RDC : Massacre d’une dizaine de personnes par les ADF/NALU en Ituri

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image ADF/NALU - Rebelles ougandais

Onze personnes ont été tuées, dont trois femmes et huit hommes, vendredi 26 décembre tôt dans la matinée au village de Ndume en pleine forêt dans la chefferie de Walese Vonkutu en Ituri (Province Orientale). Six autres personnes ont été massacrées quelques heures plus tôt, à Ndalya, en plus de cinq personnes grièvement blessées. Ces tueries sont attribuées aux rebelles ougandais ADF/Nalu. En tout, dix-sept personnes ont été massacrées, dont onze 24 heures après les festivités de la Nativité et six autres dans la nuit de Noël, à Ndalya, localitée située à 15 km au nord de Eringeti. Ces tueries ont provoqué des manifestations violentes de la population. Des jeunes des localités de Manzobe et d’Idohu munis d’armes blanches et de pierres ont en effet organisé une marche pour protester contre ces tueries qui viennent d’endeuiller la population de la Province Orientale déjà en proie à des exactions d’autres groupes armés, comme la rébellion de la LRA. Cette manifestation, a rapporté Radio Okapi, aurait été due à l’arrestation par la police de deux jeunes soupçonnés d’avoir pris part à l’attaque. Ce qui n’a pas enchanté les habitants qui se sont attaqués à la police d’Idohu pour libérer de force ces deux jeunes gens. Ensuite, les manifestants se sont dirigés vers les installations de la Monusco à Idohu. Ils ont lancé des flèches et des pierres contre des Casques bleus. Ceux-ci ont ensuite tiré des coups de feu en l’air  de sommation pour tenter de disperser les manifestants. L’un d’eux a reçu une balle perdue et a succombé de ses blessures. Ce qui a dû enflammer la situation déjà explosive. Il a fallu l’intervention des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC). Avec ces tueries, peut-on redouter une extension en Province Orientale des massacres des ADF/Nalu ? En tout cas, les autorités coutumières qui craignent de connaître la situation dramatique prévalant  dans le territoire de Beni dans la province du Nord-Kivu plaident pour le renforcement des positions et le déploiement des FARDC dans la région.

Vaut mieux prévenir que guérir dit-on. Dommage, cette sagesse n’a pas été appliquée dans le district de l’Ituri, en Province Orientale, où on déplore aujourd’hui le massacre d’une dizaine de personnes par des rebelles ougandais de l’Alliance des forces démocratiques (ADF).

Pourtant, plusieurs alertes ont été lancées depuis quelques mois déjà pour avertir les autorités en charge de la sécurité et de la protection des populations et de leurs biens, sur le mouvement des éléments de ce groupe armé en direction du district de l’Ituri, en débandade à la suite de la traque dont ils sont l’objet de la part des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans le territoire de Beni, dans la province du Nord Kivu, au travers l’opération militaire  »Sokola 1 ».

L’apathie, l’inefficacité ou encore la négligence de nos services de renseignement et de sécurité ont coûté la vie à onze pauvres et innocents citoyens, lâchement tués par des ADF dans les premières heures du vendredi dernier, dans la localité de Ndume en Ituri. Ils ont péché dans l’exercice de leur mission.

Déjà, rapporte des sources de la Société civile locale, ces crapuleux crimes ont été commis à peine quelques  heures après le massacre de six  autres personnes perpétré apparemment par les mêmes éléments ADF dans la localité de Ndalya. Cinq personnes ont été grièvement blessées au cours de cette attaque.

Naturellement, comme on pouvait s’y attendre, les populations touchées ont violemment réagi contre ces tueries gratuites.

Ces tueries peuvent paraître incompréhensives après plus ou moins 270  personnes tuées à Beni, au Nord Kivu, par les mêmes éléments, utilisant pratiquement le même mode opératoire.

En dehors de la Société civile, des sources humanitaires avaient également attiré l’attention des uns et des autres sur des incursions observées des présumés combattants du groupe armé Alliance des forces démocratiques (ADF) dans le district de l’Ituri.

