RDC : Des prisons transformés en mouroirs

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image Prison - Prisonniers, prison centrale de Makala

Si aujourd’hui les autorités dans leurs titres respectifs n’arrivent pas à respecter les droits fondamentaux des prisonniers dans la maison carcérale de Kindu, comment est-ce que nous arriverons à mettre fin à des recrudescences d’évasions, d’insécurité qui sont enregistrées dans la plupart des maisons carcérales sur toute l’étendue de la RDC ?  Alors que, ces prisonniers sont censés être bien surveillés par des policiers commis à la garde pendant le séjour au cachot. Rien d’autre que les conditions de détention des prisonniers sont difficiles, occasionnant parfois des tentatives d’évasion qui tournent de fois au drame. Les déficiences graves dans l’alimentation, l’hygiène, les soins de santé continuent à transformer certaines prisons en véritables mouroirs. De toutes parts, il a été signalé par des sources que la santé des prisonniers reste déplorable. Tout comme  pour l’alimentation, les soins médicaux ne sont suivis à la loupe. Il sied de signaler aussi la carence de médicaments. La majorité de détenus est en mauvaise santé et les maladies font des ravages mortels.

Plusieurs jours déjà depuis que la maison carcérale de Kindu se trouve dans une situation fabuleuse. De quoi s’agit-il ? Il s’agit tout simplement de la rupture de stock de nourritures depuis un bon bout de temps. Cette information a été livrée le weekend dernier par les responsables de cette maison carcérale.  

A les entendre parler, la dernière ration mangée par les prisonniers date  du dimanche 29 mars 2015 et il n’y aura rien à mettre sous la dent à partir de la semaine prochaine. C’est après une visite du dépôt de provision, situé au quartier femmes, que les responsables de la prison de Kindu ont exprimé leur inquiétude.  Ils redoutent que de pareilles situations entrainent des agitations et autres soulèvements dans cette maison carcérale.

Le gouvernement provincial du Maniema de son côté affirme au micro de nos confrères de la radio okapi avoir dépêché le ministre provincial en charge des Affaires pénitentiaires à Kinshasa pour une solution adéquate à ce problème. La même source indique, qu’ils n’ont reçu aucune  subvention dernièrement, et  toutes les démarches menées pour  trouver de quoi manger pour ces détenus  n’ont pas abouti. Tout en rappelant que la prison centrale de Kindu héberge actuellement 435 pensionnaires parmi lesquels 322 prévenus, 97 condamnés et 9 mineurs. En début février dernier, trois détenus étaient décédés à la prison centrale de Kindu qui, selon des sources pénitentiaires, enregistre de nombreux cas de maladies.

Les conditions ne répondent pas  

Si aujourd’hui les autorités dans leurs titres respectifs n’arrivent pas à respecter les droits fondamentaux des prisonniers dans la maison carcérale de Kindu, comment est-ce que nous arriverons à mettre fin à des recrudescences d’évasions, d’insécurité qui sont enregistrées dans la plupart des maisons carcérales sur toute l’étendue de la RD Congo ?  Alors que, ces prisonniers sont censés être bien surveillés par des policiers commis à la garde pendant le séjour au cachot.

Rien d’autre que les conditions de détention des prisonniers sont difficiles, occasionnant parfois des tentatives d’évasion qui tournent de fois au drame. Les déficiences graves dans l’alimentation, l’hygiène, les soins de santé continuent à transformer certaines prisons en véritables mouroirs.

De toutes parts, il a été signalé par des sources que la santé des prisonniers reste déplorable. Tout comme  pour l’alimentation, les soins médicaux ne sont suivis à la loupe. Il sied de signaler aussi la carence de médicaments. La majorité de détenus est en mauvaise santé et les maladies font des ravages mortels.

Le Directeur Charles Antoine Bambara de la division de l’information publique de la  Mission de l’Onu pour la stabilisation en RDC  » Monusco  » avait fait au mois de février 2014 l’Etat de lieux du système pénitentiaire congolais. Il s`agit notamment de celles de Kasapa (Katanga), Bunia (Province-Orientale) et Goma (Nord-Kivu) où  » des cas de maladie liés au manque d’hygiène ont été enregistrés « .

Selon Charles Antoine Bambara, la Monusco plaide auprès des autorités congolaises pour qu’une réforme en profondeur du système pénitentiaire congolais soit menée en RDC. Il a souligné que la Mission onusienne continue d’appuyer les autorités congolaises pour faire face aux différents problèmes que connaissent les prisons congolaises.

En septembre 2011, neuf cent soixante-trois détenus se sont évadés de la prison du Katanga à Lubumbashi. Cent soixante-trois d’entre eux ont été repris par la police plus tard dans la journée. Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées au cours de  l’évasion. Plus de 500 autres fuites ont été notifiées en juin 2013 dans la prison centrale de Goma. Au mois de décembre de la même année, plusieurs sources ont fait état des détenus qui se nourrissaient d’épluchures de pommes de terre à la prison centrale de Munzenze.

[Jocelyne Wandje Mbote]


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