FDLR : Jour J -x

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Quelque 83 anciens combattants FDLR se sont rendus à Buleusa et 72 autres à Burhinyi. Les 83 qui ont déposé les armes à Buleusa, en territoire de Walikale, se sont rendus avec 38 femmes et enfants devant des représentants de l'État, de l'ONU, de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs et de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), a annoncé Feller Lutaichirwa, vice-gouverneur du Nord-Kivu. Ils devaient ensuite être amenés au camp de regroupement de Kanyabayonga, à quelque 100 kilomètres de Buleusa.

Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a invité les rebelles rwandais des FDLR à déposer les armes avant le 2 janvier 2015, date de l’expiration de l’ultimatum que leur ont lancé la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Conférence internationale pour la région des grands lacs (CIRGL). Dans une interview accordée lundi 29 décembre à Radio Okapi, il a indiqué que c’est la voie du salut de ces rebelles rwandais. Passé le 2 janvier, les FDLR seront traqués.

« Je continue à saluer leur engagement à déposer volontairement les armes et c’est cela la voie qui constitue leur salut », a déclaré Julien Paluku.

Le gouverneur du Nord-Kivu a fait savoir que la date butoir du 2 janvier accordée aux FDLR est toujours maintenue.

« Nous pensons que l’ultimatum qui a été lancé par tous les pays de la SADC, reste en vigueur. Surtout que, le 2 janvier 2015, on va devoir l’évaluer et peut-être, il y aura une mission qui se rendra encore une fois à Buleusa, pour rencontrer les FDLR pour savoir, quel est définitivement le nombre exact qui reste en brousse pour qu’on se rassure, que les populations du Nord-Kivu commencent à respirer la paix », a poursuivi Julien Paluku.

Il a mis en garde les FDLR pour qu’ils ne se considèrent pas « plus forts » que les autres forces.

« Vous savez que le M23 était une force qui était particulièrement difficile à vaincre, mais par la détermination du Gouvernement congolais, appuyé par la Monusco, on est venu à bout de cette force. Les FDLR ne doivent pas se croire qu’ils sont plus forts que toutes ces forces-là », a ajouté le gouverneur du Nord-Kivu.

Julien Paluku a invité les FDLR à déposer les armes, expliquant qu’il n’y avait pas « de meilleure vie que de vivre sans coup de balle ».

Appel de la société civile

Le même appel au désarmement volontaire des FDLR a été lancé par la société civile du Nord-Kivu. Pour le président de cette organisation, Thomas d’Aquin Mwiti, l’étape du désarmement forcé serait fatale pour les combattants eux-mêmes, leurs familles et pour toute la population de la région.

Thomas d’Aquin Mwiti demande, à son tour, aux FDLR d’accélérer les mouvements de reddition.

« Nous continuons à solliciter, à demander aux FDLR de déposer volontairement les armes et ne pas accepter qu’on passe à l’étape des violences. Accepter qu’il y ait de traque comme cela est prévu par la communauté internationale et le gouvernement congolais serait la catastrophe », estime-t-il.

Il dit craindre que la population civile soit aussi victime d’une action militaire menée par la Monusco et le gouvernement contre les FDLR:

« Vous savez, lorsqu’on passe à une étape d’affrontements, ce ne sont pas seulement les FDLR qui sont victimes, même la population civile aussi ; étant donné que parmi eux [les FDLR], il y a certains qui se sont déjà intégrés dans la communauté, et d’autres sont dans des camps de déplacés. Il est difficile de les identifier ». 

Thomas d’Aquin félicite toutefois les rebelles rwandais qui ont déjà accepté de déposer les armes et « qui se sont inscrits dans la logique du processus de la paix ».

FDLR : Jour-J-x

La traque contre les FDLR aura-t-elle lieu ? Que va-t-il se passer après le 2 janvier 2015 ? Alors qu’une petite dizaine de jours nous sépare de la date butoir -le 2 janvier prochain – de l’ultimatum lancé aux FDLR par la CIRGL et la SADC pour qu’elles se rendent volontairement, faute de quoi, des opérations militaires vont être menées contre elles, ces questions restent suspendues aux lèvres de la plupart des Congolais, particulièrement ceux vivant dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). 

