RDC : Multiples cas de tuerie à Lubero

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image ADF/NALU - Rebelles ougandais

La  société civile a projeté une ville morte de trois jours du lundi 26 au mercredi 28 octobre 2015 dans le territoire de Lubero dans la province du Nord-Kivu pour protester contre les multiples cas de tuerie, de tracasseries, dont est victime la population de cette entité. C’est sur la route nationale n°4 que s’étend cette forte recrudescence de l’insécurité depuis plus de deux semaines. Selon la société civile de cette entité territoriale, les résultats récoltés après le désordre seraient la mort d’une dizaine de civils et plusieurs autres amenés dans la brousse.

Pour la radio okapi, la consigne de ville-morte vise à interpeller l’autorité compétente face aux Kidnapping et tueries des voyageurs devenus monnaie courante dans le parc national des Virunga.

Dans la même perspective, les membres de la société civile de Lubero laissent entendre que lundi 26 octobre, toutes les activités étaient paralysées l’avant-midi dans les grandes agglomérations comme Kaina, Kirumba, Kanyabayonga, Kasehe, Alimbongo, Miriki. Seul le milieu scolaire n’a pas été touché et les élèves ont pu étudier normalement.

Par ailleurs, les véhicules en provenance de Beni pour Goma sont immobilisés dans lesparkings. Tous les mouvements des véhicules à destination de Butembo-Beni sont suspendus. Par contre, indiquent responsables de la société civile de Lubero, la route Goma-Rutshuru n’est pas concernée par la mesure.

Des notables autrefois dénoncés

Au deuxième jour ville-morte, les conséquences socio-économiques se font ressentir à Lubero-centre, Kirumba, et Kasehe où les boutiques et marchés sont restés fermés. Ce qui a entrainé la rupture de la communication entre les grands centres urbains de la province du Nord Kivu, indique la Fédération des entreprises du Congo à Lubero et Butembo.

Selon Polycarpe Ndivito, président de la Fec Lubero-Butembo, les échanges commerciaux sont suspendus et les territoires de Lubero et Butembo se retrouvent donc enclavés. Le trafic de Butembo vers Bunia est également suspendu, précise-t-il.

D’autres cas d’insécurité ont été signalés récemment par la société civile de Goma sur l’axe Rutshuru-Kanyabayonga et par des notables de l’intercommunautaire du Nord-Kivu. La société civile de Goma avait dénoncé le 22 octobre dernier un cas de recrudescence de l’insécurité sur les tronçons Rutshuru-Kanyabayonga et Butembo-Beni et l’absence des mesures pour mettre fin à cette situation.            Les responsables de cette organisation avaient évoqué plusieurs cas de kidnappings et d’attaques de véhicules sur cet axe. Un minibus avait été intercepté mercredi 21 octobre à Kahunga par des hommes armés qui avaient tué un jeune homme de 19 ans et blessé trois passagers avant d’emporter trois autres dans la forêt. Le 16 octobre, un véhicule de la paroisse catholique de Kanyabayonga a été attaqué sur ce même tronçon. Les assaillants avaient tué deux personnes et enlevé d’autres voyageurs.

Les acteurs de la société civile de Rutshuru pensent que cette situation est banalisée par les autorités tant politiques que militaires qui ne prennent, selon eux, des mesures pour mettre un terme à cette situation, devenue récurrente. Ils estimé qu’il y a eu relâchement dans les rangs des FARDC engagées dans les opérations Sokola 2 dans cette région.

Les notables de l’intercommunautaire du Nord-Kivu avaient exprimés leur profonde inquiétude face à la dégradation de la situation sécuritaire dans leur province. Dans un communiqué parvenu au mois de mai de cette année à Radio Okapi.

Ils dénonçaient notamment les tueries des populations et des casques bleus à Beni ainsi que les kidnappings à répétition à Rutshuru et Lubero. L’intercommunautaire encourage donc le Gouvernement à poursuivre les efforts de pacification pour éradiquer définitivement les groupes armés dans le Nord-Kivu.

« Nous avons constaté que la situation sécuritaire était particulièrement dégradée dans les territoires de Beni et Rutshuru. En fait, la situation sécuritaire est mauvaise partout [dans la province « , avait indiqué le président de l’intercommunautaire du Nord-Kivu, Jean Sekabuhoro.

Pour le cas particulier du territoire de Rutshuru, il avait évoqué « de véritables affrontements entre les communautés Nande et hutu » qui ont éclaté récemment dans la localité de Nyamilima. « C’est ainsi qu’à l’occasion de la réunion de l’intercommunautaire, nous avons appelé les différentes communautés, c’est-à-dire les Nande, les Hunde, les Hutus, les Nyanga et toutes les autres communautés à apprendre à régler leurs problèmes éventuels par le dialogue », avait rappelé Jean Sekabuhoro.

Outre les affrontements intercommunautaires, la localité de Nyamilima avait fait face à l’insécurité attribuée notamment aux Maï-Maï Nyatura. À la date du 30 avril, le nombre des civils tués dans leurs champs par armes blanches ou par balles, s’élevait à 30 dans le groupement Binza depuis le début janvier dernier.

[Jocelyne Wandje Mbote]


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