RDC : La majoration des frais académiques a provoquée des émeutes à l'INBTP

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image INBTP - Institut national des bâtiments et des travaux publics

Si à l’INBTP, les étudiants se sont levés pour manifester leur-ras-le bol suite à l’augmentation des frais académiques, ailleurs c’est l’exclusion des cours des étudiants qui n’ont pas encore payé la première tranche des frais qui fait monter la tension. A l’institut facultaire des sciences de l’information et de la communication  (IFASIC), depuis le lundi 16 novembre une grande partie d’étudiants sont chassés des auditoires et sont contraints à l’école buissonnière parce qu’ils ne sont pas en règle de paiement. Vont-ils continuer à tolérer cette humiliation sans protester ?

L’institut national des bâtiments et des travaux publics (INBTP) a frôlé l’émeute le lundi dernier suite à la majoration des frais académiques décidée de manière intempestive par les autorités de cette institution académique. Mécontents de cette décision, les étudiants ont exprimé de manière violente leur désapprobation. Pneus brûlés sur la voie publique, quelques véhicules incendiés, une journaliste de la chaîne de radio- télévision RTVS 1 brutalisée, ….L’intervention des éléments de la police nationale congolaise (PNC) a été fulgurante. Le bilan de l’opération fait état de quelques étudiants blessés.

Il s’en était fallu de peu pour que ces incidents tournent à l’émeute et que la situation dégénère. Heureusement que nous n’en sommes pas arrivés là. L’on se souviendra qu’à l’époque de la deuxième république,  une petite manifestation de contestation  partie de cet institut avait fini par embraser  l’ensemble des institutions académiques de la capitale, et l’enseignement supérieur dans son ensemble a été paralysé pendant un long moment.

Si à l’INBTP, les étudiants se sont levés pour manifester leur-ras-le bol suite à l’augmentation des frais académiques, ailleurs c’est l’exclusion des cours des étudiants qui n’ont pas encore payé la première tranche des frais qui fait monter la tension. A l’institut facultaire des sciences de l’information et de la communication  (IFASIC), depuis le lundi 16 novembre une grande partie d’étudiants sont chassés des auditoires et sont contraints à l’école buissonnière parce qu’ils ne sont pas en règle de paiement. Vont-ils continuer à tolérer cette humiliation sans protester ?

Les étudiants qui ne sont pas en règle sont aujourd’hui dehors. Quand ils s’acquitteront de leurs frais, la comptabilité tiendra-t-elle compte des jours passés en dehors des auditoires ? Comment compenser ce manque à gagner ? Lorsqu’on sait que des enseignements se donnent suivant des vacations, nous pouvons évaluer les conséquences catastrophiques sur le niveau de ces étudiants qu’on fait passer de classe alors que leurs têtes ne contiennent pas les matières qu’ils devraient avoir. Après nous allons pleurnicher pour dire que le niveau de l’enseignement ne fait que baisser en RDC ? Qui sont les véritables responsables de ce génocide intellectuel?

Etudiants ou clients ?

Il existe d’autres pratiques honteuses dans les universités et instituts supérieurs qui méritent des sanctions sévères à l’encontre de leurs auteurs. Il y a par exemple cette obligation imposée aux étudiants de payer des frais de confirmation avant de participer aux examens de la première et ou de la deuxième session. Comment les autorités académiques peuvent – elles justifier ces frais alors que ces étudiants ont régulièrement suivi les cours pendant toute l’année académique ?

Pourquoi doit-on exiger aux étudiants d’acheter obligatoirement les syllabus (dont certains ont un contenu sablonneux) alors qu’à l’heure des NTIC ils peuvent consulter l’internet pour enrichir leurs connaissances? Ce qui est amoral est le fait que l’étudiant qui n’achète pas le syllabus d’un professeur doit être sûr de ne pas réussir à ce cours.

Nous pourrions bien comprendre que ce genre d’antivaleurs se produit dans les établissements privés où les propriétaires n’ont de compte à rendre à personne. Mais que cela se passe dans les institutions académiques publiques, il y a de quoi crier au scandale et exiger que leurs auteurs soient sanctionnés.

C’est pourquoi d’aucuns se demandent pourquoi le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) se montre -t- il aussi complaisant vis-à- vis de ces autorités académiques qui dirigent les universités et les instituts supérieurs de l’Etat comme s’ils étaient leurs biens privés ? Cette attitude donne sans doute raison à ceux-là qui disent que dans tous les frais perçus le ministère bénéficie d’un certain pourcentage. S’il n’en est pas le cas,  le moment est arrivé de remettre de l’ordre dans ce secteur de l’éducation nationale. Dans le cas contraire ne soyons pas surpris que dans 20 ou 30 ans, la RDC connaisse une recolonisation faute de cadres compétents à placer dans divers postes de responsabilités.

[l'Observateur]


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