RDC : Au Katanga, le « Triangle de la mort » demeure le théâtre de violences contre les civils

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Pweto, abritant environ 30% du nombre total de déplacées internes au Katanga estimée à près de 582 000 personnes, est un des territoires qui composent ce que les acteurs humanitaires appellent le « Triangle de la mort ». Avec les zones de Manono et Mitwaba, le « Triangle » demeure le théâtre de violences contre les civils. Au cours des trois dernières années, le nombre de personnes déplacées au Katanga s’est multiplié par 10, passant de près de 55 000 fin novembre 2011 à plus de 582 000 aujourd'hui. La violence a forcé des milliers d'enfants à abandonner les études et perturbé les activités économiques des familles. Depuis le début de l'année, plus de 14 000 incidents de protection ont été enregistrés, sept fois plus qu’en 2013.

Trois ans après qu’un cycle de violence ait déplacé plus d'un demi-million de personnes et affecté leurs moyens de subsistance, il y a un besoin urgent d'une plus grande attention sur la crise humanitaire qui affecte le Katanga, riche province minière de la République démocratique du Congo (RDC).

« Le Katanga a besoin d’une plus grande attention, une attention plus soutenue afin de trouver des solutions immédiates aux besoins humanitaires complexes qui affectent les civils », a déclaré zn novembre 2014 le Coordonnateur humanitaire en RDC, Moustapha Soumaré, à la fin d’une visite à Pweto, ville du nord du Katanga qui abrite environ 178 000 personnes déplacés internes.

Pweto abrite environ 30% du nombre total de déplacées internes au Katanga

Du 17 au 19 novembre 2014, M. Soumaré a conduit une mission composée d’agences onusiennes, des ONG et des donateurs internationaux pour évaluer les besoins humanitaires, dresser un bilan de la reponse en cours et des défis, et discuter avec les acteurs sur les perspectives des prochains mois.

La mission a été ponctuée par l’étape de Pweto où la délégation a visité une école de rattrapage pour les enfants déplacés et ceux qui sont sortis des rangs des groupes armés et une foire de distribution d’articles ménagers.

Pweto, abritant environ 30% du nombre total de déplacées internes au Katanga estimée à près de 582 000 personnes, est un des territoires qui composent ce que les acteurs humanitaires appellent le « Triangle de la mort ». Avec les zones de Manono et Mitwaba, le « Triangle » demeure le théâtre de violences contre les civils.

Au cours des trois dernières années, le nombre de personnes déplacées au Katanga s’est multiplié par 10, passant de près de 55 000 fin novembre 2011 à plus de 582 000 aujourd'hui. La violence a forcé des milliers d'enfants à abandonner les études et perturbé les activités économiques des familles. Depuis le début de l'année, plus de 14 000 incidents de protection ont été enregistrés, sept fois plus qu’en 2013. « La protection des civils est primordiale au Katanga, les enfants et les femmes demeurant les plus touchés. Il nous incombe de créer des conditions favorables qui permettent de protéger tous les civils », a dit M. Soumaré.

Au moins 24 millions USD pour couvrir les besoins humanitaires prioritaires

Dans un contexte des besoins persistants, les donateurs ont contribué environ 24 millions de dollars américains entre mars 2013 et juin 2014. Cette aide financière a permis, entre autres choses, de fournir quelques 12 000 tonnes de nourriture à plus de 730 000 personnes, de vacciner plus de 7 millions d'enfants contre la rougeole et de fournir des semences et du matériel agricole à plus de 70 000 personnes.

Cependant, à côte de la crise humanitaire, le Katanga connaît également un déficit chronique de développement. Le programme de rattrapage scolaire, financé par un programme multi-bailleurs dénommé le Fonds Commun Humanitaire, est le « parfait exemple » des liens qui doivent exister entre les acteurs d’urgence et ceux du développement, a dit M. Soumaré.

Le président du parlement provincial du Katanga avait déclaré à la mission que l’emploi pour les jeunes constitue une des clés pour les dissuader de rejoindre les groupes armés.

Aujourd'hui, avec le Katanga, ce sont toutes les provinces de l'Est qui sont instables. Le Katanga est confronté à une insuffisance d’acteurs humanitaires et on estime qu'au moins 24 millions de dollars américains sont nécessaires pour couvrir les besoins humanitaires prioritaires.

« Les besoins humanitaires du Katanga ont été marginalisés. Nous devons nous assurer que ces besoins reçoivent l'attention qu'ils méritent. Le Katanga a besoin de la paix et de la stabilité, mais cela ne peut se faire qu’en investissant dès aujourd’hui dans les besoins humanitaires et de développement», a déclaré M. Soumaré.


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