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Liberté provisoire : La CPI veut se racheter en Afrique ?

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image Fatou BENSOUDA

A Goma (Nord-Kivu),  dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), la crème estudiantine reste divisée suite à la récente décision de la Cour pénale internationale (CPI) de mise en liberté provisoire des personnes impliquées dans l’affaire le Procureur contre Jean-Pierre Bemba le 17 août 2015, espérant tout simplement que la Cour « veut se racheter une fois de plus en Afrique ».

Souvent très critiquée sur le continent africain, la CPI laisse la jeunesse congolaise dans le scepticisme dans la ville de Goma, suite à la mise en liberté provisoire conditionnée, à travers une décision rendue par la Chambre de première instance de la CPI d’Aimé Kilolo, Jean-Jacques Mangenda, Fidèle Balala et Narcisse Arido.

Ils sont, tous, poursuivis pour subornation des témoins et considérés comme des « petits poissons » dans cette affaire par les étudiants congolais, futurs juristes en Droit dans certaines universités de Goma.

« La CPI n’a pas été rationnelle en choisissant des personnes sans importance pour redorer son image en Afrique, précisément ici en RDC, en retenant des +petits poissons+ dans cette affaire. Elle devrait plutôt libérer directement M. Jean Pierre Bemba dans son procès qui traine depuis 7 ans suite au manque de preuves convaincantes pour le condamner », commente Bahati (23 ans), étudiant à l’Université du Kivu (UNIKIVU) à Goma.

Des étudiants radicaux à Goma ?

Comme les autres, cet étudiant en Droit et futur juriste dans le système judiciaire congolais fait partie de ceux qui, dans les couloirs universitaires de la ville,  pensent que « la CPI est l’instrument du nouveau colonialisme de l’Afrique par l’Occident ».

« A La Haye, il ya que des Africains. Or, il ya des terroristes, des tueurs en série… même des Présidents européens, asiatiques, américains … qui ont commis ou commettent des crimes de guerre et crimes contre l’humanité et qui  n’ont jamais été inquiétés dans ce cadre à l’exception des Africains »,  s’indigne-t-il.

D’autres étudiants proposent la création d’une Cour de justice africaine pour assurer une indépendance dans les affaires  africaines car, arguent-il, « les linges sales se lavent en famille ».

Regarder autrement sans sentiments

Toujours à Goma,, il y a aussi des jeunes qui estiment  beaucoup la CPI, au motif qu’« elle ne constitue pas un instrument du colonialisme mais plutôt  un outil de dissuasion à l’encontre de tous, qu’ils soient des simples citoyens ou des Présidents qui sont  prêts à tout pour demeurer éternellement au pouvoir ».

 « Moins de preuves, moins de risques d’y rester », selon Kambale (25 ans) qui fait partie des jeunes congolais qui estiment que cette mise en liberté provisoire est une preuve de plus de l’impartialité de la CPI.

Lui et tant d’autres étudiants à l’Université de Goma (UNIGOM) affirment être « non seulement pour la CPI en Afrique mais aussi pour le renforcement du mandat dans les pays membres et l’adhésion des autres pays non membres ».

Kambale est d’avis que, « si la Cour de justice africaine est créée, ce sera une bonne initiative ». Cependant, craint-il, « cette Cour pourrait, elle aussi, devenir un + Club des chefs d’Etat Africain+ comme l’Union Africaine actuellement, qui protège les Présidents entre eux afin de ne pas être touchés par la justice ».

[Elvis Katsana]


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