RDC : Les miliciens « Bakata Katanga » sont soutenus par des politiciens katangais

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image Moïse Katumbi

Hnvité hier par les députés provinciaux à s’expliquer sur le regain de l’insécurité dans la province du Katanga, le gouverneur Moïse Katumbi affirme que l’insécurité s’est amplifiée dans sa province après l’évasion du seigneur de guerre Kyungu Mutanga Gédéon de la prison de Kasapa, en septembre 2011. Le gouverneur Katumbi a aussi rappelé que des négociations avaient été entamées pour obtenir la reddition des miliciens Maï-Maï, mais que les plus radicaux d’entre eux auraient persuadé leurs compagnons à ne pas rendre les armes. Il a tout de même assuré que son gouvernement continue à fournir des efforts pour mettre fin à l’insécurité croissante au Katanga. Cependant, il pense que les miliciens sont appuyés par certains politiciens congolais, sans citer leurs noms.

Après l’attaque perpétrée par environ vingt éléments Mai-Mai armés dans la nuit du 22 au 23 juin 2013 contre la prison de Kassapa à Lubumbashi, dans le but de libérer un capitaine des FARDC et ses deux complices arrêtés pour tentative de vol de munitions au dépôt d’armement de la 6ème Région Militaire des FARDC, ces miliciens ont été repoussés par l’armée gouvernementale et la Police Nationale Congolaise (PNC).

Un insurgé a été tué et deux autres blessés au cours de ces accrochages. Il revenait au n°1 de la province d’éclairer la religion de la représentation provinciale, car, même selon la Monusco, la situation sécuritaire est demeurée volatile et imprévisible dans plusieurs régions situées au Nord de la province du Katanga, suite à la résurgence des activités de différents groupes Mai-Mai actifs dans cette partie du pays.

En effet, invité par les députés provinciaux à s’expliquer sur le regain de l’insécurité dans la province du Katanga, le gouverneur Moïse Katumbi a expliqué que l’insécurité s’est amplifiée dans la province après l’évasion du seigneur de guerre Kyungu Mutanga Gédéon de la prison de Kasapa en septembre 2011. En effet, il a indiqué que les affrontements ont repris dans son bastion, le territoire de Mitwaba, dès son retour. Une situation qui a provoqué les déplacements massifs de la population.

Le gouverneur Katumbi a aussi rappelé que des négociations avaient été entamées pour obtenir la reddition des miliciens Maï-Maï , mais que les plus radicaux d’entre eux auraient persuadé leurs compagnons à ne pas rendre les armes.

Il a tout de même assuré que son gouvernement continue à fournir des efforts pour mettre fin à l’insécurité croissante au Katanga. Cependant, il pense que les miliciens sont appuyés par certains politiciens congolais dont il n’a pas cité un seul nom.

Il sied toutefois de souligner que les miliciens Bakata Katanga étaient entrés dans la ville de Lubumbashi en mars dernier. Les combats qui les avaient opposés aux forces de l’ordre dans certains endroits de la ville avaient fait plus de vingt morts. 230 parmi eux avaient été transférés à Kinshasa à bord d’avions militaires pour être entendus par des auditeurs militaires.

Depuis cette date, le reste des Bakata Katanga avaient été signalés dans le village Shindaika et à Kinsevere dans la périphérie de Lubumbashi. Entre temps, les incursions signalées notamment à Pweto, Mitwaba et Malemba Nkulu se sont de plus en plus rapprochées de grands centres. La cité de Bunkeya, située près de la ville de Likasi, a elle aussi été récemment la cible des miliciens.

Des politiciens derrière les Bakata Katanga

Devant les députés provinciaux du Katanga, Moïse Katumbi, Gouverneur de cette province ne s’est pas gêné d’affirmer que les miliciens sont soutenus par des politiciens. Ceux-ci se retrouvent non seulement au Katanga, mais aussi à Kinshasa. Là, le gouverneur a dit tout haut ce que les politiciens eux-mêmes disent tout bas.

La sagesse africaine renseigne qu’il y a toujours une grosse poule au fond de la marmite lorsqu’un poussin fait la tête. Que ce soit le cas entre la Rdc et le Rwanda, cela est une pilule amère qui peut à la limite s’avaler. Mais il est inadmissible que la case fume partant de son intérieur, suivant les caprices probablement de ceux qui prêchent contre la décentralisation de la province, se voulant des roitelets dans un pays qui a ses lois, et pêchant ipso facto contre la constitution.

C’est ici qu’il convient de souligner qu’au lendemain de la première attaque qui avait conduit à l’arrestation de plusieurs miliciens, des voix s’étaient levées pour non seulement condamner cette attaque, mais aussi certaines autorités du pays avaient été citées. Une enquête parlementaire et gouvernementale avait été initiée et qui avait conduit à la suspension de certaines autorités provinciales. Et si la procédure allait jusqu’au bout… Malheureusement, il semble que le Gouvernent provincial n’a jamais pris la mesure de cette attaque.

Car, s’il est vrai que les miliciens sont soutenus par des politiciens, cela voudrait dire qu’ils ont les moyens d’insécuriser toute une province, au détriment de la vision de l’unité et du développement national. Raison pour laquelle les efforts doivent doublés pour ne plus tomber dans des surprises indésirables. Toutefois, si Moïse Katumbi reconnaît une main noire dans cette affaire, tous les services de l’Etat devront être mis à profit afin de mettre hors d’état de nuire ceux qui entretiennent les rebelles. Katanga n’a pas besoin de vivre la tragédie Kivusienne. Et ce ne sont pas les trouble-fêtes locaux et les tireurs de ficelles depuis Kinshasa qui en garderaient cœur net.

Pour mettre un terme à cette situation d’insécurité permanente de la province du Katanga, la Monusco à travers le colonel Félix Basse promet de déployer les forces spéciales égyptiennes pour renforcer le contingent béninois déjà sur place pour protéger les populations civiles de cette province en proie à l’insécurité créée par des groupes armés dont la milice Bakata Katanga. Même si la protection des populations et du territoire est une tâche qui revient aux forces républicaines.

[L’Avenir]


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