Nord-Kivu : La population menace de chasser les déplacées installés dans leurs zones d’exploitation agricole

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image Déplacées - Les déplacées de Kiwanja

Les familles déplacées installées dans le site spontané de Kanaba, localité du territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, sont actuellement dans la tourmente et craignent pour leur sécurité. Pour cause, à l’approche d’une nouvelle saison agricole, la population locale de Kanaba menace de chasser ces 2 700 ménages déplacés qui se sont installés dans leurs zones d’exploitation agricole depuis fin juin dernier.

Face à cette situation qui risque d’envenimer le climat social, constate-t-on sur le terrain, le Gouvernement provincial a accéléré les démarches visant à démanteler les deux sites spontanés de Kabizo et Kanaba qui regroupent  plus ou moins  5 000 ménages déplacés.

C’est dans ce contexte que ces personnes déplacées sont priées de prendre leurs dispositions pour rejoindre un autre site de déplacement existant ou encore de s’installer en famille d’accueil. Déjà, lors de la création de ces sites à la fin du mois de juin dernier, les autorités provinciales  avaient déjà avisé que la situation serait de courte durée.

Il s’en est suivi donc, une série de discussions entre les autorités et la communauté humanitaire pour tenter justement de trouver des solutions alternatives dans le but d’assurer la protection et l’assistance aux personnes déplacées.

Dans l’entre-temps, les acteurs humanitaires ont continué d’apporter une assistance d’urgence à ces personnes déplacées notamment en vivres, en soins de santé, vivres et autres installations sanitaires. Alors que d’importants efforts sont fournis pour trouver une solution favorable à tous, un nouvel élément risque de compliquer ces opérations de démantèlement des sites spontanés.

En fait le groupe de travail Coordination et gestion des sites de déplacement (CCCM,) informe que la majorité des 18 sites de déplacement de la collectivité de Bwito qui pourraient accueillir les déplacés de Kabizo et Kanaba seraient presque saturés par de nouveaux arrivants fuyant l’insécurité due aux conflits armés.

Au cours des dernières semaines, rapporte le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, ces sites ont accueilli plusieurs personnes fuyant les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les Forces démocratiques de  libération du Rwanda (FDLR).

A titre illustratif, le site de Ngoroba aurait accueilli à lui seul environ 3 000 personnes lors des dernières vagues de déplacement. Pour une meilleure coordination, les autorités congolaises et le secteur CCCM (Coordination et gestion des sites de déplacement) ont procédé au regroupement et à la fermeture de trois autres sites de déplacement notamment celui de  Shasha, de Lac vert et  de Lusuli.

Des kits d’accompagnement pour faciliter la réintégration

Au plus fort de la crise, ces trois sites accueillaient au total 2 185 personnes. En préparation de ce processus de regroupement et de fermeture, le secteur CCCM, en respect du caractère volontaire de l’exercice, avait récolté les intentions des personnes déplacées vivant dans les sites concernés.

Il en est ressorti qu’environ 13 % des déplacés souhaitaient être transférés dans d’autres sites de déplacement alors que le reste souhaitait retourner dans leurs milieux de provenance, se réinstaller ailleurs ou s’intégrer localement dans leurs milieux de déplacement.

En effet, souligne-t-on,  ce processus de regroupement et fermeture des sites de déplacement s’inscrit dans la stratégie CCCM/Nord-Kivu 2013-2016 et a même fait l’objet de concertation avec les autorités et l’ensemble de la communauté humanitaire.

D’ailleurs, des distributions de kits d’accompagnement sont prévues pour contribuer à la réintégration dans les zones de retour/d’intégration/de réinstallation dans la première semaine de mois d’octobre prochain Suite à l’amélioration de la situation sécuritaire dans plusieurs localités, deux autres sites : Nzulo et Buhimba avaient été aussi  fermé au mois de mai dernier.

Par ailleurs, dans le territoire de Beni, plus ou moins  3 000 ménages de Kamango ont bénéficié de 300 tonnes de nourriture du Programme alimentaire mondial (PAM) dans le cadre du programme  » Vivres contre Travail « . Cette opération de distribution de vivres a eu lieu du 7 au 14 septembre courant.

Les ménages bénéficiaires sont des retournés et rapatriés d’Ouganda depuis le mois avril. Le programme  » Vivres contre travail « , explique-t-on, a pour but de soutenir la relance agricole.  Avec la nouvelle année scolaire 2015-2016 qui commence, l’agence onusienne a repris son programme d’alimentation scolaire dans 106 écoles de la province du Nord-Kivu.

Au total 46 500 écoliers, enseignants et cuisiniers vont bénéficier des repas scolaires. Pour ce faire, plus ou moins  182 tonnes de farine, haricots, huile et sel seront mis à disposition pour la préparation des repas du mois de septembre courant.

En outre, environ 3 500 ménages déplacés, retournés et autochtones situés sur les axes Walikale-Biruwe et Walikale-Nyassi, ont également bénéficié de kits agricoles constitues de semences vivrières et d’outils aratoires, dans le cadre d’une intervention visant à réduire l’insécurité alimentaire en soutenant la production agricole. Cette opération organisée par ACTED (Aide à la coopération technique et au développement) s’est clôturée le 15 septembre courant.

Toujours dans le cadre de l’intervention humanitaire, près de  1 307 ménages déplacés vulnérables et familles d’accueil à Mokoko et Mugangi, localités situées dans le territoire du Lubero, ont reçu du 4 au 12 septembre, une assistance en cash électronique via une société de télécommunication de la place.

Alerte au choléra dans la zone de santé d’Osso

En fait, il s’agissait du second et dernier tour d’assistance organisé par le Programme alimentaire mondiale et son partenaire Lutheran World Federation (LWF). Les ménages bénéficiaires avaient fui leur village suite à des affrontements entre les troupes gouvernementales  et les FDLR dans le second trimestre de l’année.

Dans le volet sanitaire, des acteurs du secteur de santé se sont déployés dans la zone de Ntoto, située à l’Est de Walikale centre, en réponse aux besoins exprimés par la population. Malgré les difficultés d’accès notamment en raison de l’absence de route, l’ONG Interchurch Medical World (IMA) a déployé un stock de médicaments antipaludéens à Ntoto.

Ces lots ont été convoyés à pieds par des relais communautaires. Par ailleurs, International Medical Corps (IMC) envisage de mettre en place des cliniques mobiles à Ntoto très bientôt. Pratiquement sur le même registre, suite à l’alerte cholera déclenchée dans les aires de santé d’Osso ( Lubutu, au Maniema) et Mundindi (Walikale), deux aires de santé contigües, Solidarités international a mis en place depuis le 16 septembre courant, une série d’activités préventives en eau, hygiène et assainissement (EHA) dans le cadre du programme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP).

Enfin, ajoute-t-on, des équipes du groupe santé envisagent la mise en place des moyens de riposte au centre de santé de Mundindi. A en croire, des sources médicales locales, aucun nouveau cas n’a été notifié au cours des dernières semaines dans les aires affectées qui demeurent néanmoins sous surveillance épidémiologique.

[Dovin Ntelolo Diasonga]


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