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RDC : La fin du M23 céde la place à la justice

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image Sultani MAKENGA (milieu) et Bertrand BISIMWA (droite)

La fin de l’aventure militaire du M23 doit inévitablement céder la place à la justice, tant nationale qu’internationale, pour réparer notamment tout le tort causé à la population de l’Est. Des dommages collatéraux du M23, aussi bien en termes humains que matériels, ne devaient donc pas rester impunis. Les coupables de tous les forfaits commis dans l’Est devront répondre de leurs actes devant la justice.  Le M23 et ses dirigeants, ainsi que tous ceux qui l’ont aidé à mettre en place cette entreprise de mort dans l’Est doivent être châtiés de manière exemplaire. Pour que cela serve de leçon à d’autres aventuriers qui tenteraient de rééditer la même expérience. Le M23 est défait certes, mais il faut attaquer le mal à la racine. Les motivations profondes de ces rébellions récurrentes ne devraient pas être occultées. Au contre, chercher à les balayer d’un revers de la main serait préparer le lit à leur résurgence plus tard.  La communauté internationale, principalement l’Onu et d’autres puissances étrangères, a formellement levé l’option d’exclure de tout processus d’amnistie ou d’intégration les rebelles du M23 qui ont été indexés dans divers rapports pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité perpétrés dans l’Est de la RDC. Il devait normalement en être ainsi jusqu’au bout du processus.

Après plus d’une semaine de combats, le M23 a fini par capituler, incapable de tenir tête à l’offensive musclée des FARDC. Dans un communiqué diffusé mardi 5 novembre depuis Kampala par son président, Bertrand Bisimwa, ce groupe armé classé force négative a pratiquement jeté l’éponge. Cette cessation des hostilités permet de mettre en branle le processus judiciaire qui devra établir les responsabilités des membres du M23 dans les crimes commis dans l’Est.

Le M23 a jeté l’éponge. Il a montré ses limites face à une armée nationale déterminée à défendre l’intégrité territoriale. Le communiqué diffusé hier mardi depuis Kampala, capitale de l’Ouganda, par son président, Bertrand Bisimwa, en dit tout. Plus de doute possible, le M23 se conjugue désormais au passé.

Dans ce communiqué, Bertrand Bisimwa annonce que la direction du Mouvement « a décidé à dater de ce jour (Ndrl : le 5 novembre 2013) de mettre un terme à sa rébellion et de poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création ». Il poursuit en indiquant que « A cet effet, tous les chefs militaires de la rébellion «sont priés de préparer les hommes des troupes au processus de désarmement, démobilisation et réinsertion sociale dont les modalités sont à convenir avec le gouvernement ».

Il n’en fallait pas plus pour relever que le M23 a perçu cinq sur cinq le dernier appel de Kinshasa.  En fait, 24 heures auparavant, le gouvernement avait fait, dans un communiqué signé lundi 4 novembre par son porte-parole, Lambert Mende, de cette annonce publique du M23 une condition sine qua non pour pouvoir espérer la signature d’un accord politique susceptible de mettre un terme définitif au conflit.  Même son de cloche du côté de l’ONU qui attendait de M23 un signal clair s’il voulait espérer se retrouver à Kampala pour la reprise des pourparlers avec Kinshasa en vue de la conclusion d’un accord politique définitif.

Se réjouissant de la promptitude avec laquelle le M23 s’est plié à l’exigence du gouvernement, Lambert Mende a déclaré hier mardi que la RDC a emporté une victoire militaire « totale » sur le M23 après la chute de deux dernières collines que tenait la rébellion dans les montagnes de la province du Nord-Kivu.

Après la chute de Bunagana, leur quartier général, a renchéri le porte-parole du gouvernement, les résidus du M23 se sont éparpillés sur les collines de Chanzu et Runyonyi d’où ils ont d’ailleurs été délogés sous la pression des troupes gouvernementales.  Les derniers rebelles ont « fui pour la plupart vers le Rwanda » voisin, a-t-il ajouté.

Le porte-parole des FARDC pour la province du Nord-Kivu a confirmé l’information en disant avoir fini le travail. « Runyoni et Chanzu sont tombées, on a fini le travail », a confirmé le lieutenant-colonel Olivier Amuli.

