Kisangani : La colère des militants du PPRD face au Gouverneur BAMAMISA

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image PPRD - Des cadres et membres du PPRD

Tout serait parti de la réfection par la coopération technique belge de l’immobilier qui abrite la mairie de Kisangani. A la fin des travaux de réfection, le gouverneur de la Province Orientale Jean Bamanisa Saidi, décide d’y installer ses services et de déménager ceux de la mairie. Augustin Osumaka, maire de Kisangani s’y oppose farouchement.

Sur place à Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale, une folle rumeur attribue à l’actuel patron de l’exécutif provincial de Kisangani, la propriété de l’immeuble qui abrite l’actuel cabinet du gouverneur. Jean Bamanisa Saidi aurait retrouvé les vrais propriétaires quelque part au monde, certes pas en RDC, et il n’aurait pas hésité à l’acheter discrètement. Il semble que pour le moment il voudra bien faire déguerpir son cabinet de cet immeuble, récupérer les clés et peut-être, amorcer les travaux de réfection. Faute de choix, l’occasion faisant le larron, c’est la mairie de Kisangani qui devra désormais abriter, selon lui, le gouvernement Provincial. Le maire Augustin Osumaka résiste à son chef, et sa gestion se verra coller rapidement un audit financier de la part de l’exécutif provincial de Kisangani. Bonne répression politique ! S’exclame un avocat de Kisangani. Augustin Osumaka est suspendu par son chef, une décision qui irrite ses camarades du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, PPRD. Samedi 03 Janvier 2015, ils manifestent en remplissant les rues de la ville. Ils scandent des slogans hostiles au gouverneur et ils exigent la réhabilitation de leur camarade à ses fonctions du maire de Kisangani. Le conflit devient essentiellement politique. Dans la ville, certains médias, entre-autres la Télévision CANAL ORIENT du questeur de l’Assemblée nationale John Tokole, soupçonné toujours de vouloir briguer la commande de l’exécutif provincial à Kisangani, relaie la colère des Antibamanisa. De la bonne guerre ! Certains intellectuels et cadres politiques ressortissants du district de la Tshopo s’invitent dans l’affaire. A travers un communiqué politique, ils demandent au Gouverneur Bamanisa, Iturien de par sa grand-mère, de réhabiliter un fils de la Tshopo, suspendu illégalement de son poste de travail à la mairie, selon eux.

L’affaire vient de prendre une dimension inquiétante. C’est le tout 1er litige des conflits de compétences que le vice 1er ministre en charge de l’Intérieur Evariste Boshab devra examiner dans la Province Orientale et trancher avant qu’il ne soit tard. Ce conflit aurait pu être évité. Si le Gouverneur Jean Bamanisa Saidi pouvait honorer sa promesse de campagne formulée avant de gagner le gouvernorat de la Province Orientale, celle d’achever la construction du bâtiment devant abriter les bureaux du gouvernement provincial de Kisangani, débutés par son prédécesseur Médard Autsayi Asenga, il n’aurait pas connu de la bousculade en ce jour avec son collaborateur Augustin Osumaka, maire de Kisangani.

Pourquoi avoir acheté pour son propre compte un immeuble qui sert de bureau de travail à un gouvernement dont il est lui-même chef de l’exécutif ? Si réellement il l’a fait, cette question exhume la nécessité de réveiller au sein de certains politiciens congolais, notamment l’actuel patron de l’exécutif provincial de Kisangani, le sens minimum d’éthique. Ce n’est pas différent de quelqu’un qui achète pour son compte personnel une parcelle qui abrite son église, et qui tient coute que coute juste après l’achat à obtenir le déguerpissement de la chapelle. A-t-il couvert ses opérations d’achat de toutes les obligations fiscales requises, si réellement l’achat a eu lieu ? Une enquête parlementaire de l’Assemblée nationale, s’avère impérieuse dans cette affaire. Mais en attendant, la Belgique qui a réhabilité la mairie de Kisangani doit être profondément déçue de constater qu’en RDC des hommes d’Etat peuvent encore se battre, voire bagarrer politiquement, 54 ans après l’indépendance, rien que pour occuper quelques pièces repeintes pour abriter de petits bureaux de travail. 

Trésor Alimasi


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