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Assassinat CHEBEYA - BAZANA : John NUMBI piégé par «Joseph KABILA» !

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image John NUMBI BANZA TAMBO - Tortionnaire de Joseph KABILA

Affaire Floribert Chebeya – Fidèle Bazana, John Numbi serait innocent, le gouvernement l’avait piégé. Le service de renseignement de Kabila était au courant d’un projet de coup d’état avant les festivités du cinquantenaire. Alors Joseph Kabila avait demandé à Pierre Lumbi, Bisengimana, et Kalev d’établir un plan pour neutraliser John Numbi sans faire trop de dégâts en crainte d’une révolte des Katangais d’où il est originaire. Bisengimana et Pierre Lumbi avaient proposé ce plan : « d’une pierre deux coups », c'est-à-dire éliminer Floribert Chebeya qui enquêtait sur le massacre de Bundu dia Congo et mettre tout sur le dos de John Numbi étant donné que ses éléments de Bataillon Simba étaient chargés de suivre ce dossier Chebeya.

Le refus de Joseph Kabila de livrer Numbi à la justice n’est tout simplement par cette angoisse de voir la vérité s’éclatait, Numbi à une très grande influence au Katanga (Les Maï Maï de Gédéon, les zoulous de Kyungu, les tigres) sont prêts à réagir en cas de l’inculpation de Numbi). Les attaques de l’aéroport de Luano à Lubumbashi ne sont que des messages « d’interpellation » envoyés par ces groupes à Joseph Kabila en cas d’une erreur de sa part, le Katanga va se tourner contre lui.

[Yves Kongolo]

Question à l’heure de la surenchère politique interne et externe : Et si le général John Numbi n’était pour rien dans la mort de Chebeya ?

De l’affaire Chebeya au dossier électoral en passant par le M.23 et l’affaire Eugène Diomi, bien des coups s’annoncent pour mettre sous pression les invités de marque au XIVème sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie. La situation internationale étant volatile, a laissé entendre un responsable de l’Udps au lendemain de l’annonce de la participation de François Hollande à ces assises, il est déjà acquis de voir la scène politique congolaise en ébullition continue. La logique des anti-Kabila de l’intérieur et de l’extérieur de sa famille politique, voire des forces politiques, diplomatiques, sécuritaires, économiques et financières opérant à l’étranger avec des relais sûrs au pays, est désormais de faire feu de tout bois. Pour preuve, la détermination des ONG de défense des droits de l’homme d’imposer la convocation et la condamnation du général John Numbi avant la Francophonie…

L’une des grosses interrogations que l’on ne cessera jamais de se poser est de savoir si, pour tuer de façon délibérée Floribert Chebeya, les autorités de la Police avaient besoin, d’abord, d’adresser une invitation en bonne et due forme à l’intéressé en réponse à l’audience qu’il a lui-même sollicitée et, ensuite, d’utiliser les installations officielles de l’institution policière pour ce faire !

Tels que les faits sont présentés jusque-là, c’est le directeur exécutif et fondateur de l’ONG « La Voix des Sans Voix » qui a cherché, le premier, à rencontrer le général John Numbi. Ce qui revient à dire que sans cette démarche-là, Floribert Chebeya ne se serait jamais rendu à l’Inspectorat général de la Police nationale congolaise et n’y aurait peut-être pas trouvé la mort.

Les « initiés » laissent entendre qu’il venait de boucler un dossier « en béton » sur les « crimes » perpétrés par la Pnc au Bas-Congo contre les adeptes de la secte Bundu dia Kongo. Des faits pourtant suffisamment documentés par les enquêteurs de la Monusco, alors Monuc.

Chebeya serait-il parvenu à recueillir plus d’éléments que ceux réunis par la mission onusienne ? Si tel est le cas, on peut supposer que la démarche normale de sa part devrait consister non pas à voir la Police censée  incriminée, mais plutôt à approcher la Monusco et, surtout, les ONG étrangères et internationales partenaires.

Un épais mystère va donc demeurer sur le motif réel de la démarche pour le moins anormale de Chebeya de chercher à rencontrer l’homme que ses investigations, selon ses défenseurs, désignaient déjà comme « coupable ».

Sous l’œil des caméras de surveillance ouvertes…

Les faits retiennent que le directeur exécutif de « Vsv » s’est présenté effectivement à l’Ipc le 1er mai 2010 sans toutefois trouver le général John Numbi. Il a mis des heures entières à attendre, et il a attendu !  Et, à partir de là, si on les recoupe avec le témoignage du policier Milambwe recueilli par le cinéaste documentariste belge Thierry Michel, a commencé sa mise à mort.

On se souviendra qu’appelés à autopsier la dépouille mortelle de Chebeya, les médecins légistes hollandais et congolais ont « trouvé des indications de contraintes externes limitées par choc, compression et/ou enserrement au niveau des bras et des jambes ». Dans sa dépêche du 9 juillet 2010, Rfi ajoute : « Pour certains spécialistes, il s’agit là d’une asphyxie qui aurait compliqué le fonctionnement du cœur ».

