Dialogue : Les conditions de KAMERHE

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image Vital KAMERHE LWA KANYINGINGYI et Etienne TSHISEKEDI

Le président de l’Union pour la Nation congolaise  refuse tout « dialogue alibi », devant consacrer le glissement. Taxé de radical par certains analystes, l’ex-speaker de l’Assemblée nationale concède de participer au dialogue mais pas avant que son initiateur ne renonce solennellement à tout projet de glissement et respecte le principe de deux mandats.

Le président de l’UNC, Vital Kamerhe, a fait deux concessions pour la décrispation du climat politique en RDC en vue d’un processus électoral crédible et apaisé en 2016.

« Prêt à participer au dialogue mais à certaines conditions »

Au cours de l’émission « Top Presse », diffusée le samedi 21 novembre 2015 sur la radio Top Congo Fm émettant à Kinshasa, Vital Kamerhe a d’abord réitéré sa position selon laquelle « une tripartite entre la CENI, l’Opposition et la Majorité suffirait à relancer le processus électoral et permettrait de trouver  un calendrier consensuel, crédible et réaliste ».

Toutefois, il a concédé qu’il est « prêt à participer au dialogue mais à certaines conditions ».

« Si le président de la République, par la formule consacrée par la Constitution à l’article 74, nous donne des garanties qu’on ne va parler que de processus électoral, et qu’il prend l’engagement qu’il ne va pas briguer un troisième mandat, que le calendrier sera dans le délai constitutionnel, nous serons au dialogue », a affirmé le président de l’UNC.

Vital Kamerhe dit, dans l’autre concession, qu’il est - même s’il n’y participe pas - « prêt à signer les résolutions qui sortiront du dialogue, pour autant que ces résolutions soient conformes aux aspirations profondes du peuple congolais ».

« Nous voulons faire le Saint Thomas. Nous disons +bonne chance+ à ceux qui vont aller au dialogue. On ne va pas tirer sur eux. On ne va pas jeter d’anathème. S’ils adoptent des résolutions qui sont conformes aux attentes du peuple congolais. Nous dirons mea culpa. Nous viendrons signer après tout le monde. Nous acceptons. Monsieur le président de la République, nous vous avons prêté des intentions pour rien. Donc, l’absence de Vital Kamerhe ne peut pas empêcher le pays d’avancer. Le président a déjà un gros poisson (Ndlr : Etienne Tshisekedi). Il peut faire son dialogue », a-t-il dit.

Toutefois, le président de l’UNC reste convaincu que la Majorité présidentielle (MP) n’est « pas sincère dans son projet de dialogue ». Il pense qu’« il s’agit d’un +dialogue alibi+ aux fins de glissement ». Il doute qu’à la suite de ces pourparlers, les dialogueurs s’érigent en Constituante pour décréter une transition en vue du changement de la Constitution pour que l’Autorité morale de la MP reste au pouvoir indéfiniment.

« Nous aimons notre peuple mais nous refusons d’aller légitimer une démarche (Ndlr : le dialogue) qui s’accommode à un coup d’Etat constitutionnel. Nous ne sommes pas contre le dialogue. C’est une vertu en démocratie. Nous sommes contre le glissement. Nous sommes contre les personnes qui sont au-dessus de la Constitution et des lois de la République », a insisté Vital Kamerhe. 

Il soutient que « le dialogue, tel qu’envisagé par le président de la République, est sans objet » au motif que « le calendrier électoral est du ressort de la Commission électorale nation ale indépendante ; le financement de ces élections relève du gouvernement ; la sécurisation du processus électoral, c’est du ressort de l’Armée et de la police ».

« Je n’ai pas droit à l’erreur »

Interrogé sur la participation de l’UDPS à ce dialogue, Vital Kamerhe s’incline. Il estime qu’Etienne Tshisekedi a une longue longévité dans l’opposition contrairement à (Kamerhe) et qu’il peut se permettre des erreurs. « Moi, comme j’ai quitté le président Kabila depuis seulement 6 ans, je n’ai pas droit à l’erreur. Je dois regarder là où je mets mes pieds. Je dois tenir compte de l’opinion », a-t-il dit.

Quant au dernier changement des responsables de la CENI, il reste indifférent à la manière dont ils ont été désignés. « Nous allons les maintenir dans la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI et dans la Constitution de la République», a-t-il souligné.


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