancipation de ce pays, son auto-détermination afin qu’il accède à son indépendance, à sa souveraineté nationale. L’histoire nous renseigne que Lumumba faisait partie de cette élite avant-gardiste africaine qui plaidait pour les indépendances africaines. Quoi de plus normal qu’il soit dans les première loges à l’accession de la RDC à l’indépendance. C’est dans ces circonstances qu’il a été nommé Premier ministre du premier gouvernement de ce pays, à la tête d’un grand parti, le Mouvement national congolais, MNC.

Mais l’indépendance, il faut savoir la garder face à des convoitises qui caractérisaient cette époque de la Guerre froide. Ainsi, Lumumba sera soumis à de fortes pressions. Il a résisté contre vents et marées jusqu’à ce que les ennemis de la RDC aient eu raison, de la manière la plus ignoble, en l’assassinat le 17 janvier 1961, à Lubumbashi.

Cependant, Lumumba mort, Lumumba était toujours plus fort, vivant dans la mémoire des Congolais. Ainsi, Laurent-Désiré Kabila s’y est aligné pour reprendre le flambeau des «nationalistes» Après plusieurs années de maquis, il réussit à refaire le parcours jusqu’à mettre un terme à la dictature de Mobutu. C’était sans compter avec les ennemis de tous les jours de la RDC. S’il et vrai que la Guerre froide avait pris fin, les méthodes n’avaient pas changé et les ennemis étaient toujours les mêmes. Un jour du 16 janvier 2001, Kabila subissait le même sort que Lumumba. Ce soldat du peuple mourait, lui aussi assassiné. Deux héros dignes de l’estime du peuple congolais.

Deux martyrs

Cela va de soi. Lumumba et Kabila ont lutté pour l’émancipation du peuple congolais, sa liberté. Ils ont souffert pour ces causes nobles, refusé de s’aliéner et de trahir. En dignes fils de ce pays, ils ont consenti des sacrifices énormes, jusqu’à celui du sacrifice suprême, en donnant ce qu’ils avaient de plus cher : la vie.

Il est important qu’en cette période cruciale du processus électoral, de deux jours d’anniversaire, d’avoir une pensée pieuse et politique à l’endroit de ces illustres personnalités. Ils ont allongé, il y a de cela trente ans, la liste des Martyrs de l’indépendance.

Deux visionnaires

Mais le mérite de Lumumba et de Kabila est d’avoir su lire les signes des temps, précéder les événements.

Deux indécrottables défenseurs de la liberté

L’un et l’autre font partie de la lignée d’éminents défenseurs de la liberté. Patrice Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila l’ont été tous les deux et ils ont légué à la postérité un fabuleux héritage pendant que le pays cherche à imprimer ses marques à une nation qui se recherche au travers d’une difficile pratique démocratique.

Deux grands événements marquent, en effet, la date du 16 janvier et celle du 17 janvier. La première est dédiée à Laurent-Désiré Kabila mort le 16 janvier 2001, tandis que la seconde nous rappelle l’assassinat, il y a cinquante et une années, de Patrice Lumumba.

Considérés à juste titre comme des héros, non seulement pour la RDC, mais aussi pour l’Afrique, Laurent-Désiré Kabila tout comme son devancier, Patrice Emery Lumumba, sont restés des indécrottables défenseurs de la liberté.

Aujourd’hui, les idées-forces qu’ils ont défendues, becs et ongles, pour que les Congolais vivent dans un monde marqué du sceau de la liberté, sont perçues, avec raison, comme un véritable hymne à un idéal qui doit constituer l’essentiel de notre combat. Comment ne pas faire de ces deux personnages un modèle et pour aujourd’hui et pour les générations futures surtout quand on sait que le Congo a besoin de modèle, d’archétype en vue de pérenniser l’œuvre qu’ils ont eu le mérite d’avoir placée sur orbite ?

Cela prend encore beaucoup plus de relief en ce moment où le pays s’est engagé dans un processus de réaffirmation de cette liberté et de cette indépendance qui s’avèrent être des instants d’une implacable conquête qui ne vous laisse pas un quelconque temps de répit ou de distraction.

