RDC : La Majorité présidentielle caporalise l'Assemblée nationale

Font size: Decrease font Enlarge font
image Joseph KABILA - President sortant de la RDC aux obseques de Katumba MWANKE

Les députés de l'opposition ont décidé de boycotter l'élection des membres du bureau pour plusieurs raisons. Ils dénoncent les manœuvres de la Majorité présidentielle (MP) de vouloir caporaliser l'Assemblée nationale. Les candidats aux postes qui reviennent à l'opposition sont des candidats de la MP mais qu'on fait croire qu'ils sont de l'opposition. Les députés de l'opposition s'insurgent contre les manœuvres de vouloir torpiller la démocratie en RDC. Les mêmes manœuvres vont jusqu'à instrumentaliser l'insécurité dans la partie Est de la République. Voilà pourquoi, ils demandent qu'on mette fin à cette insécurité qui justifie la présence de diverses opérations fantaisistes qu'on estime sécuriser le pays.

L'élection des membres du bureau définitif de l'Assemblée nationale a vécu. Place au décryptage de l’ambiance électorale.

Le scrutin a connu deux phases à savoir : le boycott d'une bonne partie des députés de l'opposition et l'élection proprement dite. En dépit du fait qu'une partie des députés de l'opposition avait décidé de boycotter cette opération, la Majorité était soudée au point qu'il ne fallait même pas penser à une quelconque trahison. Le fait aussi d'aligner un candidat à chaque poste, était pour la plate-forme présidentielle une stratégie de barrer la route aux traitres de dernières minutes.

En réalité, les députés, élus sur la liste de tel ou tel autre parti politique, savaient qu'après le vote du bureau, interviendra dans les tous prochains jours, la mise en place du Gouvernement de la République. Ce qui valait bien sûr la peine de respecter à la lettre le mot d'ordre lancé au niveau de leurs partis respectifs pour soutenir le ticket présenté par le secrétariat de la Majorité à laquelle ils appartiennent.

L'opposition accuse la Majorité

Pourquoi certains députés de l'opposition ont-ils décidé de boycotter la séance plénière relative à l'élection des membres du bureau définitif de l'Assemblée nationale. A cette question, plusieurs députés ont donné des réponses divergentes mais le dénominateur commun était leur exigence de voir les noms des candidats Kombo Nkisi Timothée et Tshimanga Jean-Pierre être écartés de la liste des candidats retenus pour la compétition. Parce que selon l'avis de tous, ces candidats étaient simplement cooptés par la Majorité présidentielle.

Conscient de la teneur de l'article 22 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale qui laisse l'ouverture à toutes les forces en présence de postuler au bureau de la Chambre basse, certains députés de l'opposition savaient clairement que Kombo et Tshimanga avaient raison dans la mesure où ils étaient dans les prescrits de ce même article. Aussi, la mobilisation et l'appel lancé par les députés nationaux Ne-Kongo toutes tendances confondues, élus de la ville de Kinshasa et de la province du Bas-Congo, à l'endroit de leurs collègues des autres provinces pour soutenir la candidature de Timothée Kombo au poste de 2ème vice-président. Cet appel est une réponse des députés Ne-Kongo à leurs collègues qui les invitaient également à voter leurs candidats concernés dans le ticket de la Majorité à savoir Aubin Minaku à la présidence, Charles Mwando à la 1ère vice-présidence, Ezadri Norbert comme rapporteur, Tshimanga Jean-Pierre rapporteur adjoint, Elysée Munembwe questeur et Jean-Bosco Kaboyi questeur adjoint. A bien comprendre, les députés des provinces du Bandundu, Katanga, Province-Orientale, Kasaï -Occidental, Nord-Kivu et du Sud-Kivu avaient sollicité le soutien des élus Ne-Kongo à leurs candidats précités dans le ticket. En échange, ils ont aussi demandé le soutien de la candidature de Timothée Kombo. Informés de cette opération liée aux effets de la campagne, les députés du MLC, de l'UDPS et de l'UNC n'avaient plus le choix que de boycotter l'élection.