Cinq incursions des combattants ADF ont été rapportées notamment du 14 au 19 décembre courant, dans neufs villages périphériques de Bwanasura et Luna sur l’axe Komanda-Luna. Lesquelles  incursions, souligne-t-on, ont provoqué d’importants déplacements des populations dans la localité de Bwanasura et dans celle de Luna.

Le nombre de personnes déplacées internes(PDI), précise-t-on, n’est pas encore connu à cause de la situation sécuritaire instable qui prévaut dans la zone pour le moment.

Selon des sources humanitaires, le district de l’Ituri, particulièrement les axes Komanda-Luna, Kainama-Boga et Mambasa-Beni, a accueilli depuis le mois de novembre dernier des personnes fuyant les graves exactions commises par des présumés miliciens ADF au Nord de la province du Nord-Kivu.

Près de 300000 personnes déplacées internes en Ituri

Dans l’entre-temps, si rien n’est fait pour maitriser ce groupe armé qui a endeuillé des milliers des familles à Beni, la poursuite de ces incursions en Ituri risque d’exacerber une situation sécuritaire et humanitaire déjà fragile.

Les statistiques publiées récemment par la Commission provinciale des mouvements de populations indiquent que plus ou moins 300 000 personnes sont enregistrées comme déplacées internes en Ituri.

Depuis le mois de novembre dernier, l’activisme de présumés miliciens d’ADF dans la région de Beni (Province du Nord-Kivu) a déjà entrainé un afflux de personnes déplacées internes (PDI) en Ituri.

Des organisations locales ainsi que les différents acteurs humanitaires ont recensé quelque 40000 personnes déplacées internes (PDI), alors que d’autres vagues de déplacement continuent d’être signalées.

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), renseigne qu’au cours du premier semestre 2014, près de 20 000 personnes déplacées du Nord-Kivu avaient déjà trouvé refuge dans la région de Komanda à la suite des exactions des présumés combattants d’ADF.

Pour faire face aux besoins exprimés, les acteurs humanitaires avaient apporté de l’assistance en articles ménagers essentiels (AME), abris, eau, hygiène, assainissement et vivres à ces personnes déplacées internes de la première vague.

Sur place, constate-t-on, les acteurs humanitaires poursuivent l’assistance en faveur des personnes arrivées au mois novembre dernier, se trouvant dans des zones encore accessibles.

Par ailleurs, dans le cadre du mécanisme de réponse rapide aux mouvements de populations (RRMP), une foire aux articles ménagers essentiels (AME) a été organisée du 15 au 22 décembre courant, sur l’axe Komanda-Luna, au profit de 2953 ménages bénéficiaires, soit plus de 14000 personnes.

Pour sa part, rapporte-t-on, l’ONG Samaritan’s purse a distribué des kits d’articles ménagers essentiels (AME) à 451 ménages, soit  plus de 2200 personnes, sur le même axe. Globalement, près de  60 000 personnes déplacées internes (PDI) du Nord-Kivu seraient présentement dans le district de l’Ituri.

Ainsi, pour une prise en charge efficiente de ces populations déplacées arrivées en Ituri, une mobilisation des ressources est requise. C’est dans cette optique que  la communauté humanitaire est en train de planifier des réponses multisectorielles en faveur de ces populations pour les six prochains mois.

En fait, les principaux besoins pour le moment se traduisent en termes d’abris, articles ménagers essentiels et des vivres.

Des kits et intrants de santé reproductive déployés dans les zones de santé de Komanda, Boga et Gethy

Toujours dans le cadre de besoins et réponses humanitaires, grâce au financement du Fonds commun humanitaire (Pooled fund), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a déployé, depuis le 8 décembre dernier, des kits PEP et autres intrants de santé reproductive  (préservatifs masculins et féminins) dans 14 structures sanitaires dans les zones de santé de Komanda, de Boga et Gethy.

Cette réponse intervient dans le cadre du projet : « Prévention et réponse aux violences sexuelles et faites sur le genre au sein des populations déplacées et hôtes dans le Sud du territoire d’Irumu, dans le district de l’Ituri ».  C’est un projet qui s’étale sur une période de six mois.

[Dovin Ntelolo Diasonga]


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