RDC : Les conditions de détention dans les prisons et cachots laissent à désirer

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image Prison - Prisonniers, prison centrale de Makala

Le constat est amer. Dans la plupart des villes et localités de la République démocratique du Congo, les conditions de détention dans les prisons et cachots  laissent à désirer. Malheureusement, la prison d’Uvira, située dans le territoire du même nom, dans la province du Sud-Kivu, ne fait pas exception.

Grâce au projet à impact rapide (QIP) élaboré par la Section d’appui à la justice de la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), un quartier réservé exclusivement aux femmes vient d’être construit dans la prison d’Uvira.

Ce projet s’inscrit non seulement dans le cadre de l’appui à la restructuration du système pénitentiaire congolais, mais également dans le but de promouvoir le principe de la séparation selon les catégories (hommes et femmes) prévues par les standards internationaux.

Dans l’élaboration de ce projet à impact rapide (QIP) portant sur la construction d’un quartier femmes au sein de la prison d’Uvira, la Section d’appui à la justice de la mission onusienne a bénéficié de l’expertise de l’aumônerie catholique du diocèse d’Uvira.

L’objectif poursuivi par ce projet, est de contribuer à l’amélioration des conditions carcérales des femmes détenues; mais également à l’amélioration de la sécurité des femmes détenues face aux actes de violences sexuelles. Il vise en outre, la promotion de la réinsertion sociale de femmes condamnées.

Le coût total pour la réalisation de ce projet est de 35000 dollars américains. La participation communautaire s’élève à 800 dollars américains. Les travaux d’exécution de cet ouvrage ont été exécutés par l’aumônerie catholique du diocèse d’Uvira, pour une durée d’un peu plus de  trois mois.

En fait, les travaux réalisés ont consisté en la construction d’un bâtiment de deux (2) grandes cellules de quinze (15) places chacune, comportant deux (2) toilettes internes par cellule. Chaque cellule a été équipée de quinze (15) lits avec matelas et moustiquaires. Dans le même ordre d’idées, la mission onusienne, rapporté-t-on, a entamé d’autres travaux de construction d’un mur de clôturé pour mieux sécuriser la prison, en l’isolant ainsi des maisons avoisinantes.

Pour rappel, la Prison centrale d’Uvira a été construite à l’époque coloniale. A l’intérieur du quartier réservé aux hommes, un autre quartier était réservé aux femmes. Seulement, suite à sa perméabilité, les détenues femmes étaient exposées à toutes sortes d’abus, notamment sexuels, en dépit des efforts de surveillance du personnel de la prison centrale.

Etre emprisonné c’est exposer sa vie

Un rapport publié en 2005 par la Section des droits de l’homme de la mission des Nations Unies a eu déjà à relever les conditions de vie déplorables qui caractérisent les lieux détention en RDC. Depuis lors, malheureusement, peu de progrès ont été accomplis. Aujourd’hui encore, le constat est le même. Les conditions de détention dans les prisons restent inacceptables. Les déficiences graves dans l’alimentation, l’hygiène, faute des soins de santé appropriés les détenus meurent facilement.

Dans la plupart des lieux de détention en RDC, être emprisonné aujourd’hui, c’est exposer ou mettre sa vie en danger, tant les risques de mourir de faim en prison restent élevés. De même, il a été signalé que la santé des détenus reste déplorable. Tout comme pour l’alimentation, les soins médicaux n’existent pratiquement pas.

Ce rapport ajoute que si les infirmiers et les médecins de l’Etat sont parfois encore en place, ils manquent néanmoins de médicaments. La majorité des détenus est en mauvaise santé et les maladies frappant des organismes affaiblis par la malnutrition font des ravages mortels.

La surpopulation reste la règle dans de nombreuses prisons en RDC. Elle est due, en grande partie, à la capacité d’accueil très limitée des établissements pénitentiaires dont un très grand nombre est tombé en ruine et ne peuvent plus utiliser qu’une partie de leurs infrastructures.

Ainsi, la promiscuité qui découle du manque d’espace a des implications sérieuses sur l’hygiène et l’état de santé des détenus. Les conditions hygiéniques minimales font particulièrement défaut dans la plupart des prisons.

Faute de locaux disponibles, la séparation des diverses catégories de détenus entre adultes et mineurs, condamnés et prévenus, hommes et femmes n’est pas respectée de manière rigoureuse.

Aujourd’hui, un grand nombre des prisons en RDC sont dans un état de dégradation très avancé. Beaucoup ont été tout simplement abandonnées parce que tombées en ruine ou sont fermées pour vétusté. Seules 52 seraient fonctionnelles sur un total de 145 que comptait jadis le pays.

Comme indiqué ci-haut, la vétusté et le manque d’entretien des bâtiments ont entraîné la fermeture de ces différentes prisons et le transfert des détenus militaires vers les prisons civiles. Ce qui contribue pour beaucoup à leur surpeuplement.

Détail important, il n’existe pas toutefois, dans ces prisons civiles, de séparation entre catégories de détenus civils et militaires, ce qui expose les premiers aux pressions des militaires. Avec autant d’insuffisances, la prison n’est plus un lieu de correction où le détenu séjourne pour méditer ou repentir des faits pour lesquels il est emprisonné, mais devient plutôt une école de formation de bandits encore plus redoutables. Combien de fois n’a-t-on pas entendu certains se vanter ou s’enorgueillir le fait d’avoir fait la prison. Pour avoir braver tant d’épreuves et endurer des conditions de vie insupportables.

[Dovin Ntelolo Diasonga]


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