Dialogue : TSHISEKEDI et KAMERHE se regardent en chiens de faïence

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image Vital KAMERHE LWA KANYINGINGYI et Etienne TSHISEKEDI

Si la majorité y va avec une certaine sérénité, ça tangue du côté de l’opposition. Déjà, deux des plus grands leaders de cette famille, en l’occurrence Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe, se regardent en chiens de faïence. La guerre froide qui a toujours existé entre les deux partis a failli monter d’un cran il y a quelques jours lorsque, répondant à Vital Kamerhe qui avait semblé regretter la participation de l’UDPS au dialogue en arguant que ce parti était assez mature pour savoir ce qu’elle faisait, le Secrétaire général de l’UDPS, Bruno Mavungu Puati avait demandé à l’ancien speaker de l’Assemblée nationale d’expliquer d’abord pourquoi il avait quitté celui qu’il avait choisi. Ce faisant, Bruno Mavungu faisait référence à l’ouvrage écrit il y a plusieurs années de cela par Kamerhe, et qui s’intitule  » Pourquoi j’ai choisi Joseph Kabila « . Ce titre pèse lourdement aujourd’hui contre son auteur que certains opposants, comme Olengankoy, ne veulent pas du tout accepter comme opposant du fait d’  » avoir choisi Kabila «.

A l’approche de la tenue du dialogue national, et comme cela se passe toujours dans ce pays en pareilles circonstances, des alliances, dont certaines seront totalement contrenature vont se former, et d’autres, qui existent déjà, vont se défaire.

Si la majorité y va avec une certaine sérénité, ça tangue du côté de l’opposition. Déjà, deux des plus grands leaders de cette famille, en l’occurrence Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe, se regardent en chiens de faïence.

Au fait, cela n’est nullement une surprise pour les observateurs de la vie politique de la RDC. En 2011 déjà, lorsque l’opposition cogitait sur une candidature unique, seule chance pour elle de parvenir à une alternance, le sphinx de Limete avait superbement craché sur cette démarche en prétextant qu’il  » n’avait pas lutté pendant 30 ans pour céder sa place à quelqu’un d’autre « . Et la messe était dite.

Les deux partis, UDPS et UNC, ont des positions diamétralement opposées quant au dialogue voulu par le Président de la République. Si, après quelques tergiversations, apparemment destinées à s’octroyer une certaine ascendance, l’UDPS s’est finalement prononcé pour ce dialogue, l’UNC a persisté dans son refus d’y participer, respectant en cela le mot d’ordre de l’opposition.

La guerre froide qui a toujours existé entre les deux partis a failli monter d’un cran il y a quelques jours lorsque, répondant à Vital Kamerhe qui avait semblé regretter la participation de l’UDPS au dialogue en arguant que ce parti était assez mature pour savoir ce qu’elle faisait, le Secrétaire général de l’UDPS, Bruno Mavungu Puati avait demandé à l’ancien speaker de l’Assemblée nationale d’expliquer d’abord pourquoi il avait quitté celui qu’il avait choisi.

Ce faisant, Bruno Mavungu faisait référence à l’ouvrage écrit il y a plusieurs années de cela par Kamerhe, et qui s’intitule  » Pourquoi j’ai choisi Joseph Kabila « . Ce titre pèse lourdement aujourd’hui contre son auteur que certains opposants, comme Olengankoy, ne veulent pas du tout accepter comme opposant du fait d’  » avoir choisi Kabila «.

Le leader de l’UNC, qui semble éviter ce débat, pourrait aussi leur rétorquer que Tshisekedi avait longtemps été dans le pré-carré du Président Mobutu, jouant un grand rôle dans son enracinement à la tête du pays, avant de lui tourner le dos en devenant son plus farouche opposant, sans qu’on ait à le lui reprocher.

Il pourrait également leur brandir l’exemple de Macky Sall, l’actuel Chef de l’Etat sénégalais, qui fut longtemps l’homme de confiance d’Abdoulaye Wade, alors Président du Sénégal, avant d’en devenir un irréductible opposant.

N’importe comment, la majorité présidentielle doit se frotter les mains en observant de loin cette guéguerre qui fragilise l’opposition et conduit vers l’annihilation de toutes les chances de cette dernière famille de gagner la prochaine présidentielle. Car, à moins d’un miracle, l’opposition n’aura aucune chance de remporter la présidentielle si elle s’y présente en ordre dispersé.

On ne sait toujours pas qui de l’opposition prendra part au dialogue, et encore moins de quelle opposition il sera question. Les nouveaux opposants, membres du G7, ont tous signifié, de manière catégorique, leur refus de participer à ce forum.

Les fissures sont nombreuses dans l’opposition. Elle vient d’ailleurs de produire une nouvelle plateforme, pittoresquement appelée  » opposition citoyenne « , que pilotent Steve Mbikayi, du Parti travailliste, et Bitakwira, transfuge de l’UNC.

Cette nouvelle plateforme, tout en continuant de se déclarer de l’opposition, marche pourtant désormais à l’encontre des directives de l’opposition. Loin de s’arrêter à courir vers les installations qui vont accueillir le dialogue, et qui n’est pas encore déterminée, elle semble même battre campagne pour une participation maximale.

Les fissures de l’opposition sont un très mauvais signe pour l’opposition en prévision des prochains scrutins, et principalement la présidentielle. Et comme le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres, la majorité présidentielle doit se frotter les mains.

Seulement, là aussi tout n’est pas aussi clair comme l’eau de roche. Lorsque les temps s’éclairciront, des ambitions, que les initiés soupçonnent déjà, vont se déclarer. Il faudra craindre, en ce moment-là, que cet édifice ne soit aussi lézardé que l’opposition aujourd’hui. Peut-être sera-ce une opportunité pour des candidats déjà déclarés à ce jour.

[Jean-Claude Ntuala]


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