RDC : Les établissements de l’ESU autorisés à organiser la 3ème cycle

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image Théophile Mbemba Fundu

Au terme de leur conseil extraordinaire, les conseils d’administration des universités de la RDC ont autorisé, lundi 25 mai à Kinshasa, à six nouveaux établissements universitaires à organiser les enseignements de troisième cycle. Les nouveaux établissements de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) autorisés à organiser la 3ème cycle sont: (1) L’Université pédagogique nationale (UPN), avec six filières donnant lieu aux Diplômes d’Études Supérieures (DES) jusqu’à la thèse doctorale. (2) L’Instituts supérieur de commerce de Kinshasa (ISC), avec une filière de gestion et droit des entreprises donnant lieu seulement au master professionnel. (3) Université protestante au Congo (UPC), pour la filière de théologie de DES jusqu’à la thèse doctorale. (4) Institut facultaire des sciences de l’Information et de la communication (Ifasic), pour la filière des sciences de l’information et la communication pour le DES et le doctorat. (5) Université catholique de Bukavu (UCB), pour la filière de droit de l’homme et droit international humanitaire pour le DES. (6) Université catholique du Congo (UCC), pour les filières de théologie, de droit canonique et de philosophie pour les Diplômes d’Études Approfondies (DEA) jusqu’au doctorat.

Ces six universités et instituts supérieurs s’ajoutent à l’Unikin, Unikis et Unilu, où s’organisent déjà les enseignements de 3è cycle. Les conseils d’administration des établissements publics et privés de l’Enseignement Supérieur et Universitaire(ESU) ont recommandé que les ces universités soient en mesure de dispenser les enseignements de bonne qualité, pouvant permettre aux étudiants d’obtenir les diplômes des études supérieures et approfondies. Quant à l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA)/Kinshasa, l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM)/Kinshasa et l’Institut supérieur pédagogique (ISP)/Bukavu, ils sont éligibles à organiser les études de DES, à condition de signer un partenariat scientifique avec une université nationale ou étrangère organisant les mêmes filières d’études conformément à la législation en vigueur en RDC.

Réunis du 22 au 25 mai dernier en session extraordinaire à Kinshasa, les différents conseils d’administration des universités de la RDC ont actualisé, non sans débats houleux, la liste des universités congolaises autorisées à organiser le 3ème cycle. A l’Université de Kinshasa, de Lubumbashi et Kisangani, auxquelles était reconnue cette compétence, se sont ajoutés d’autres établissements. La limitation de l’organisation de l’enseignement du troisième cycle en RDC à ces trois universités a débuté en 2013. Le Premier ministre a constaté un foisonnement de troisième cycle dans presque chaque établissement d’enseignement supérieur en RDC.

Et flairant que cet enseignement ne soit pas de bonne qualité, le chef du Gouvernement congolais a décidé alors de limiter son organisation jusqu’à nouvel ordre aux seules trois universités précitées.

Mais, il y a eu un tollé. Des recours ont fusé, défendant certains établissements considérés comme exclus arbitrairement et arguant que l’Université de Kinshasa, de Kisangani et de Lubumbashi n’ont pas la capacité d’absorber, à elles seules, toute la demande en troisième cycle de toute la RDC.

Le chef du Gouvernement a alors diligenté, une année plus tard, en 2014, une évaluation globale de la question dans tout le pays avec un critérium précis.

Avertissement du ministre de l’ESU, Pr Théophile Mbemba : " les établissements et filières d’études éligibles aujourd’hui, ne le sont pas de façon définitive. Ce brevet pourra leur être retiré si jamais les conditions qui ont prévalu à leur agrément venaient à empirer ". Les établissements et filières d’études non éligibles aujourd’hui doivent fournir un effort pour s’améliorer en vue de basculer, lors des prochaines enquêtes, dans le peloton des établissements éligibles. 

Le ministère de l’ESU s’emploiera à une évaluation périodique de ces études en vue de s’assurer de la qualité des enseignements dispensés. Les Etablissements et filières d’études aujourd’hui éligibles le sont au service de l’ensemble de la nation. Ils doivent accepter, tout en respectant les conditions d’admission, les candidats venus d’autres établissements et filières d’études non éligibles. Les ressources humaines des Etablissements non éligibles doivent être utilement exploitées dans l’encadrement et la direction des thèses.

Rapport final des conseils d’administration des universités de la République publié en mai dernier

La première journée de cette deuxième session extraordinaire des Conseils d’Administration des Etablissements publics et du Conseil des Etablissements privés agréés de l’Enseignement Supérieur et Universitaire s’est déroulée en deux grandes étapes. La première étape a concerné la cérémonie d’ouverture et la seconde le déroulement des travaux proprement dits.

