Home» RDC» Justice»

Révolte des prisonniers en RDC : Plus d’une dizaine des morts à la prison centrale de Makala

Font size: Decrease font Enlarge font
image Prisonniers au CPRK

Qu’est-ce qui s’est passé mardi matin à la Prison centrale de Makala ? La question est sur toutes les lèvres. Le sujet fait le menu de toutes les conversations. Des échauffourées ont éclaté, mardi 02 Juillet 2013, dans la matinée à la Prison centrale de Makala (PCM) entre des prisonniers et les forces de l’ordre déployées sur le lieu pour rétablir l’ordre. Des informations divergent selon les sources, quant à la cause de ces incidents et à son bilan. Cependant, si des sources officielles ne rapportent que des blessés graves dans les rangs, notamment, des prisonniers, des sources indépendantes font état des morts d’hommes, évalués à plus d’une dizaine. Certaines ont même évoqué des morts de la PCM qu’on aurait transféré au courant de la journée de mardi à la Morgue de l’Hôpital général de référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo). Pour tirer au clair cette affaire et ramener de l’ordre dans cet établissement pénitencier, la VSV recommande, entre autres, au gouvernement d’ouvrir « immédiatement » une enquête indépendante sur ces incidents récurrents en vue de « dégager les responsabilités et sanctionner les coupables et commanditaires, conformément à la loi ». Elle propose aussi le « transfèrement pour toutes fins utiles de tous les détenus militaires et policiers à la PCM ; la prise en charge médicale adéquate de tous les blessés ; l’indemnisation des victimes pour les préjudices subis ».

La tension était vive mardi 02 juillet 2013 au Centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa (CPRK) où des dizaines d'éléments des Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC) ont été déployés dans la matinée pour étouffer une tentative de mutinerie observée dans cette maison carcérale.

Les habitants des quartiers situés dans le voisinage immédiat ont entendu des coups de feu. Les forces de l'ordre ont aussi lancé du gaz lacrymogène pour mater un soulèvement de détenus. Situation qui a créé une panique dans les quartiers environnants.

Selon plusieurs témoins, tout a commencé vers 4 heures du matin, avec l'arrivée à la prison des militaires et des policiers lourdement armés, avec pour mission de transférer des détenus, 16 au total, vers la prison militaire de Ndolo, situé également dans la capitale Kinshasa.

Parmi les transférables, un certain Katende, surnommé " Gouverneur ", un condamné à mort qui semait la terreur dans ce lieu de détention où les locataires sont supposés être soumis à la rééducation. 

Selon certains témoignages, le fameux Katende entretenait des groupes de malfaiteurs et régnait en maître absolu dans cette prison, terrorisant même ses voisins.

Ces récalcitrants auraient bénéficié, à en croire certaines sources, de la complicité de l'ancien directeur de la prison qui vient d'être muté dans la province du Nord-Kivu, et se comporteraient ainsi pour pousser les autorités à démettre le tout nouveau directeur de cette prison au profit de son prédécesseur.

C'est ainsi que d'autres détenus acquis à la cause du tristement célèbre Katende se sont ralliés au groupe visé, pour empêcher le transfert dudit groupe à la prison de Ndolo.

Vers sept heures, des policiers et militaires ont dû alors user de la force pour s'imposer, par des tirs de sommation et en lançant des grenades lacrymogènes. Des coups de feu ont été entendus pendant longtemps.

Certaines sources parlent d'un mort parmi les détenus au pavillon V, alors que certains visiteurs trouvés non loin de la prison avancent le chiffre de quatre morts. Mais selon une  source officielle, il n'y a pas eu de perte en vies humaines.

Quand la tension a baissé, une ambulance est sortie en debut d'après-midi de la prison par la porte principale de ce lieu carcéral.

Des véhicules de la Monusco venus en catastrophe sur les lieux ainsi que ceux de la police ont été aussi aperçus devant cette prison.

Jusqu'au moment où nous quittions les abords de la prison, vers 14 heures, la tension était toujours vive autour du CPRK.

Tout le périmètre de ce centre pénitencier était quadrillé. Personne ne pouvait accéder à la prison ni trainer dans les environs immédiats.

Des policiers munis d'armes à feu et des lance-roquettes faisaient la patrouille autour de la prison, tandis qu'à l'intérieur, des dizaines de soldats FARDC accompagnés de quelques officiers militaires tentaient de rétablir l'ordre.

La révolte d'un groupe de détenus à la base de plusieurs blessés à la prison centrale de Makala

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l'Homme (VSV) exprime ses vives préoccupations consécutives à la récurrence du climat d'insécurité qui prévaut actuellement au sein de la prison centrale de Makala (PCM, ex CPRK) depuis la permutation intervenue à sa direction mercredi 12 juin 2013.

La dernière illustration en date est la révolte survenue mardi 02 juillet 2013 à l'aube de la part d'un groupe de détenus faisant partie d'une structure dénommée " Comité d'Encadrement des Prisonniers " avec à sa tête un certain Katende Madiata, ancien militaire des Forces Armées de la RD.Congo (FARDC), condamné à mort pour homicide volontaire de trois (3) membres de sa famille dont sa femme et ses deux beaux-frères.

Ayant constaté un laisser-aller dans le chef d'un groupe de détenus faisant partie du Comité d'Encadrement, les nouveaux gestionnaires de la PCM ont pris la décision de transférer une dizaine de détenus à la prison militaire de Ndolo, afin de rétablir l'ordre et la discipline.

Les membres de ce Comité d'Encadrement mis en place par le précédent Directeur de l'établissement pénitentiaire se sont versés dans les antivaleurs et autres pratiques déplorables jusqu'à s'organiser en une association des malfaiteurs contre les autres détenus…

Lesdits membres du Comité d'Encadrement ont ainsi instrumentalisé certains pensionnaires pavillons 4, 7 et 11 pour qu'ils s'opposent à ce transfèrement.

Dans cette perspective, ils ont ainsi créé des troubles tôt ce matin en procédant par une tentative de casser les fenêtres, grille de sécurité… Il s'en est suivi une intervention  musclée des forces de l'ordre et de la police qui a usé des armes à feu et de grenades à gaz lacrymogène pour rétablir l'ordre. Le bilan provisoire fait état de plusieurs détenus blessés selon les sources concordantes.

La violence à la PCM a eu comme conséquences notamment le quadrillage de tout le périmètre de la prison par les forces d'intervention e la police lourdement armées, l'interdiction des visites aux proches et membres des familles des prisonniers et aux agents pénitentiaires, ainsi qu'aux avocats, magistrats, médecins, prédicateurs, défenseurs des droits humains, etc.

Pendant toute la journée, les visites aux détenus et la remise de la nourriture ont été interdites.

Il y a lieu de relever que lundi 01 juillet 2013, deux détenus notamment capitaine MABULA KUVASI et un député soupçonnés de faire des propositions pour le transfèrement à la prison de Ndolo des détenus militaires, membres du Comité d'Encadrement ont été passés à tabac par ces derniers.

En définitive, la VSV recommande :

-    L'ouverture immédiate d'une enquête indépendante sur ces incidents récurrents en vue de dégager les responsabilités et sanctionner les coupables et commanditaires, conformément à la loi ;

-    Le transfèrement pour toutes fins utiles de tous les détenus militaires et policiers à la Prison Militaire de Ndolo ;

-    La prise en charge médicale adéquate de tous les blessés ;

-    L'indemnisation des victimes pour les préjudices subis.

Fait à Kinshasa, le 02 juillet 2013.

La Voix des sans voix pour les droits de l'homme


Cet article a été lu 9488 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0