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Crimes de l'Est : Les Ex-M23 seront poursuivis

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image Sultani MAKENGA (milieu) et Bertrand BISIMWA (droite)

C'est tard dans la nuit de jeudi à vendredi dernier que le Conseil de sécurité des Nations Unies s'est réuni à huis clos pour donner son avis sur la polémique sur la signature ou non d'un Accord de paix entre le Gouvernement congolais et les ex-rebelles du M23. Mais, avant toute chose, le Conseil a tenu à se prononcer sur les anciens du M23, auteurs des crimes de guerre, crimes contre l'humanité, génocide, etc.

La plus haute instance de l’ONU exige que ces faits soient poursuivis instamment. Or, on sait que la plupart des officiers qui ont les mains tachées de sang des centaines de milliers de paisibles citoyens congolais du Nord-Kivu, se sont réfugiés en Ouganda, où ils se la coulent douce. Comme, par exemple, leur chef militaire, le général autoproclamé Sultani Makenga. Museveni a déjà officiellement fait savoir qu'il ne le livrerait ni à la Rdc, ni à la CPI dont il dit ne pas faire de Police.

A l'endroit de la Rdc, son argument est que Sultani Makenga, qui n'a jamais été condamné par une juridiction au cours d'un procès équitable, bénéficie de la présomption d'innocence. Et alors le criminel Joseph Koni de la LRA qui n'a jamais été condamné au cours d'un procès équitable et qui, en se fondant sur le même principe de présomption d'innocence, n'est-il pas recherché par toutes les armées du monde à commencer par les USA qui offrent la rondelette de 5 millions Usd pour toute information pouvant conduire à sa capture?

C'est là où le Conseil de sécurité de l'Onu doit faire preuve de fermeté pour exiger à l'Ouganda de livrer à la Rdc tous les officiers de l'ex-M23 soupçonnés de crimes de guerre, crimes contre l'humanité, génocide et pillages, exactement comme le sinistre Joseph Koni.

Au lieu de cela, le Conseil de sécurité de l’Onu comme d'habitude se caractérise par une certaine complaisance qu'il a toujours a manifestée à l'égard de Kigali et de Kampala. Alors que la Rdc, même quand elle a raison, n'a jamais eu gain de cause dans la tour en verre de New York.

C'est ce qui s'est passé ce jour quand le Conseil a exigé sur un ton sévère à Kinshasa de signer l'Accord de paix avec le M23. Un non-sens confirmé par cette question lancinante: en cas de capture de Joseph Koni et la neutralisation de sa LRA. L'Ouganda, Etat, peut-il signer un Accord avec ce groupes des criminels vaincus? C'est cela que l'on demande à la Rdc. Mais ici, on est catégorique.

Voici ce qu'en pense un grand constitutionnaliste, professeur de Droit à l'Université de Kinshasa et ancien Vice-président de la CENI: "Un Etat ne peut pas signer un Accord avec une rébellion qui est une force négative en plus liquidée militairement. Un Etat signe des accords, des protocoles et des traités avec d'autres Etats. D'où la Rdc ne peut signer un accord avec sa rébellion qui n'existe plus". Bien dit. Il n'y a que ceux qui ont un dessein obscur sur l'Est de la RDc qui refusent de comprendre des choses si simples.

L'ACCORD DE LUSAKA

On veut faire faire à Kinshasa ce qu'aucun pays au monde n'accepterait après avoir neutralisé sa force négative. Mais, n'est-ce-pas que le Conseil de sécurité refuse de regarder la vérité en face. Museveni est en train de les embrigader dans son agenda sur le Nord-Kivu qui est bien connu. C'est d'obtenir contre vents et marées les acquis de l'Accord de Lusaka avec le Rcd-Goma pour le Rwanda et le Mlc et le Rcd/N pour l'Ouganda. Le CNDP aussi avec l'Accord du 23 mars 2009 qu'a dénoncé l'actuel M23.

Pourtant, le contexte actuel que Museveni veut rééditer à tout prix est très différent. L'Accord de paix de Lusaka était signé par les Etats et les rebelles congolais. Mais ceux-ci avaient installé des "Etats" sur les parties qu'ils contrôlait où ils avaient un Président, un Exécutif, une Armée, une Administration ainsi que des entreprises publiques.

Mais, après la fin de la guerre, pour le Kivu par exemple, les troupes du Rcd sont restées cantonnées au Nord-Kivu et leurs officiers intégrés dans l'Armée nationale ont refusé toute mutation ailleurs. C'est ce qui a provoqué la mutinerie du colonel Jules Mutebusi appuyé par Laurent Nkunda en 2004 à Bukavu.

Cette tension a couvé pour donner lieu à une autre rébellion des Tutsi congolais, le CNDP d'abord avec Nkunda ensuite avec Tanganda qui a signé les Accords de paix. On sait dans quelle circonstance ce texte a été signé, Kinshasa n'ayant pas vaincu militairement le CNDP qui a tout obtenu: intégration, grades, amnistie et surtout cantonnement dans le Nord-Kivu. C'est cela la balkanisation.

Les armes des hauteurs de Runyonyi peuvent avoir commencé à y être stockées depuis cette période quand on sait que toute cette partie était contrôlée par les hommes de Tanganda déjà intégrés dans les Fardc. Voilà là où Museveni veut conduire le Nord-Kivu quand il exige l'amnistie en faveur de tous les anciens rebelles du M23, leur intégration et le cantonnement là pour traquer les FDLR.

[KANDOLO M.]


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