1. CEREMONIE D’OUVERTURE

La cérémonie d’ouverture a connu deux temps forts, à savoir : le discours de S.E. Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire et celui d’ouverture de S.E. Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement représenté par S.E. Monsieur le Vice-Premier Ministre au Travail et Prévoyance Sociale Willy MAKIASHI.

Dans son discours, S.E.M. le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire a décrit les raisons qui ont amené S.E.M. le Premier Ministre à lui demander de :

  • faire l’état des lieux sur les enseignements du 3e cycle ;
  • geler l’organisation de ces études dans tous les autres Etablissements exception faite des Universités de Kinshasa, de Kisangani et de Lubumbashi.

Il a ensuite remercié et salué l’intervention du Gouvernement dans :

  • le recrutement des experts national et international qui ont assisté les Conseils d’Administration et le Conseil des Etablissements privés agréés dans l’élaboration du critérium de sélection des Etablissements et filières d’études devant organiser les études du 3ème cycle lequel a été adopté lors de la session du 10 au 12 novembre 2014 ;
  • la prise en charge des enquêtes, et
  • l’organisation des présentes assises.
  • Il a par ailleurs souligné que 
  • les établissements et filières d’études éligibles aujourd’hui, ne le sont pas de façon définitive. Ce brevet pourra leur être retiré si jamais les conditions qui ont prévalu à leur agrément venaient à s’empirer ;
  • le Ministère de l’ESU s’emploiera à une évaluation périodique de ces études en vue de s’assurer de la qualité des enseignements dispensés ;
  • les Etablissements et filières d’études aujourd’hui éligibles le sont au service de l’ensemble de la nation. Ils doivent accepter, tout en respectant les conditions d’admission, les candidats venus d’autres établissements et filières d’études non éligibles ;
  • les ressources humaines des Etablissements non éligibles doivent être utilement exploitées dans l’encadrement et la direction des thèses ;
  • les établissements et filières d’études non éligibles aujourd’hui doivent fournir un effort pour s’améliorer en vue de basculer, lors des prochaines enquêtes, dans le peloton des établissements éligibles. 

Le deuxième temps fort a été marqué par le discours de Son Excellence Monsieur le Vice-Premier Ministre représentant le Premier Ministre.

Dans son discours, Monsieur le Vice-Premier Ministre a brossé l’évolution historique de l’Enseignement Supérieur et Universitaire dans notre pays avant et après l’indépendance. Il a regretté l’émiettement et la prolifération des établissements depuis les années 90. Il a encouragé les efforts actuellement en cours visant à mettre un terme à la prolifération des enseignements du 3ème cycle et à redresser l’Enseignement Supérieur et Universitaire congolais lequel est appelé à former des cadres compétitifs et employables.

Il a souligné que l’application du critérium adopté par les Conseils d’Administration et le Conseil des Etablissements privés agréés et les résultats de l’enquête qui en découlent permettront de mettre fin aux désordres et aux maux qui minent ce sous-secteur éducatif.

Il a évoqué la Loi-cadre de l’Enseignement National du 11 février 2014 et l’arrimage de l’ESU congolais aux standards internationaux, surtout dans ses dispositions relatives à :

  • l’harmonisation des curricula ; 
  • la mobilité des enseignants, des étudiants et des chercheurs ;
  • la création du Conseil académique supérieur ;
  • la création du Conseil des Etablissements Privés Agréés.

Il a insisté sur la restauration de l’ESU et a demandé que tout le monde respecte les mesures qui sortiront de ces assises avant d’inviter tout le monde à l’éthique de responsabilité.

2. DEROULEMENT DES TRAVAUX

2.1. Présentation des résultats de l’enquête

A la demande du Président de la session, le Rapporteur général des équipes d’enquêteurs a rappelé les 12 critères du critérium adopté parmi lesquels 7 sont essentiels dont un éliminatoire : " le personnel académique ". Il a fait l’économie du texte en donnant la composition mixte des équipes, les établissements enquêtés et, de façon synthétique, les résultats de l’enquête en classant les filières de chaque établissement en deux catégories : éligibles et non éligibles.

