RDC : Les responsables de l’UPN narguent le ministre de l’ESU

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image Théophile Mbemba Fundu - Ministre de l'Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU)

Dans une instruction largement médiatisée, le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) a donné des orientations précises aux autorités académiques des universités et des instituts supérieurs pour le bon déroulement de l’année académique qui, officiellement, doit s’ouvrir demain 15 octobre. Parmi les instructions du ministre figurent notamment le respect strict du calendrier académique qui va du 15 octobre au 31 juillet et  l’interdiction de procéder à la collation des grades académiques en dehors de la fin de la première session.Contre toute attente et en violation flagrante de la volonté de l’autorité de tutelle, les responsables de l’UPN se sont permis de narguer le ministre de l’ESU.

La route Matadi, dans son tronçon compris entre l’UPN et le quartier Matadi Kibala, a connu un embouteillage fou le samedi 10 octobre dernier. Et pour cause ?  La collation des grades académiques à l’Université pédagogique nationale (UPN). Cette cérémonie s’est déroulée le plus officiellement du monde, au vu et au su des autorités académiques de cet établissement académique.

Pourtant il y a quelques semaines, dans une instruction largement médiatisée, le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) a donné des orientations précises aux autorités académiques des universités et des instituts supérieurs pour le bon déroulement de l’année académique qui, officiellement, doit s’ouvrir demain 15 octobre.

Parmi les instructions du ministre figurent notamment le respect strict du calendrier académique qui va du 15 octobre au 31 juillet et  l’interdiction de procéder à la collation des grades académiques en dehors de la fin de la première session.Contre toute attente et en violation flagrante de la volonté de l’autorité de tutelle, les responsables de l’UPN se sont permis de narguer le ministre de l’ESU.

Cette alma mater n’est sans doute pas le seul établissement d’enseignement supérieur à outrepasser les recommandations de l’autorité de tutelle. Si nous faisons la ronde demain 15 octobre, nous constaterons qu’à part quelques universités, surtout à celles à caractère confessionnel, la rentrée académique ne sera pas effective conformément au mot d’ordre de l’autorité ministérielle.

Cette attitude des autorités académiques frise tout simplement de l’insubordination vis-à-vis du gouvernement. Et il en est ainsi chaque année. Trop c’est trop. Le moment est venu de mettre fin à cette impunité qui n’a que trop duré. Les autorités académiques, qui sont nommées par arrêté ministériel et qui ont un mandat déterminé, ne doivent pas continuer à diriger les établissements dont la direction leur est confiée comme leurs biens privés.Elles doivent se soumettre à la ligne de conduite de l’Etat, propriétaire des établissements académiques publics.

Pratiquer la gestion axée sur les résultats

Pour mettre fin au désordre caractérisé qui a élu domicile dans les établissements supérieurs et universitaires, la meilleure approche serait celle d’instaurer la gestion axée sur les résultats, c’est-à-dire qu’au début du mandat de chaque autorité, faire signer à celle-ci un contrat de performance sur base duquel cette dernière sera évaluée.

Aujourd’hui, nous devons reconnaître que les établissements supérieurs et universitaires congolais sont gérés de manière obscurantiste tant sur le plan académique que financier. Au plan académique, le niveau des enseignements ne fait que se déprécier. Adieu l’époque où des professeurs de renom assuraient des cours dans les facultés. Les Yves Mudimbe, Ngal, Mme Faïk Nzuzi, Maluwa Kalenga (paix à son âme), Ndaywel ont disparu dans nos universités. Dans les grandes revues scientifiques, aucun nom d’un professeur congolais. Sur place, très peu de professeurs même ceux dits ordinaires publient des ouvrages.

La conséquence de cette situation est que dans le dernier palmarès de 500 grandes universités africaines, aucune université congolaise ne s’y trouve. Quelle honte au regard de la panoplie des universités crées de toutes pièces ! Dans ce même chapitre, nous sommes dans l’obligation de nous poser la question de savoir si les critères de recrutement du corps professoral sont encore respectés. En principe, pour être retenu comme assistant dans l’enseignement supérieur, il faut avoir obtenu au moins deux fois la mention  »distinction » pendant ses 5 ans à l’université. L’on parle actuellement de népotisme et de copinage dans le choix des assistants.  Nous ne devons pas être surpris d’avoir actuellement des licenciés qui savent à peine rédiger correctement une lettre de demande d’emploi.

Au plan financier, la gestion des frais académiques payés par les étudiants n’obéit à aucune règle de comptabilité. Pourtant ces recettes s’élèvent à plusieurs milliers de dollars américains qui, s’ils étaient bien utilisés, auraient donné une toute autre image de ces universités et instituts supérieurs. En tout cas le visage qu’offrent toutes ces alma mater où l’insalubrité manque de qualificatif, fait honte à toute l’intelligentsia congolaise. Il y a donc lieu de se demander où vont tous ces frais versés par les étudiants, si l’on extrait la portion payée aux profs.

Les universités et instituts supérieurs qui auraient dû constituer les lieux par excellence de l’émergence que la RDC veut à tout prix atteindre dans les années à venir, ne sont malheureusement que les  » poubelles « . Il importe que le gouvernement prenne des mesures courageuses pour assainir le secteur de l’enseignement supérieur et universitaire si nous voulons sincèrement que la RDC tous les défis auxquels elle est confrontée. Sinon le reste ne sera que des vœux pieux et du tralala.

[Rombaut Ot.]


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