DE NOUVEAUX ESPACES

La liberté, voilà un challenge qui doit préoccuper les Congolais au plus haut point. Dans tous les cas, autant que les autres membres de la communauté mondiale.

Aujourd’hui, on sait que l’équation démocratique triture les méninges des Congolais, avec à l’affiche des échéances électorales qui ont connu de fortunes diverses. L’occasion de la commémoration de la mort de Patrice Lumumba et de Laurent-Désiré Kabila doit être mise à profit pour conquérir de nouveaux espaces de liberté en faveur des populations congolaises qui aspirent à la paix, à la sécurité et au bien-être, si pas au mieux-être.

Quoi qu’il en soit, le monde vit, dans tous les domaines, une période-charnière caractérisée par de profondes mutations, porteuses, dans tous les cas, d’une formidable dynamique faite à la fois de progrès et de menaces. Ce monde en gestation, on en convient, donne naissance à de nouveaux atouts et à de nouveaux enjeux où la quête de la liberté devra occuper une place de choix dans un pays comme le nôtre où cela est plus qu’une urgence. Surtout que se fait jour de nouvelles manières de voir et de penser, lesquelles semblent vouloir structurer durablement la vie de nos sociétés.

REGARDS TOURNES

Certaines idées, qu’il s’agisse notamment des droits de l’homme, de la liberté, du développement et bien d’autres challenges, s’affirment chaque jour davantage et transforment l’ordre mondial qui s’instaure à partir de tant de perspectives.

C’est avec des regards résolument tournés vers l’avenir que les Congolais doivent négocier cette nouvelle étape d’un parcours qui s’annonce extrêmement difficile. Et quand on sait que les enjeux sont à la taille des défis qui les attendent sur leur chemin, il y a de quoi ne pas pavoiser.

La liberté ne se donne pas comme sur un plateau d’argent. Bien au contraire, elle s’arrache. Raison de plus pour les Congolais de bien s’armer pour continuer à glaner de nouveaux points sur un terrain où les embûches et les embuscades ne cessent de « pleuvoir » là où les cadeaux n’ont jamais été de mise. Quoi de plus normal que les Congolais fassent autant, si pas plus, que ce qui a été fait hier par nos héros nationaux, en l’occurrence Patrice-Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila. Quoi donc d’anormal que de ne pas se souvenir de ces deux martyrs !

Deux leaders, deux visions de la démocratie

Bien que se réclamant de P.E. Lumumba, L.D. Kabila avait une vision plutôt restrictive de la démocratie. Contrairement à son mentor.

Comment pourrait-on apprécier, aujourd’hui avec du recul, la vision du maître et du disciple en ce qui concerne leur engagement individuel à la démocratie ? Bel exercice d’observation et d’analyse, mais combien délicat.

La meilleure manière de parvenir à une évaluation non partisane, dénuée de passion ou d’a priori, est d’interroger les origines politiques de P.E. Lumumba et de L.D. Kabila.

Il conviendrait de scruter le contexte de leur accession au pouvoir ainsi que l’exercice de celui-ci. Ces données, nous l’espérons, sont à même de fixer les idées des générations présentes et futures sur le degré d’engagement de l’un et de l’autre par rapport à la démocratie.

Le premier, Lumumba, est né au Kasaï. Il s’est professionnellement épanoui en Province Orientale. Peu avant l’indépendance du pays, en 1960, il a politiquement conquis Léopoldville, l’actuelle Kinshasa. Son passage à Accra, au sacre de Kwamé Nkrumah, a aiguisé en lui les sentiments de patriotisme, de nationalisme, de panafricanisme, d’anticolonialisme.

Porté par un parti majoritaire, le Mouvement national congolais (MNC), il a su séduire beaucoup d’élites du Congo et d’ailleurs. Le système politique mis en place par la Loi fondamentale - inspirée par la Belgique – a consolidé en lui le sens d’une démocratie au sens occidental du terme.