2.2. Débat

Après la présentation des résultats, il s’en est suivi un débat houleux. Plusieurs questions posées ont tourné autour de :

  • la procédure utilisée pour arriver à ces résultats, 
  • l’exploitation éventuelle des critères autres que ceux adoptés par les Conseils d’Administration et le Conseil des Etablissements Privés Agréés, 
  • les concepts du professeur permanent et du professeur résident, 
  • le contenu des enseignements du 3ème cycle, 
  • l’intégration du Professeur Associé dans la direction des thèses….

Reprenant la parole, le Rapporteur général a expliqué la procédure d’évaluation appliquée par les équipes d’enquête. Il a ensuite lu les recommandations générales ainsi que celles spécifiques à chaque établissement.

Cette phase explicative a fait baisser la tension. Tout le monde s’est accordé de respecter les textes légaux et réglementaires régissant le secteur de l’Enseignement Supérieur et Universitaire. 

Ainsi, les échanges qui ont suivi ont porté essentiellement sur les points ci-après :

  1. L’adhésion de l’ensemble de la communauté universitaire congolaise au processus en cours sur le 3ème cycle ;
  2. Le contenu du 3ème cycle à redéfinir conformément à la Loi-Cadre et en spécifiant le type de diplôme à octroyer par les Universités et les Instituts supérieurs ;
  3. Ici, les participants ont souhaité que les Universités continuent à organiser les enseignements du 3ème cycle et que les Instituts supérieurs les organisent jusqu’au niveau du DES/DEA professionnel pour ne pas s’éloigner de leurs objectifs institutionnels ;
  4. Le sort des établissements déjà autorisés à organiser ce type d’études. Il a été convenu de les examiner au cas par cas et d’orienter leurs apprenants en règle vers les institutions facultaires organisant les mêmes filières d’études ;
  5. La collaboration interuniversitaire interne qui permettra au pays, à l’aide de ses propres ressources, de préparer localement la relève académique ;
  6. La création des Ecoles doctorales sous-régionales avec un partenariat régional et/ou international afin de poursuivre la préparation de la relève académique et de mutualiser les ressources humaines existantes ;
  7. Le recours aux NTIC pour faciliter les échanges et la formation ;
  8. L’introduction des recours clairement motivés par les établissements lésés et la correction du rapport avant la communication des résultats de l’enquête ;
  9. La spécialisation en médecine est un diplôme professionnel qui se prépare obligatoirement dans un hôpital. Les candidats au grade d’agrégé en médecine doivent être soumis aux conditions analogues que de ceux inscrits dans les autres disciplines.

Deuxième journée

La deuxième journée de cette session extraordinaire a également connu deux grandes étapes. La première a concerné l’adoption en plénière du rapport des travaux de la première journée après amendement et la validation des résultats de l’enquête. 

Les amendements apportés ont été acceptés et intégrés dans le présent rapport. Quant aux résultats de l’enquête, nonobstant les recours éventuels, la situation se présente de la manière suivante :

Trois Instituts Supérieurs sont éligibles mais ne peuvent être autorisés à organiser les enseignements du 3ème cycle que s’ils concluent un partenariat scientifique avec une Université nationale ou étrangère organisant les mêmes filières d’études, conformément à l’article 97 de la Loi-Cadre n°14/004 du 11 février 2014 de l’Enseignement National.

2ème étape : 

La 2ème étape de cette journée a consisté en la validation des normes d’opérationnalisation des enseignements du 3ème cycle en RDC.

Au cours de cette étape ont été lus successivement la synthèse et le document de base de ces normes. 

Après débat, il a été convenu d’utiliser comme document de référence la synthèse dudit document amélioré des amendements suivants des participants :

  • Le document de référence doit différencier les conditions d’encadrement relative au D.E.S./D.E.A. de celles relatives au doctorat ;
  • Pour un encadrement efficient du doctorant, la commission d’encadrement doit se réunir au moins deux fois l’an ;
  • Le nombre de membres du jury doit être ramené à 5 au lieu de 7 ;
  • La recevabilité de la thèse doit se faire lors de la défense privée (pré défense) et non lors de la soutenance de celle-ci ;
  • Les membres du jury doivent introduire auprès du Président du jury un rapport écrit sur l’évaluation de la thèse. Ils doivent se réunir avant la soutenance pour l’évaluation globale du travail et d’aplanir les certaines divergences éventuelles ;
  • Les articles que le doctorant doit publier avant la soutenance de la thèse doivent porter sur les résultats de la thèse ;
  • Introduire dans le document l’étape la de soutenance du mémoire du D.E.S./D.E.A. ;
  • Prendre en compte les disciplines apparentés dans les inscriptions du 3ème cycle.

Fait à Kinshasa, le 25 mai 2015 

LE RAPPORTEUR


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