Y aura-t-il des opérations militaires contre les rebelles hutu rwandais vivant en RDC après le 2 janvier prochain ? Qu’il y ait opération ou non, la constatation sur le terrain est que depuis six mois, c’est-à-dire depuis le lancement de cet ultimatum, aucune avancée n’a été enregistrée sur leur désarmement volontaire.

A en croire Georges Rebelo Pinto Chikoti, ministre angolais des Relations extérieures, dont le pays préside la Communauté internationale pour la région des Grands lacs (CIRGL)  il n’ya pas de doute : « La brigade de l’Onu va se mobiliser contre les FDLR ». En attendant que le sommet se réalise vers le 15 janvier,  » la brigade devrait initier l’opération militaire avec l’armée congolaise comme prévu.  »

Mercredi 17 décembre, le président rwandais Paul Kagame s’est rendu à Luanda en Angola, où Il s’est entretenu avec son homologue angolais José Eduardo dos Santos. Au menu de l’entretien des deux chefs d’Etat, la situation actuelle de la sécurité dans la région des Grands Lacs, notamment à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

La visite de quelques heures de Paul Kagame en Angola entre dans le cadre de l’accompagnement de la situation en RDC et en République centrafricaine (RCA), pays affectés par d’interminables conflits armés internes. José Eduardo dos Santos a procédé, en sa qualité de président en exercice de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), à des consultations périodiques avec quelques homologues de cette région, en vue de trouver des solutions aux différents conflits qui ont déjà fait plusieurs morts et un grand nombre de réfugiés et de déplacés internes.

Fin de l’ultimatum

La situation sécuritaire dans la partie orientale de la RDC est liée principalement à la fin de l’ultimatum imposé aux rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) qui n’ont pas encore respecté leur engagement de désarmement volontaire et de cantonnement.

La CIRGL a été créée en réponse aux conflits qui ont marqué la région des Grands Lacs, dont le génocide rwandais de 1994 qui a fait plus de 800.000 victimes et, par conséquent, à la reconnaissance de la dimension régionale de tels conflits, ainsi qu’à la nécessité de rétablir la paix et de promouvoir le développement régional. Font partie de ce bloc régional, l’Angola, le Burundi, le Congo, le Kenya, la RCA, la RDC, le Rwanda, l’Ouganda, le Soudan, le Soudan du Sud, la Tanzanie et la Zambie.

Pour le diplomate angolais, il n’y a pas de doute qu’après le sommet des chefs d’Etat de la CIRGL et de la SADC, les opérations militaires contre les FDLR auront bel et bien lieu.

Même du côté des Nations-Unies, le chef de la Monusco ne s’est jamais départi de sa détermination à en découdre avec les FDLR dont la présence reste un danger permanent pour l’Est d’un pays – la RDC – qui souffre de son hospitalité légendaire qui l’a poussée à accueillir sur son sol les réfugiés rwandais, parmi eux, les rebelles des FDLR.

Installés en RDC depuis 1994, les rebelles hutu rwandais sont devenus un sujet d’insécurité permanente aussi bien pour le pays d’accueil que pour le pays d’origine, le Rwanda.

Alors que les FDLR font de l’ouverture démocratique du Rwanda la condition à leur retour volontaire dans leur pays, Paul Kagamé, à qui la communauté internationale a toujours exigé d’organiser le dialogue inter rwandais, accepte tout, sauf cela. Ce qui constitue un véritable dilemme dans ce dossier.

Tout compte fait, l’opération militaire contre les FDLR reste d’actualité et, à quelque jours de l’expiration de l’ultimatum, rien ne semble présager une autre option que celle arrêtée par la CIRGL et la SADC.

[avec radio Okapi, Kléber Kungu/l'Observateur]


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