RDC : Etienne TSHISEKEDI, l'incontournable

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image UDPS - Les partisans d'Etienne TSHISEKEDI

Etienne Tshisekedi reste le seul homme politique le plus populaire de la RDC. Cette popularité, due à son opposition aux régimes successifs du Maréchal Mobutu, de Laurent-Désiré Kabila et de Joseph Kabila, fait de lui un homme incontournable dans la résolution de la crise politique en République démocratique du Congo (RDC).

A 83 ans, l’homme reste attaché à la mère-patrie, le Congo, qu’il tient à libérer et dont il défend avec acharnement l’unité, selon Dieudonné Ilunga Mpunga dans son ouvrage « Etienne Tshisekedi, le sens d’un combat ». Opposant charismatique, Etienne Tshisekedi va-t-il laisser le Congo sombrer dans le chaos?

Etienne Tshisekedi reste un homme exceptionnel dans l’histoire de la République démocratique du Congo. Il est l’un des Congolais patriotes qui restent convaincus que le pouvoir politique émane du peuple. D’où le slogan : « Le peuple d’abord ».

Egal à lui-même

Politicien expérimenté, Etienne Tshisekedi a négocié avec tous les chefs d’Etat qui se sont succédé au pouvoir à Kinshasa pour trouver des solutions à la crise politique qui secoue la RDC depuis des décennies.

L’homme connaît que le problème essentiel du Congo reste la convoitise des multinationales occidentales et des puissances étrangères pour faire mains basses sur les richesses du Congo. Ce qui explique son opposition aux sollicitations étrangères pour accéder au pouvoir.

Deux faits attestent cette assertion. Le premier se rapporte à la guerre de l’Alliance des forces démocratiques de libération du Congo (Afdl).

En effet, à trois jours de l’entrée de l’Afdl à Kinshasa, le 17 mai 1997, Etienne Tshisekedi a été sollicité par certains lobbies et les puissances occidentales pour prendre le pouvoir avec le soutien des militaires français, américains et belges stationnées au Congo-Brazzaville.

Resté égal à lui-même, l’homme rejeta l’offre. Le deuxième fait tient à la dernière élection présidentielle de 2011. En effet, avant la campagne électorale, certains lobbies occidentaux sont partis en Afrique du Sud où il résidait pour lui proposer de prendre la tête de l’opposition congolaise contre le président Joseph Kabila en mettant des moyens financiers conséquents.

Une fois encore, l’homme rejeta la proposition. Raison : il ne peut pas se mettre aux côtés des mobutistes qu’il a combattus toute sa vie politique.

Si les sollicitations étrangères sont fréquentes en temps de crise politique aiguë, Etienne Tshisekedi ne se laisse entraîner par n’importe quel acteur de l’opposition politique congolaise. Il se démarque toujours de toute opposition inféodée à la finance internationale.

L’homme n’a de lobby ni à Washington, ni à Paris, encore moins à Bruxelles. Il est resté la bête noire des milieux financiers occidentaux qui lorgnent sur les richesses du Congo.

Dialogue de dernière chance

Depuis les tractations sur la tenue de dialogue politique inclusif, Etienne Tshisekedi reste le seul opposant politique ayant levé l’option du dialogue politique pour régler la crise issue des élections présidentielles de 2011. Il avait posé ses conditions avant d’aller aux élections présidentielles et législatives de 2016.

De son côté, le président Kabila a fait des propositions pour avoir des élections apaisées en 2016 tirant les leçons des élections organisées en 2006 et en 2011. L’Eglise catholique a exhorté les acteurs politiques à dialoguer pour que les élections se passent dans des conditions apaisées.

Entre la position du président Kabila et celle d’Etienne Tshisekedi se dressent d’autres leaders politiques de l’opposition pour la plupart ayant quitté la Majorité présidentielle (famille politique du président Kabila) qui s’opposent à la tenue du dialogue politique et réclament la tenue des élections présidentielles et législatives avant la fin du mandat constitutionnel de l’actuel chef de l’Etat, avant décembre 2016.

Pour cette partie de l’opposition politique, aller au dialogue équivaudrait à accorder un troisième mandat au président Kabila.

Ici, l’enjeu n’est ni les élections, ni le mandat du président Kabila. Il s’agit de la survie de la Nation congolaise dans un monde en mutations. Au lieu de céder aux bruits de sirènes de la nouvelle opposition politique, le leader de l’UDPS ferait mieux de privilégier les intérêts supérieurs de la nation.

Vu le poids d’Etienne Tshisekedi et son parti UDPS dans l’opinion congolaise, sa participation au dialogue national évitera le chaos en RDC.

A cet égard, le communiqué conjoint soulignant l’importance du dialogue politique (Nations unies, Union européenne, Union africaine et l’Organisation internationale de la Francophonie) devrait faire réfléchir Etienne Tshisekedi et l’UDPS.

En tout état de cause, Etienne Tshisekedi laissera un nom dans les annales si la RDC reste uni. Et son combat politique aurait servi à quelque chose. Si, par ironie du sort, la RDC sombre dans le chaos et implose, Etienne Tshisekedi et son UDPS seront jetés dans la poubelle de l’Histoire. Il faut savoir lire les signes des temps, tirer les leçons de l’histoire et se placer du côté du peuple.

[Freddy Mulumba]


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