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RDC : Plus de 200 détenues dans les prisons de Mbuji-Mayi sont atteintes de la tuberculose

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image Prison - Prisonniers, prison centrale de Makala

Deux cents cinq personnes détenues dans les prisons de Mbuji-Mayi sont atteintes de la tuberculose résistante à cause des mauvaises conditions de détention et de l’absence des soins appropriés. Cette annonce a été faite au président de l’assemblée provinciale du Kasaï-Oriental par une délégation de la Fédération Internationale de Prison.

Près de 2 millions de personnes sont mortes chaque année dans le monde suite à la tuberculose. L’épidémie de sida et l’émergence de bacilles multi résistants aux antibiotiques contribue à aggraver l’impact de cette maladie, considérée par l’Organisation mondiale de la santé comme responsable d’une épidémie mondiale de plus en plus dangereuse et comme une urgence sanitaire au niveau planétaire.

Pas plus tard que hier, un document nous est parvenu, démontre que deux cents cinq personnes détenues dans les prisons de Mbuji-Mayi sont atteintes de la tuberculose résistante à cause des mauvaises conditions de détention et de l’absence des soins appropriés. Cette annonce a été faite au président de l’assemblée provinciale du Kasaï-Oriental par une délégation de la Fédération Internationale de Prison.

« Grâce à cet entretien avec le président de l’Assemblée provinciale, moi et ma délégation sommes décidés de faire un plaidoyer en faveur des détenus qui passent des moments difficiles », à déclaré, Stéphane Nyemabu, président exécutif provincial de cette structure. Profitant de cette occasion, il a par ailleurs annoncé que la fédération internationale de prison avait organisé dernièrement, une formation à l’intention de quelques détenus qui ont appris divers métiers en vue de leur réinsertion sociale une fois libérés.

Dans le souci de travailler pour sa population, le président de l’Assemblée provinciale, Marcel Mutombo a promis de s’impliquer pour une solution durable à ce problème, car, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, dit-il, l’épidémie de sida et l’émergence de bacilles multi résistants aux antibiotiques contribue ont  aggravé l’impact de cette maladie, considérée comme responsable d’une épidémie mondiale de plus en plus dangereuse et comme une urgence sanitaire au niveau planétaire.

L’O.M.S. estime qu’entre 2000 et 2020, près d’un milliard de personnes seront nouvellement infectées et que 200 millions d’entre elles développeront la maladie, dont 35 millions mourront de tuberculose si aucune amélioration n’est apportée dans le contrôle de cette infection.

Pour ce qui est de  son mode de transmission, il sied de noter que, la tuberculose est une maladie qui se transmet par un Mycobacterium tuberculosis appelé « bacille de Koch ». Cet agent infectieux est transmis par voie aérienne, via des gouttelettes contaminées par la bactérie en suspension dans l’air provenant des malades. L’inhalation d’un petit nombre de gouttelettes contaminées suffit à infecter un individu. Une personne tuberculeuse non traitée peut infecter de 10 à 15 personnes en moyenne chaque année par les moyens des déplacements. « Voyageurs, réfugiés, sans-abri des pays industrialisés » ont largement contribué ces 40 dernières années à la dissémination de la maladie sur la planète.

Par ailleurs, toutes les personnes infectées par le bacille de Koch ne développent pas la maladie : seules 5 à 10% d’entre elles feront une tuberculose. Le bacille peut rester dans l’organisme à l’état dormant pendant des années.

Les personnes immunodéprimées ont plus de risque de faire une tuberculose, une fois infectées, et particulièrement les malades du sida. Le virus VIH et le bacille de Koch forment en effet une association dangereuse, chacun de ces deux agents infectieux aidant la progression de l’autre. C’est pourquoi, la tuberculose est d’ailleurs la cause principale des décès des malades du sida : elle est responsable de la mort d’un tiers des malades du sida dans le monde et de 40% de la mortalité des malades du sida en Afrique.

Le traitement

50 ans passé selon les analystes, aucun médicament ne permettait de soigner la tuberculose. Et voilà qu’aujourd’hui, une association d’antibiotique est utilisée pour traiter les tuberculeux, mais le traitement doit être suivi au minimum 6 mois et jusqu’à deux ans.

Un traitement incomplet ou mal suivi est responsable de l’apparition de tuberculoses résistantes aux antibiotiques qui sont ensuite transmises dans la communauté. Lorsqu’ils peuvent être traités, ces cas de tuberculose résistante sont 100 fois plus coûteux que les cas de tuberculose pouvant être traités par les traitements standards.

Pour son traitement, nous avons aussi le vaccin au non du BCG qui est pas pleinement efficace. Bien qu’il soit très utile pour prévenir les formes graves de la maladie chez les jeunes enfants près de 90% d’efficacité, il ne protège les adultes que dans un cas sur deux. Il ne permet donc pas d’empêcher la transmission de la maladie et d’enrayer l’épidémie mondiale. La recherche de nouveaux vaccins contre la tuberculose est active, et plusieurs essais cliniques de phase sont en cours en Europe et aux Etats-Unis.

En guise de conclusion, il est important de savoir que plusieurs équipes constituées de microbiologistes, d’immunologistes et de généticiens développent des programmes de recherche pour améliorer le diagnostic de la maladie, trouver de nouveaux antituberculeux et de nouveaux vaccins. Ces travaux s’inscrivent dans le contexte de grands projets européens comme TB-VAC pour la recherche de nouveaux vaccins et de NM4TB pour la recherche de nouveaux antituberculeux.

Un Réseau Tuberculose regroupe une dizaine d’instituts du Réseau International des Instituts Pasteur, qui participent activement aux programmes nationaux de lutte contre la tuberculose dans différents pays.

[Jocelyne Wandje Mbote]


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