RDC : Le Bas-Congo sous l'emprise d'enseignants non qualifiés

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image Ecole - 1 enseignement et les élèves dans une salle de classe, au lycée Bolingani

Le territoire de Luozi, dans le district des Cataractes, province du Bas-Congo, est en proie à un sérieux problème, dans le secteur de l'enseignement, particulièrement secondaire. Au regard des informations en notre possession, du reste  viables,  il revient que, faute de mieux, l'enseignement au niveau secondaire, est dispensé par des " professeurs "  de niveau D6. Entendez par là, des diplômés de sixième année  secondaire. Et, ceux-ci enseignent  dans tout le cycle secondaire, de la première à la 6ème année pour tous les cours contenus dans le programme.

Des dix secteurs que compte le territoire de Luozi, ce sont plus les secteurs de Kivunda et  Balari qui sont les plus frappés par cette pénurie.

Selon notre source dix établissements scolaires sont victimes de cette carence. Des établissements  au sein desquels fonctionnent les sections suivantes : Bio-Chimie, Math-Physique, littéraire, pédagogie générale, coupe et couture, commerciale et administrative, maçonnerie, agrovétérinaire, sociale, mécanique auto, électricité etc. Une variété des sections comme on peut le constater visiblement capitales aux établissements ci-après : Nkazinanga, Lycée Yenge, (tous deux installés à la mission catholique Mangembo), Institut Sundi Lutete, Lycée Sundi Lutete, Institut Mbanza, Lele, Institut Miyamba, Institut Kiniangi et Institut Masangi.

Comme on peut le remarquer, toutes ces disciplines qui nécessitent d'être dispensées par des spécialistes en la matière sont laissées entre des mains inexpertes. Des professeurs aux compétences douteuses qui auront eux-mêmes terminé le cycle secondaire d'une manière pas orthodoxe. Alors à quel résultat peut-on s'attendre avec un enseignement d'une  telle qualité ? Cela n'étonne pas que plusieurs écoles de ce coin n'arrivent pas à récolter de bons résultats aux examens d'Etat. Quelle peine  pour les parents qui se seraient sacrifiés six ans durant à payer les frais scolaires, aux étudiants eux-mêmes qui ont perdu tout ce temps, et pour la nation tout entière qui n'aura tiré aucun profit de cette jeunesse.

Une réalité difficile à comprendre, en ce qui concerne singulièrement la pénurie d'enseignants   dans ce territoire qui jusqu'hier encore, a fourni  à la République un taux élevé d'enseignants parmi les meilleurs du pays. Sur ce point, l'on disait même, il y a peu, que la profession enseignante était la spécialité des Manianga, originaire de ce territoire. Mais que ce qui serait à la base de cet état des choses ? Une certaine opinion parle du désintéressement  exprimé par les enseignants qui ont des qualités requises. Mais pour quelle raison ? C'est là toute la question fondamentale de laquelle l'on attend du ministère de l'EPSP une réponse.

L'autre question préoccupante de ce coin de la République demeure, sans nul doute, celle de l'entretien des routes de desserte agricole. L'état fortement délabré dans lequel se trouvent la plupart des routes qui relient le chef-lieu, Luozi avec l'ensemble des autres secteurs. Des distances que l'on couvrait à l'époque, à moins de deux heures, peuvent aujourd'hui consommer deux jours. C'est le cas entre autres des axes Luozi-secteur de la Kenge, - secteur Mongo Luala - et secteur Balari.

Le service de cantonnage manuel n'existe plus que de nom. Il a disparu avec le départ du gouverneur de province Séraphin Bavuidi, lui au moins s'était soucié de ce problème. Pas seulement pour Luozi, mais pour l'ensemble de la province du Bas-Congo. Mais, sur ce point précis nous savons, qu'il n'y a pas lieu de désespérer avec l'esprit de bien faire qui anime, l'actuel gouverneur de la province, Jacques Mbadu. Mais en attendant, les populations limitrophes  du Congo/Brazza, ne trouvent pas pour l'instant, mieux qui de vendre les produits de leurs récoltes à ce pays voisins. Et cela ne va pas sans tracasseries, avec la multitude des taxes à payer aux postes douaniers. A titre illustratif, pour une chikwangue, il faudra au minimum débourser l'équivalent de 500 FC, fois deux pour les deux postes frontaliers. 

Face au délabrement de ces routes, le seul moyen de déplacement encore disponible,  demeure la moto, dont l'usage coûte les yeux de la tête pour la personne qui l'emprunterait, pour se rendre d'un coin à l'autre du territoire. Il faudra débourser plus de 30.000 FC pour partir de Luozi à Nsundi-Mamba, dans le secteur Kinumba. Ce n'est qu'un cas parmi tant d'autres qui peuvent coûter plus, que ce montant. Alors que par véhicule, on ne payerait juste que 3.000 FC

Des réalités qui font de la peine tout de même, lorsqu'il faut comprendre que le territoire de Luozi est par moment victime d'un certain oubli, de la part des décideurs.

[Maurice Bakeba]


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