L’annonce du M23 répond à une exigence formulée quelques heures plus tôt par les dirigeants africains de la région réunis à Pretoria, en Afrique du Sud. A l’issue de ce sommet commencé lundi soir, les dirigeants des pays de la région des Grands Lacs et de l’Afrique australe ont déclaré qu’un accord de paix pourrait être signé dans l’Est de la RDC « à condition que le M23 effectue une déclaration publique par laquelle il renonce à la rébellion, à la suite de quoi le gouvernement effectuerait une déclaration publique d’acceptation ».

Depuis décembre 2012, Kinshasa et le M23 avaient engagé des pourparlers à Kampala, avec la facilitation de l’Ouganda. Mais ces discussions bloquaient depuis plusieurs semaines, essentiellement sur la question de l’amnistie dont pourraient bénéficier les rebelles. La RDC et les Nations unies refusent que celle-ci profitent aux responsables du M23 accusés de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres violations graves des droits de l’Homme.

LA JUSTICE DOIT PRENDRE LE RELAIS

La fin de l’aventure militaire du M23 doit inévitablement céder la place à la justice, tant nationale qu’internationale, pour réparer notamment tout le tort causé à la population de l’Est. Des dommages collatéraux du M23, aussi bien en termes humains que matériels, ne devaient donc pas rester impunis. Les coupables de tous les forfaits commis dans l’Est devront répondre de leurs actes devant la justice.

Le M23 et ses dirigeants, ainsi que tous ceux qui l’ont aidé à mettre en place cette entreprise de mort dans l’Est doivent être châtiés de manière exemplaire. Pour que cela serve de leçon à d’autres aventuriers qui tenteraient de rééditer la même expérience.

Le M23 est défait certes, mais il faut attaquer le mal à la racine. Les motivations profondes de ces rébellions récurrentes ne devraient pas être occultées. Au contre, chercher à les balayer d’un revers de la main serait préparer le lit à leur résurgence plus tard. 

La communauté internationale, principalement l’Onu et d’autres puissances étrangères, a formellement levé l’option d’exclure de tout processus d’amnistie ou d’intégration les rebelles du M23 qui ont été indexés dans divers rapports pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité perpétrés dans l’Est de la RDC. Il devait normalement en être ainsi jusqu’au bout du processus.

Dans ces conditions, Kinshasa devrait rester vigilant et ne pas se laisse entraîner dans des schémas qui le pousseraient à transiger sur ce point. Le gouvernement devrait éviter l’hypocrisie dont il a fait preuve dans des circonstances antérieures. « Trop, c’est trop ». Il est temps que ceux qui charrient la mort sachent qu’ils finiront par répondre de leurs crimes devant les instances judiciaires nationales ou internationales.

A ce sujet, la procureure de la Cour pénale internationale avait déjà annoncé les couleurs, en rappelant que ses services suivaient de près tout ce qui passe dans l’Est de la RDC.  Plus rien ne devait être comme avant où des gens qui ont pris les armes contre leur peuple ont été gratifiés de grades dans l’armée ou au sein des institutions politiques.

Cela au nom d’une réconciliation aux contours flous. L’exemple du brassage et autre mixage est encore frais dans la mémoire collective. Ce sont ces formules tirées de nulle part qui ont noyauté les FARDC de l’intérieur et permis à l’ennemi d’organiser quand il le veut des rébellions et autres mutineries.  

Il est temps que ce jeu macabre cesse effectivement. Pour y arriver, la justice doit prendre véritablement le relais de la débâcle imposée en traduisant devant la barre les principaux responsables du M23. La réconciliation doit rimer avec la réparation. 

Annonce de fin de rébellion

La direction du Mouvement du 23 mars annonce à l’opinion nationale et internationale qu’elle a décidé à dater de ce jour de mettre un terme à sa rébellion et de poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création.

A cet effet, le chef d’Etat-major général ainsi que tous les commandants de grandes unités de l’Armée révolutionnaire congolaise sont priés de préparer les hommes des troupes au processus de désarmement, démobilisation et réinsertion sociale dont les modalités sont à convenir avec le gouvernement de la République démocratique du Congo.

Fait à Kampala, le 5 novembre 2013

Le président du Mouvement du 23 mars

Bertrand Bisimwa

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MENDE CONFIRME UNE HARMONISATION DE VUES SUR 11 CLAUSES DE LA DÉCLARATION DE KAMPALA

Le ministre des Médias Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement de la RDC, a annoncé mardi à Kinshasa qu’« une certaine harmonisation de vues est intervenue à Kampala sur 11 clauses de ce qui sera la Déclaration de Kampala, malgré les provocations de la phalange extrémiste du M23 qui a entrainé les derniers affrontements de la semaine dernière ».