Au cours de son éphémère règne, de juin à septembre 1960, il s’est soumis aux règles élémentaires de la démocratie. Et ce, malgré les vicissitudes, dont l’apparition soudaine des forces centrifuges sur le territoire national.

Que retenir 51 ans après la disparition de Lumumba ? Honnêtement, tout analyste objectif ne peut que souligner l’ancrage, bien que trop court dans le temps, du premier Premier ministre dans le moule de la démocratie occidentale. Peut-être parce que l’époque n’offrait pas d’alternative.

MULTIPARTISME CONTRE PARTI UNIQUE

Arrive L.D. Kabila en 1997. Se réclamant disciple de Lumumba, M’Zée aura connu une longue traversée du désert, de 1961 (année de l’assassinat de Lumumba au Katanga) à ce retour triomphal. Sans expérience avérée de la gestion des affaires publiques, le «rebelle» - comme il aimait s’appeler alors qu’il était le chef d’Etat – a mûri son tempérament dans les maquis de l’Est, aux confins de la RDC et la Tanzanie. Après deux tentatives armées de provoquer une «révolution populaire » à partir du Katanga, sa province d’origine, il se retire dans les montagnes de Fizi-Baraka. Et se livre à de petits boulots pour la survie.

Vers fin 1996, sonne pour lui l’heure de revanche sur Mobutu, l’homme qui avait exécuté l’ordre impérialiste de neutraliser définitivement Lumumba.

Une fois au pouvoir, un certain 17 mai 1997, M’Zée décrète la fin du multipartisme à peine âgé de 7 ans. Dans la foulée, il annonce l’institutionnalisation du parti unique, l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo). Les déboires avec ses alliés rwandais et ougandais, qui l’ont aidé dans la prise du pouvoir, sont à la base de la suppression de l’AFDL, « conglomérat des aventuriers », selon sa belle expression.

La fin de l’AFDL en 1998 ne promet pas un changement de cap dans la vision démocratique du M’Zée. Il la remplace, en effet, par les CPP (Comités du pouvoir populaire). S’inspirant du modèle chinois ou nord-coréen, le chef des CPP « nomme » discrétionnairement « ses députés et sénateurs », comme on le fait pour des fonctionnaires. Désormais, tout pouvoir émane de lui. Une parfaite négation des principes de la démocratie. Au fond, L.D. Kabila a de la démocratie une vision réductrice, restrictive. Il s’arroge les droits du souverain primaire, et prétend administrer au nom et pour compte de celui-ci. Cette parodie de démocratie ne survivra pas à son brutal assassinat, survenu le 16 janvier 2001. La suite, on la connaît : c’est le retour aux fondamentaux de la démocratie universelle, caractérisés par les scrutins voulus ouverts, libres et transparents.

Pour conclure, ce petit survol du parcours de P.E. Lumumba et L.D. Kabila prouve que les deux leaders ont indiscutablement eu, dans la pratique, deux visions antagonistes de la démocratie.

L’héritage social des héros est mal géré

Le peuple congolais ne se retrouve pas dans l’héritage social qui lui a été légué par Patrice-Emery Lumumba, Premier ministre du premier gouvernement de la République démocratique du Congo, et Laurent-Désiré Kabila, successeur de Mobutu Sese Seko qu’il a chassé de la magistrature suprême du pays le 17 mai 1997.

Dans son discours «surprise» à la cérémonie de proclamation officielle de l’indépendance du Congo-Belge le 30 juin 1960, le Premier ministre Lumumba avait déclaré que ce moment consacrait «une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force».

Et s’il n’avait pas eu le temps d’exécuter son programme gouvernemental pour avoir été neutralisé en septembre 1960 par le colonel Joseph-Désiré Mobutu, l’histoire retient de lui sa détermination de mettre un terme définitif au «travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers».

Puis vint, trente-sept (37) années plus tard, le président Laurent-Désiré Kabila avec sa «révolution (qui) a pour objectif final la libération des paysans de la misère et de la déconsidération». Son plan triennal visait une «reconstruction du tissu économique du pays inspirée par les principes d’autosuffisance alimentaire et d’auto-prise en charge pour amener le peuple congolais à créer lui-même sa richesse».

