Massacre Lubas - Pygmées : Silence complice du régime de « Joseph KABILA »

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image Pygmée congolais

Plusieurs dizaines de Pygmées ont été tués la semaine dernière par des miliciens lubas au Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé mercredi la mission locale des Nations unies. Les Lubas, qui appartiennent au peuple bantou, et les Twas, des Pygmées de la région des Grands Lacs, sont en conflit depuis mai 2013 au Katanga, vaste province riche en ressources minières. "Des miliciens lubas (...) ont massacré des dizaines de civils pygmées et brûlé la résidence du chef de la communauté", a annoncé un porte-parole de la mission de l'Onu lors d'une conférence de presse à Kinshasa. Les faits se sont produits près de Nyunzu, dans le nord du Katanga, a-t-il précisé, ajoutant que les assaillants avaient agi en représailles à l'attaque de plusieurs villages lubas et de postes militaires. En quatre ans, le nombre de déplacés est passé dans la région de 50.000 à 460.000 en raison du conflit entre Twas et Bantous et de violences séparatistes. 

Plusieurs morts et plus de trente autres blessées, tel est le bilan dressé après un accrochage survenu mardi  5 mai 2015 entre les milices pygmée et bantoue dans le territoire de Manono dans le Katanga. Des sources proches de la société civile de Manono indiquent que des personnes décédées et blessées sont bantoues.

A en croire les sources, la première attaque est celle de la milice pygmée dans la localité de Soswa, et la seconde, survenue dans le secteur de Mukobo, celle de la milice bantoue dénommée « Eléments », après que des sources militaires revèlent que plusieurs accrochages récurrents entre les bantous et les pygmées dans ce territoire.

Quant à la société civile, elle pense qu’il revient aux autorités locales de dépasser ce qu’elle qualifie être le stade d’observateur. «Nous demandons aux autorités congolaises de rompre avec l’étape d’observation dans ces massacres qui sont entrain de faire coucher beaucoup de sang, et de passer à l’étape au moins de la dissuasion », a indiqué le coordonnateur de cette structure, Abbé Moïse Kiluba. La société civile de Manono a, par ailleurs reconnu toutefois, l’envoi par l’autorité, des militaires dans la localité de Soswa.

Ces troubles provoqués par les membres de la milice bantoue avec la milice pygmée ont débuté depuis plusieurs mois dans les territoires de Kabalo, Kalemie et Manono avec comme résultat enregistré: beaucoup de pertes en vies humaines, des maisons incendiées dans les différentes localités et des déplacements en masses de la population qui maintenant vit dans des conditions difficiles.

Le passage, en avril dernier du vice-Premier et ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab n’a donc pas permis d’apaiser la tension ethnique entre bantous et pygmées dans cette partie du Katanga. Le vice-Premier ministre avait appelé les protagonistes de la région à la réconciliation.

Ces conflits, qui affectent également les territoires de Kabalo, Kalemie et Manono, ont déjà causé plusieurs morts dans la région.

Appelés à la réconciliation

Dans le souci de rétablir l’ordre dans cette partie du pays, le général-major Jean-Claude Kifwa, commandant de la deuxième zone de défense regroupant la province du Katanga et les deux Kasaï a appelé les communautés bantoue et pygmée d’arrêter les hostilités et de dialoguer au lieu de recourir aux armes  blanches. Il a fait cette annonce mercredi 6 mai au micro de nos confrères de la radio okapi au lendemain des échauffourées.

Ces conflits ethniques ont causé la mort d’une dizaine de personnes et le déplacement de la population. «Moi, je conseille aux  uns et aux autres de dialoguer, de contacter l’autorité de l’Etat qui est représentée. Il y a un administrateur  du territoire et ses  adjoints. Les organes de l’Etat sont là», a souligné le général-major Jean-Claude Kifwa.

En outre, pense le général-major Jean-Claude Kifwa, les FARDC sont prêtes à appuyer la police afin de restaurer l’autorité de l’Etat dans cette partie de la province du Katanga, en proie aux conflits communautaires. «C’est vrai  que jusque-là, ce n’est pas encore un problème militaire. Mais, l’armée reste aux  aguets. Faire la guerre, c’est facile mais conquérir la paix c’est difficile», a-t-il souligné.

Le général major Jean-Claude Kifwa a rappelé que personne n’a le droit de se faire justice s’il se sent lésé. «Il y a la justice, il y a les services de l’Etat. Moi, je pense qu’il ne faut pas faire  recours  à la force pour se faire justice. Personne  n’est autorisé à se faire justice», a-t-il poursuivi. Il a par ailleurs promis de renforcer la présence militaire dans cette région : «Nous allons marquer maintenant une  présence militaire dans cette partie pour que ce genre de situation ne puisse pas dégénérer».

Dans le même ordre d’idée, les autorités locales ont, par la suite, décidé de relocaliser ce camp qui abrite environ 3 000 déplacés parmi lesquels les bantous et les pygmées. «On était inquiet lorsqu’il y avait un groupe de jeunes gens avec des armes blanches  qui sont allés encercler le quartier général de la Monusco du contingent béninois sur  place. On est intervenu en appui à la police qui est sur place parce que la situation débordait  déjà, on a eu à maitriser [la situation] », a déclaré le commandant de la deuxième zone de défense.

[Jocelyne Wandje Mbote]


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