« Nous préférons cette terminologie à celle d’accord étant donné qu’on ne peut pas signer un accord avec quelque chose qui a cessé d’exister, car s’étant auto dissous. Cette Déclaration devra conclure les pourparlers de Kampala entre le Gouvernement et le désormais ex mouvement armé M23. Ainsi peut se comprendre notre insistance à voir les éléments du M23 déclarer publiquement la fin de la rébellion qu’ils avaient lancé il y a de cela presque 20 mois », a-t-il expliqué.

Le gouvernement de la RDC espère « de tout cœur que cette Déclaration de Kampala sera signé dans les plus brefs délais pour donner une chance et plus de temps aux actions de désarmement des autres forces négatives qui conditionnent la réhabilitation du Nord et du Sud-Kivu ».

« Conformément au chronogramme arrêté lundi par les Etats de la SADC et de la CIRGL réunis en sommet à Pretoria (Afrique du Sud), ce n’est qu’après cette déclaration publique du M23, auquel on avait donné un délai de 48 heures pour ce faire, que le gouvernement de la RDC prendra publiquement acte de la renonciation du M23 à la rébellion armée, le temps d’en vérifier la réalité sur terrain », a-t-il indiqué.

Ainsi, « cinq jours après avoir pris acte du sérieux de l’engagement de l’ex-rébellion, les autorités gouvernementales congolaises apposeront en toute confiance leur signature aux côtés de celle des représentants du M23 dans la Déclaration de Kampala.

« La direction du Mouvement du 23 mars annonce à l’opinion nationale et internationale qu’elle a décidé à dater de ce jour de mettre un terme à sa rébellion et de poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création », a déclaré mardi dans un communiqué le président du M23 Bertrand Bisimwa.

Il enjoint aux chefs militaires du M23 de préparer les hommes de troupes de ce mouvement afin de les présenter au processus de désarmement, démobilisation et réinsertion sociale « dont les modalités sont à convenir avec le Gouvernement de la République démocratique du Congo ».

« C’est dire que le communiqué signé par Bertrand Bisimwa et diffusé ce mardi 5 novembre 2013 est ce que nous pouvons appeler un pas dans la bonne direction. Si ce document est authentifié, il aura marqué une grande évolution conformément au schéma de sortie de crise qui a été convenu à Kampala et finalisé à Pretoria », a commenté Lambert Mende.

Il a indiqué qu’« entretemps sur le terrain, les FARDC vont poursuivre, avec l’appui de la Brigade d’intervention de l’ONU, conformément à la Résolution 2098 du Conseil de sécurité, la traque des autres forces négatives qui n’auront pas fait droit à l’ultimatum que leur a lancé le président Joseph Kabila il y a quelques jours ».

APRES LE M23, LES FDLR EN TETE DE LISTE

Le gouvernement congolais a annoncé qu’« il n’y a plus de place en RDC pour quelque groupe armé irrégulier que ce soit, qu’il s’agisse des FDLR rwandais, des ADF-NALU et de la LRA ougandaises, des FNL burundais, ainsi que de tous les groupuscules Maï-Maï congolais».

« Il n’est point inutile de rappeler, s’agissant des FDLR, que leur nombre a été réduits à ce jour de plus de 80% réduits grâce aux campagnes organisées par les FARDC seules. Il n’y a donc pas lieu de douter de la volonté ni de l’efficacité de la RDC contre cette force négative en provenance du Rwanda qui cause aujourd’hui bien plus de dommage aux populations congolaises qu’à leur pays d’origine », a déclaré le ministre des Medias.

Selon Lambert Mende, « le Congo tient aux relations de bon voisinage avec son voisin le Rwanda tout comme avec tous ses autres voisins ; il ne ménagera rien pour ce faire et espère qu’il en sera de même en retour».

En même temps qu’il réitère ses félicitations à l’endroit des FARDC pour leur bravoure, le Gouvernement de la RDC a rendu « hommage à toutes les couches du peuple congolais qui n’ont jamais ménagé leur appui à nos forces de défense dans cette action de défense de la patrie ».

[lePotentiel]


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