Home» RDC» Justice»

RDC : Une justice à deux vitesses

Font size: Decrease font Enlarge font
image Magistrats - Des magistrats dames posent devant la primature a KInshasa

Méfiant du comportement qu’affiche le magistrat à son égard, le justiciable congolais estime qu’il est souvent victime d’une justice à deux vitesses. Il l’explique en soulignant que bon nombre de verdicts sont prononcés à son détriment et en faveur du plus fort. Par conséquent, recourir à la justice en République Démocratique du Congo (RDC), pense-t-il, n’est qu’une perte du temps et de l’énergie.

Compte tenu de la polémique autour de la crédibilité de la justice congolaise, le Conseil supérieur de la magistrature est appelé à rassurer la population à travers les résolutions de son assemblée générale qui devront, cette fois-ci, être de stricte application.

C’est depuis hier vendredi 17 août  que se tient l’assemblée générale extraordinaire du Conseil supérieur de la magistrature de la République démocratique du Congo dont la décision de la convocation a été signée le vendredi 10 août 2012  par le président de cette institution, Jérôme Kitoko Kimpele, président de la Cour suprême de justice.

Selon l’ACP, les participants à ces assises plancheront, entre autres,  sur l’adaptation du plan de modernisation judiciaire et la feuille de route du pouvoir judiciaire 2011-2012.

Autres points à l’ordre du jour ayant particulièrement retenu notre attention, il y a l’adoption des critères pour la désignation de trois membres de la Cour constitutionnelle et l’examen des dossiers disciplinaires des magistrats.

Justice à deux vitesses

Méfiant du comportement qu’affiche le magistrat à son égard, le justiciable congolais estime qu’il est souvent victime d’une justice à deux vitesses. Il l’explique en soulignant que bon nombre de verdicts sont prononcés à son détriment et en faveur du plus fort. Par conséquent, recourir à la justice en RDC, pense-t-il, n’est qu’une perte du temps et de l’énergie.

Que signifie, par exemple, la libération souvent inconditionnelle des bandits de grand chemin après une courte durée de détention ? Aussitôt relaxés, ces inciviques renouent avec leurs sales habitudes en proférant même des menaces aux gens.

Que des fois n’a-t-on pas présenté  du cinéma de mauvais goût à la population? Le cas d’un ancien ministre de la Justice, manches retrouvées, qui s’était personnellement lancé dans une opération  d’arrestation des «kuluna» au marché central en est un exemple éloquent. Cette campagne s’étant avérée vaine, ces «kuluna» sont revenus en force, bravant même l’autorité établie, à tel point que la population qui se retrouve en insécurité, qualifie l’Etat  de complice.

C’est pourquoi cette session du Conseil supérieur de la magistrature qui examinera également les dossiers disciplinaires des magistrats ne devra pas tergiverser sur les sanctions à prévoir. L’objectif consisterait à séparer le bon grain de l’ivraie.

Indépendance de la magistrature

S’il faut châtier les magistrats indisciplinés, la question qu’il faut également se poser est celle de savoir si la magistrature en République démocratique du Congo est réellement indépendante. Car, à plusieurs reprises, le magistrat congolais constate qu’il a les mains liées, compte tenu des ingérences  extérieures sur l’application de ses décisions de justice. Et pourtant, exprimant un point de vue sur la justice congolaise, le chef de l’Etat avait demandé aux magistrats de n’avoir peur que de Dieu et de la loi dans l’exercice de leur fonction. Cela sous-entend que nul n’étant au-dessus de la loi, son application ne peut souffrir d’aucune défaillance.  Malheureusement, la réalité est tout autre sur le terrain.

La session actuelle doit ainsi être celle de la réhabilitation de la fonction de magistrat.

En outre, faut-il revenir sur l’examen des contentieux électoraux lorsqu’on sait que cela a été clos et qu’à l’Assemblée nationale, le stade de validation des mandats est déjà dépassé.

Des critères rigoureux

Le point relatif à la désignation de trois membres de la Cour constitutionnelle sera également sous examen à l’actuelle session du Conseil supérieur de la magistrature qui devra définir les critères des personnes devant piloter cette institution. Il est donc demandé au Conseil supérieur de la magistrature de se dépasser à ce niveau en fixant des critères rigoureux. Et les oiseaux rares qui seront dénichés pourront certainement redorer l’image ternie de la justice congolaise.


Cet article a été lu 7614 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0

Tags