Durant son bref mandat (17 mai 1997-16 janvier 2001), il créa des «cités agricoles» sur la base des principes de l’autosuffisance alimentaire et de «ne compter que sur ses propres efforts». Et pour réaliser sa politique d’autosuffisance alimentaire, il mit en place en 1998 le Service national (SN) placé sous la direction du général Denis Kalume Numbi.

En fait, le Service national était chargé d’assurer l’encadrement des «bâtisseurs» recrutés sur l’ensemble du territoire national et regroupés dans les centres de production agricole ouverts à Kanyama Kasese (Katanga) et dans «au minimum un centre dans les provinces non encore occupées par les mouvements rebelles». Il avait la mission de «garantir l’indépendance alimentaire de la RDC et de faire sortir le pays du recours aux importations des produits alimentaires de base».

En effet, le gouvernement congolais devait faire face à une grave insécurité alimentaire faisant de la RDC «le pays qui a connu la plus grande augmentation de la proportion des sous-nourris sur la période 1990-92 à 1997-99, (avec) à peu près 70% des personnes sont mal nourries», selon un rapport de la FAO.

«Jusqu’avant l’agression ougando-rwando-burundaise (août 1998, ndlr), il y a lieu de relever au plan socio-économique la stabilisation de la monnaie, du taux de change, des prix des produits manufacturés, des denrées alimentaires et du carburant ; la réhabilitation de certaines routes dans la capitale et à l’intérieur du pays ; la réforme mettant en circulation le Franc congolais permettant ainsi d’uniformiser les nombreuses zones monétaires ; la stabilité des prix de transport en taxi, taxi-bus, fula-fula, kimalu-malu...», note le chercheur Lobho Lwa Djugudjugu.

Par ailleurs, la création des «cantines populaires» - approvisionnées par les pouvoirs publics et qui vendaient à un prix relativement bas les denrées alimentaires - répondait à la «nécessité d’éliminer les intermédiaires et autres spéculateurs à l’origine de la flambée des prix».

Enfin, le souci d’améliorer les conditions sociales dans l’administration publique justifia la signature en 1999 du barème salarial de Mbudi entre le gouvernement et les syndicats. Réactivé et renégocié en 2004 sous la transition politique (2003-2006) en fixant à 208 USD le salaire de l’huissier et à 2080 USD celui du secrétaire général, ce barème bute sur une application progressive (par paliers) mal gérée.

«Aujourd’hui, avec 39 USD payés au fonctionnaire du bas de l’échelon et 1033 USD au plus au gradé, on est très loin du compte», se plaignent les syndicats, pendant que le gouvernement se défend en affirmant que «les recettes de l’Etat sont maigres et ne peuvent couvrir les 42 milliards de FC (56 millions de dollars) de la masse salariale».

Quant aux cent dollars américains (100 USD) de solde mensuelle payés aux policiers et soldats sous M’Zee Kabila, c’est une autre «longue histoire». A ce jour, les Congolais n’ont toujours «pas de pouvoir d’achat», reconnaissent les officiels.

[Par Freddy Monsa Iyaka Duku, Angelo Mobateli, Ben clet kankonde dambu, Le Potentiel]


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lezzy on 14/01/2012 16:17:21
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Le congolais , malheureusement , est caractérisé par une médiocrité intellectuelle qui défit l' intelligence ,dommage
pour notre congo rdc
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CAB on 14/01/2012 07:29:09
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L.D. Kabila n'est pas P.E. LUMUMBA.Aucun membre de la Famille de LUMUMBA n'était au top du pouvoir,on voyait jamais Louis 24h sur 24 en compagnie de son Frère.LUMUMBA n'a pas laissé des paquets de diamants et des comptes à l'étranger.LUMUMBA n'a pas introduit des milliers de ruandais dans son Pays pour leur confier l'armée,la sureté,les affaires étrangères.LuMUMBA n'a pas été remplacé par François Lumumba...
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