RDC : Désignation du porte-parole de l’Opposition, un nouveau raté

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image Etienne TSHISEKEDI - Président élu de la République démocratique du Congo

A l’allure où vont les choses, l’Opposition politique risque de rééditer la même situation qu’elle a connue en 2006, où toute la législature s’est écoulée sans qu’un porte-parole soit désigné. Les acteurs politiques de l’Opposition ne doivent pas perdre de vue qu’il s’agit d’un droit reconnu par la Loi fondamentale de la RDC et non un simple poste.

La désignation du porte-parole de l’Opposition continue à susciter des réactions en sens divers au sein de la classe politique congolaise. Après plusieurs jours de concertation, les violons ne se sont pas encore accordés quant à la personne qui va jouer ce rôle prévu dans la Constitution du 18 février 2006.

Conformément aux résultats des législatives nationales de 2011, ce poste doit revenir de plein droit à la deuxième force politique à l’Assemblée nationale qu’est l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), avec ses 43 députés nationaux. Cependant, le refus du président national de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, de briguer ce poste est à la base des tergiversations observées dans le camp de l’Opposition. D’autre part, l’exclusion prononcée des députés élus sur la liste UDPS/Tshisekedi et siégeant à l’hémicycle de Lingwala, est un handicap sérieux sur le plan politique. Un boulet de bagnard qui ne permettra pas un déploiement sans anicroche.

Pourquoi ces tergiversations ? A qui profite cette gymnastique? Ces deux interrogations doivent interpeller l’Opposition politique, appelée à jouer son véritable rôle. Comment y parvenir quand elle n’arrive pas à parler le même langage ? Une telle attitude est loin de déboucher sur un compromis. Chaque groupe politique de l’Opposition nourrit des ambitions. Il en est de même pour des individus qui ne cachent pas, eux aussi, les leurs.

A l’allure où vont les choses, l’Opposition politique risque de rééditer la même situation qu’elle a connue en 2006, où toute la législature s’est écoulée sans qu’un porte-parole soit désigné. Les acteurs politiques de l’Opposition ne doivent pas perdre de vue qu’il s’agit d’un droit reconnu par la Loi fondamentale de la RDC et non un simple poste.

Il serait mieux de se mettre d’accord sur celui qui doit présider aux destinées de l’Opposition. Entre-temps, le temps passe, sans qu’il ait un consensus au sujet de cette question brûlante de l’heure. Et pourtant, la Constitution est claire à ce sujet lorsqu’elle précise qu’en dehors du consensus, c’est la plénière qui doit trancher. Et quand on laisse la plénière prendre la décision, l’on se demande si le choix qui sera opéré rencontrera le consentement de tous. Surtout, quand on sait qu’au niveau de l’Assemblée nationale, l’Opposition est de loin minoritaire par rapport à la Majorité. S’il faut que la plénière vote pour le porte-parole de l’Opposition, on risque de revivre la scène qui s’est déroulée lors de l’élection des candidats de l’Opposition au bureau de la Chambre basse du Parlement.

De tels exemples doivent interpeller les opposants politiques appelés à prendre en mains leur responsabilité. Ils ne doivent pas oublier qu’en démocratie, la présence de deux forces divergentes au pays est d’une importance capitale dans la mesure où, cela crée l’équilibre. Sinon, on risque de croire qu’à l’Opposition, la politique de la chaise vide est une stratégie d’action.

[Le Potentiel]


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