Un autre élément de taille est le fait que les deux candidats de l'opposition élus au bureau définitif étaient conscients que leur victoire viendrait de la Majorité. Ayant compris cette donne, ils avaient conquis l'espace de cette plate-forme qui compte 350 députés, électeurs pour séduire leurs consciences.

Fabien Mutond (UDPS) : la MP caporalise l'Assemblée nationale

" Les députés de l'opposition ont décidé de boycotter l'élection des membres du bureau pour plusieurs raisons. Nous dénonçons les manœuvres de la Majorité présidentielle de vouloir caporaliser l'Assemblée nationale. Les candidats aux postes qui reviennent à l'opposition sont des candidats de la MP mais qu'on fait croire qu'ils sont de l'opposition. Les députés de l'opposition s'insurgent contre les manœuvres de vouloir torpiller la démocratie en RDC. Les mêmes manœuvres vont jusqu'à instrumentaliser l'insécurité dans la partie Est de la République. Voilà pourquoi, nous demandons qu'on mette fin à cette insécurité qui justifie la présence de diverses opérations fantaisistes qu'on estime sécuriser le pays".

Anzuluni Bembe : "Même à l'époque de Mobutu, les membres du bureau étaient toujours élus "

Candidat au poste de 2ème vice-président, Anzulini Bembe était sorti de la salle des Congrès du Palais du peuple où se déroulait l'élection du bureau définitif de l'Assemblée nationale. A la question de savoir comment il justifiait sa position, il a répondu en ces termes : " Je n'ai pas retiré ma candidature. Mais je me suis retiré parce que l'opposition à laquelle j'appartiens se trouve dehors. La Majorité est entrain de conduire le pays à la dérive. Parce que même à l'époque de Mobutu, à part le président de l'Assemblée nationale qui était désigné par lui, les autres membres étaient toujours soumis au vote. Et pour ça, l'on trouvait plusieurs candidats et non comme on le constate aujourd'hui avec la Majorité qui a désigné un seul candidat par poste ".

Jean-Lucien Bussa (MLC) : " Kombo et Tshimanga n'ont pas le quitus de l'opposition "

Pour Jean-Lucien Bussa, l'opposition s'est accordée sur deux candidats à savoir un pour l'UDPS à la 2ème vice-présidence et le MLC au poste du rapporteur adjoint. Pour cela, les violons se sont accordés pour choisir les candidats. L'UDPS a choisi le sien et le MLC aussi. Et Kombo et Tshimanga ne sont pas sur cette liste. Voilà pourquoi ils doivent quitter maintenant avant que l'on engage le vote parce qu'ils n'ont pas le quitus de l'opposition.

La MP parle du triomphe de la démocratie

La plupart des députés de la MP parlent du triomphe de la démocratie dans la mesure où certains députés de l'opposition avaient pris part au vote.

Pius Muabilu (MP): le bureau est voté, place maintenant à l'urgence

Pour Pius Muabilu, le bureau est voté. Maintenant, il reste d'attaquer la mission essentielle pour doter le pays des lois. " Nous sommes déjà en retard. Surtout que nous devons faire face à la mise œuvre du plan de la révolution de la modernité prônée par le chef de l'Etat. Pour ce, faire nous devons voter le budget pour permettre au pays d'amorcer les grandes actions des cinq chantiers de la République. Tous les députés de l'opposition n'étaient pas sortis parce que beaucoup ont participé au vote ".

Jean Kimbunda (PPRD) : la démocratie a triomphé et le bureau de la Chambre est là.

Jean Kimbunda estime que le boycott de certains députés n'a pas influé sur le vote dans la mesure où toutes les forces en présence à l'Assemblée nationale ont participé à ce vote. C'est ça le triomphe de la démocratie. Les membres du bureau sont élus avec deux venant de l'opposition et cinq de la Majorité.

Dorian KISIMBA


Cet article a été lu 3877 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0