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Crimes en RDC : Le Terminator défie la CPI

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image Bosco NTAGANDA

La Procureure près la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda a dit détenir assez d’éléments pour qu’il y ait procès. Pourtant, sur la liste de 1000 filles de moins de 15 ans qui auraient été enrôlées de force dans l’armée de Thomas Lubanga par le "Teminator ", seule une représentante était présente. C’est elle qui s’est exprimée pour tenter de charger Ntaganda en montrant comment il opérait ces enrôlements forcés. Elle a aussi expliqué comment il s’était surnommé " Terminator ". La défense de l’accusé a estimé que c’est bien mince comme éléments pour conduire à un procès. En plus, pour montrer que la Procureure Fatou Bensouda n’a pas bien ficelé son dossier qu’il a qualifié de léger, il a relevé l’erreur qu’a commise le Parquet en présentant Bosco Ntaganda comme un Hema d’Ituri en Province Orientale. Alors que c’est connu de tous, le concerné est bel et bien un Tutsi de Masisi, au Nord-Kivu.

Jean-Pierre Bemba à la sixième année de détention provisoire à Scheveningen. C’est hier que s’est tenu à La Haye, devant la Chambre de première instance de la CPI l’audience de confirmation des charges dans l’affaire opposant le Parquet près la CPI à Bosco Ntaganda dit " Terminator ", c’est-à-dire " Exterminateur" au front d’Ituri en 2003, dans l’armée de l’ "Empereur" Hema, Thomas Lubanga Diyilo déjà condamné par la CPI.

Il est principalement reproché au " Terminator " le recrutement forcé tout comme la formation militaire d’enfants-soldats ainsi que le massacre des populations qu’il a laissé commettre la troupe sous son commandement. Là c’est sur le plan des faits. Mais l’audience de confirmation des charges permet à la Cour de déterminer si le dossier est suffisamment documenté pour conduire à la tenue d’un procès équitable. D’où la bataille entre les deux parties qui était rude hier. 

La Procureure près la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda a dit détenir assez d’éléments pour qu’il y ait procès. Pourtant, sur la liste de 1000 filles de moins de 15 ans qui auraient été enrôlées de force dans l’armée de Thomas Lubanga par le "Teminator ", seule une représentante était présente. C’est elle qui s’est exprimée pour tenter de charger Ntaganda en montrant comment il opérait ces enrôlements forcés. Elle a aussi expliqué comment il s’était surnommé " Terminator ". 

La défense de l’accusé a estimé que c’est bien mince comme éléments pour conduire à un procès. En plus, pour montrer que la Procureure Fatou Bensouda n’a pas bien ficelé son dossier qu’il a qualifié de léger, il a relevé l’erreur qu’a commise le Parquet en présentant Bosco Ntaganda comme un Hema d’Ituri en Province Orientale. Alors que c’est connu de tous, le concerné est bel et bien un Tutsi de Masisi, au Nord-Kivu.

EMMENER DES ENFANTS-SOLDATS

Une erreur que la défense a essayé d’engranger à son profit pour casser l’accusation en la tournant en dérision. Celle-ci pour ce qui est des enfants-soldats est obligée de donner des preuves en emmenant des témoins, une difficulté que le Parquet près la CPI a toujours éprouvée dans toutes les affaires de ce genre et qui avait fait que Thomas Lubanga Diyilo, le patron de Bosco Ntaganda soit finalement condamné à une peine légère de 9 ans de prison, là où le Parquet avait requis la perpétuité, donc la prison à vie. La difficulté était que l’Accusation avait du mal à présenter d’authentiques enfants-soldats pour asseoir la prévention de conscription d’enfants de moins de 15 ans. 

Au point que le Procureur de l’époque, le Chilien Luis Moreno Ocampo, bloqué, fut contraint même de fabriquer ses enfants-soldats, des faux donc, comme pièces à conviction pour charger Thomas Lubanga Diyilo et obtenir sa tête. L’actuelle Procureure Fatou Bensouda est à ce jour dans la même difficulté dans l’affaire de Bosco Ntaganda, un des lieutenants de Lubanga. 

La liste de plus de 1000 fillettes qu’elle a déposée à la Cour est bien belle mais elle ne suffit pas à elle seule. Ces fillettes doivent défiler devant la Cour pour venir témoigner et confondre leur bourreau, le "Terminator " Ntaganda. 

Celui-ci s’est du reste montré serein connaissant bien la difficulté qu’aura le Parquet à mettre la main pas n’importe où, mais en Ituri, sur des enfants soldats qu’il avait enrôlés voici déjà 11 ans. Peut-on trouver des traces 11 ans après les faits dans une région livrée à des bourraques causées par des rébellions récurrentes, la dernière en date est celle de Cobra Matata. 

On se rappellera bien que le motif qui avait conduit Bosco Ntaganda à se livrer volontairement, lui qui avait plutôt juré d’envoyer son cadavre à la CPI, c’est le fait que lors de son repli au Rwanda, les autorités de ce pays l’avaient convaincu à aller à La Haye car il n’y avait rien à craindre de cette juridiction. 

Les Rwandais fondaient leur argumentaire sur le fait que Gujolu, un criminel notoire, était libéré par la même CPI faute des preuves. Tandis que le chef de Ntaganda, Thomas Lubanga est condamné seulement à 9 ans de prison. Le " Terminator " comprend aujourd’hui que les Rwandais avaient bien raison. Il l’a montré par son calme olympien hier à l’audience de confirmation. Il n’y a rien à craindre de la CPI mises à part ses procédures kilométriques...élastiques. Comme par exemple la décision de l’audience de confirmation d’hier qui ne sera pas connue avant plusieurs mois. Renvoi dans le vide. C’est cela la CPI où Jean-Pierre Bemba Gombo vient d’amorcer sa sixième année de détention provisoire. 6 ans. Pas vrai ! 

[KANDOLO M.]


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