Aussi, on se doit d’admettre que Floribert Chebeya a subi des tortures dans les installations de la Police et mort s’en est suivie. Préméditation ou non, la réalité est que Chebeya y est mort, et tout être humain ne peut qu’en être choqué.

Mais, toute la question est aussi de savoir si, pour perpétrer un crime prémédité, les commanditaires ou les exécutants avaient besoin d’opérer dans les installations de la Police, sous l’œil des caméras de surveillance ouvertes !

En toute logique, John Numbi n’avait pas besoin d’installations de l’Ipc si son intention était réellement de tuer Chebeya.

Trop de zones d’ombre côté « victime »

L’affaire « Chebeya » a quelque chose d’insolite en ce que les ONG de défense des droits de l’homme sont les premières à fouler au pied le principe sacré de présomption d’innocence consacrée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (leur « bible ») et dans la Constitution de la République.

Autant on peut les comprendre  parce que touchées dans la chair, autant on ne peut admettre qu’elles sortent de l’engagement pris de défendre ces deux actes légaux.

Certes, les animateurs de ces structures et les avocats de Chebeya et Bazana s’appuient sur la plainte de la veuve Chebeya pour exiger la comparution du général John Numbi. Mais, la question est de savoir sur base de quel élément la veuve fonde-t-elle cette plainte. Serait-elle, elle aussi, partie prenante dans la raison de la démarche anormale de son mari de s’adresser au présumé coupable alors que la démarche normale, comme relevé plus haut, aura consisté à alerter plutôt la Monusco, les parrains et les partenaires ? Peut-être que Thierry Michel ferait œuvre utile en revoyant la veuve pour le lui demander !

Manifestement, trop de zones d’ombre planent sur l’affaire Chebeya, et ces zones semblent plus nombreuses et plus épaisses côté « victime » que côté « coupable ». Mais, par le jeu de manipulation, d’intoxication et de désinformation, c’est plutôt l’inverse que l’on présente.

Visiblement, les ONG partenaires (pour ne pas dire parraines) en savent plus qu’elles n’en disent et leur silence a quelque chose de malhonnête. C’est à croire qu’elles cherchent à sauver les meubles. Leurs meubles !

Partant, le réveil s’annonce dur pour les ONG congolaises qui risquent de découvrir à leurs dépens que Floribert Chebeya aura une vocation qui l’a desservi. Une vocation qui l’aurait peut-être éloigné des rivages du droit-de-l’hommisme…

« Petit Gregory », « John Kennedy », « Marc Dutroux »… 

En attendant, le fait à déplorer dans leur attitude est celui de vouloir lier aux assises de l’Organisation Internationale de la Francophonie le procès en cours.

Le mercredi 12 septembre 2012, Rfi en a donné le ton par la question suggestionnée de Bruno Minas à Dolly Ibefo, successeur de Floribert Chebeya à la direction de « Vsv », en réaction à la suite de la décision de la Justice militaire de fixer la prochaine audience au 23 octobre prochain.

Y aurait-il, dans la distribution de la justice, un délai prédéterminé pour boucler un procès ? La France, avec l’affaire du petit Gregory remontant presqu’à trois décennies, en a-t-elle fini de chercher le « Corbeau » ? Les Etats-Unis en ont-ils terminé avec l’assassinat de John Kennedy ? La Belgique en a-t-elle terminé avec Marc Dutroux 

? Si la réponse est non, et puisqu’elle ne peut que l’être, pourquoi diantre veut-on instituer l’exception congolaise ?

Floribert Chebeya a vu sa mort, survenue le 1er mai 2010, servir d’argument aux ONG et à l’Opposition politique en vue du boycott des festivités du Cinquantenaire de l’Indépendance, le 30 juin 2010.

Le choix de Kinshasa, porté par l’OIF pour la tenue de son 14ème sommet, a pourtant  été fait au 13ème sommet qui a eu lieu à Montreux, en Suisse, au mois d’octobre 2010. Entendez après la mort de l’activiste des droits de l’homme. Le procès s’en est suivi. Un verdict a même été prononcé. Les deux parties ont décidé d’aller en appel. D’où le procès en cours.

Pourquoi alors veut-on absolument voir ce dernier se terminer avant le sommet de l’OIF ? Et pourquoi, à la limite, ne pas le faire pendant les assises même ?

C’est cette pression, insolite, de vouloir atteler le procès à tout événement de grand impact se déroulant au pays qui amène d’aucuns à considérer effectivement que trop de zones d’ombre planent sur l’affaire Chebeya, et ces zones semblent plus nombreuses et plus épaisses côté « victime » que côté « coupable ».

[Omer Nsongo die Lema/presse presidentielle]


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