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Répression policière en RDC : L'ONGDH va saisir le Comité de sanctions des Nations Unies

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image Manifestations - 16 Février

Des organisations non gouvernementales des droits de l’homme (ONGDH) préparent, dans les meilleurs délais, une requête pour « saisir » le Comité de sanctions des Nations Unies concernant les actes répressifs perpétrés par la Police nationale congolaise (PNC) contre les partisans des partis politiques de l’opposition, a annoncé mercredi 15  janvier 2015  à Kinshasa le président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), Me Georges Kapiamba, lors d’une conférence de presse.

« Nous allons saisir le Comité de sanctions des Nations Unies, parce que nous avons constaté qu’il y a de nouvelles munitions qui n’avaient pas  été préalablement déclarées à ce Comité », a-t-il annoncé, précisant qu’il fallait «encadrer et  protéger les manifestants au lieu de les réprimer ».

Il a fait état des « blessés à balles réelles, arrestations et détentions arbitraires, de l’obstruction à l’exercice des libertés d’expression et d’opinion et au droit de manifestation publique et pacifique des membres de l’opposition politique par des éléments de la PNC et de la Garde républicaine ».

Requête sur le type d’armes utilisées

Les ONGDH entendent aussi préparer une requête pour saisir le Comité de sanctions de l’ONU au sujet du type d’armes utilisées pour réprimer la manifestation des opposants contre la réforme  sur la loi électorale en discussion à la Chambre basse.

 Dans les couloirs du Palais du peuple, plusieurs opposants au régime en place  ont dénoncé le même jour  ce qu’ils ont considéré, selon eux, comme étant « le recours aux armes  silencieuses utilisées » pour réprimer  leur manifestation anti-révision de la loi électorale devant le siège de l’UNF, parti de Vital Kamerhe.

 « Nous condamnons fermement ces violations des droits de l’homme  », a-t-il indiqué, ajoutant que les responsables de ces actes répressifs « ne resteront pas impunis ».

Les signataires du communiqué conjoint, dont la Ligue contre la fraude et la corruption (LICOF) et Justicia Asbl, ont publié ce document « pour couper court aux rumeurs » distillées par la PNC.

« La déclaration de la police crée la confusion dans les esprits des gens », a indiqué le président de l’ACAJ, qui a publié, avec d’autres défenseurs des droits de l’homme, la liste de plusieurs blessés à balles réelles lors des manifestations du 11 et 12 janvier 2015, en signe de protestation contre le débat sur la nouvelle loi électorale.

 Les ONGDH citent les cas de Kudura Kasongo (ancien porte-parole du président Joseph Kabila), Olivier Igwangozi, Bruno Kongo, Guy Bitumba, Héritier Konde, Kaziza Mukuy, Doudou Kabeya, Floribert Mundeke, Serge Mukutu, Malola Ntambwe et Chaumy Kassiama (cameraman de CCTV) ainsi que ceux de Mmes Mi-Claire Kabeya, Hélène Mbuyi, Carmel Mongo, qui figurent parmi les victimes  des 11 et 12 janvier 2015 à Kinshasa.

« Nous avons  produit la liste  de cas vérifiés des blessés », a révélé Me Kapiamba, faisant état « des Jeeps de la police et de la Garde républicaine » qui ont tenté, autour d’un dispositif sécuritaire, de disperser le 12 janvier les manifestants.

« Face à la résistance des membres de l’opposition, les policiers ont tiré sur eux et en direction des sièges des partis politiques (établis non loin du stade des Martyrs à Kinshasa), des balles réelles, des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes sans sommation préalable », ont souligné les signataires du communiqué conjoint.

« Nous sommes disponibles à collaborer avec la Police pour que la vérité puisse éclater », a fait savoir le président de l’ACAJ.

« Voilà le danger, il faut agir vite pour éviter les conséquences sur les violations des droits humains », a prévenu le délégué de l’ONGDH Justicia, Me Timothée Mbuya qui a demandé à la population de ne « pas obéir à un ordre illégal pour sauver la jeune démocratie » dans le pays. « Nous ne pouvons pas observer que la situation continue à pourrir », a-t-il souligné.

Pour le président de la Nouvelle société civile du Congo (NSCC), Robert Kabakele , « le peuple congolais est plus que cela ».  Rappelant que « les Burkinabé ont emprunté les chemins du peuple congolais avec les manifestations du 4 janvier 1959 et du 16 février 1992 », il  a jugé « inopportun » l’examen de ce projet de loi électorale qui est « discriminatoire » au regard des cautions exorbitantes à payer pour le dépôt des candidatures.

« Le problème majeur de notre société, c’est le non respect des engagements et des textes », a affirmé Robert Kabakele.

Les signataires du communiqué conjoint demandent au président Joseph Kabila de « faire retirer le projet de loi modifiant la loi électorale à l’Assemblée nationale pour mettre fin à la tension qui y règne et prévenir d’autres violations des droits de l’homme ».

Dénonçant « toutes les pratiques de corruption en cours » au Parlement pour obtenir le vote, ils prennent leurs dispositions afin « d’empêcher l’adoption du projet de loi électorale, un troisième mandat du président Joseph Kabila et de faire poursuivre, devant la justice internationale, tous les responsables des violations des droits de l’homme ».


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