RDC : Le Gouverneur BAMAMISA dans le collimateur de l'ANR

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image Jean BAMAMISA

Les choses semblent se précipiter d’avantages dans les abîmes pour le Gouverneur de la province Orientale, Jean Bamanisa Saïdi. Un recouvrement forcé des taxes pour son gouvernement auprès des opérateurs miniers chinois et Tanzaniens exploitants semi industriels dans la Concession 40 de la Société minière de Kilo Moto, lui serait retourné mal au visage.

Jean Bamanisa Saïdi est désormais dans le collimateur de la Direction Générale de l’Agence Nationale des Renseignements, ANR. L’homme fort de la Province Orientale, gouverneur en fonction, en séjour à Kinshasa, a été entendu au sommet de l’ANR, les enquêtes se poursuivent. Depuis lundi 02 Mars 2015, certains de ses collaborateurs et pas n’importe lesquels, sont appréhendés, mis dans l’avion et expédiés à Kinshasa. C’est Ringo Baraka, son conseiller technique, PDG de l’Ituri Mining, une entreprise minière du portefeuille du gouvernement de la Province Orientale, et ancien député national MLC de Jean Pierre Bemba Gombo, qui a ouvert la série. Ce jour-là (lundi 02 Mars 2015), Ringo Baraka a été cueilli à Bunia, gardé une nuit dans les installations de l’ANR, puis transféré à Kinshasa. Le même mardi, c’est le chef de division intérimaire des mines de l’Ituri qui a été arrêté à son tour, après une nuit passée dans les installations de l’ANR, il a été transféré à Kinshasa via Kisangani. Mercredi 04 Mars 2015, Ngabu Kpari, son délégué en Ituri, decrie sur les antennes des radios à Bunia, entre-autres la Radio Okapi, l’acharnement de la direction générale de l’ANR sur les collaborateurs de Jean Bamanisa. A l’occasion, il informe l’opinion que le ministre provincial des Mines, Paulin Odiane, est aussi objet d’une convocation de la Direction Générale de l’ANR.

Cette situation intervient trop peu de jours après le lancement d’une opération de recouvrement forcé, marquée par des actions d’interruption des travaux dans des chantiers miniers, des scènes de saisie des matériels, d’arrestations et de séquestrations, d’opérateurs miniers chinois et Tanzaniens, par l’autorité de la Province Orientale dans la Concession 40 de la SOKIMO. Jean Bamanisa les accuse de prédation de l’économie congolaise, de fraude et de séjour irrégulier sur le sol congolais; donc des auteurs de crimes contre l’environnement en RDC. Pour être lavés de toutes ces accusations, un montant de 10 mille dollars américains leur a été infligé, sans compter d’autres pénalités dont le montant était fixé selon l’appréciation de Paulin Odiane, ministre provincial des mines. Certains opérateurs ont honoré ce payement, malheureusement, ils n’ont pas été relâchés. Toutes les accusations formulées par le Gouverneur de la province orientale contre ces exploitants, sont déclarées de non fondées par la Société minière de Kilo Moto, dont ils sont locataires. Des sources proches du Ministre national des mines Martin Kabwelulu, il nous revient que rien n’est reproché à ces exploitants miniers chinois et Tanzaniens, qui seraient en règles vis-à-vis de ce ministère. Les mêmes sources révèlent qu’au cours d’un entretien téléphonique avec le Gouverneur de la province orientale Jean Bamanisa, le ministre Martin Kabwelulu lui aurait demandé de relâcher ces expatriés, à défaut d’effectuer leurs poursuites conformément à la loi. Hélas, l’homme fort de la province orientale aurait fait fi de cette demande. Déjà à Bunia, le gouvernement de la Province orientale a exclu dans sa démarche, et le parquet et le tribunal de grande instance de l’Ituri. A Kisangani, le Procureur général près la Cour d’Appel de la province Orientale, a été mis à l’écart. La Coopérative minière pour le Développement, COOMID, l’une d’entreprises traquées par Monsieur Bamanisa et dont 16 ouvriers expatriés chinois ont été mis aux arrêts, a saisi le procureur général de Kisangani contre le ministre provincial des mines Paulin Odiane. Ce dernier est depuis lors poursuivi pour notamment mauvais traitements, séquestrations, extorsions et arrestations arbitraires. Et à Kisangani où ces Chinois et Tanzaniens, une trentaine au total, ont été ramenés par le ministre provincial des mines Paulin Odiane, un expatrié chinois est mort dans des non encore clarifiées.

En Ituri, le Gouverneur Bamanisa est accusé par la Sokimo d’avoir pris, de force, des chantiers miniers déjà en location, au profit d’Ituri Mining, une entreprise du Portefeuilles de la Province Orientale qui emploie aussi des chinois, et dont Ringo Baraka, a été nommé par lui Directeur Général.

La traque avec brutalité des chinois en Ituri par les services du gouvernorat est intervenue juste au moment où le gouvernement de la RDC a encore des explications à donner à son allié, le gouvernement de Pékin, sur des pillages que des ressortissants chinois, surtout des hommes d’affaires, ont été objets à Kinshasa lors des émeutes sur la contestation d’un projet de la loi électorale.

L’arrestation ou l’interpellation de Ringo Baraka et de Paulin Odiane, deux proches collaborateurs du Gouverneur Bamanisa, par la Direction Général de l’ANR, fragilise et expose l’homme fort de la province Orientale, au risque de lui faire terminer en catastrophe ses derniers 4 mois qui lui restent comme Gouverneur. Il en va de son avenir politique !

[Placide Kakoraki/lemillenaireinfoplus]


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