RDC : Insécurité persistante à Goma

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image Manifestation a Goma Juillet 2013

Capitale touristique de la RD Congo, la ville de Goma, au bord du lac Kivu, peine à recouvre une sécurité satisfaisante. Chaque semaine presque, elle compte de cas d’assassinats, vols et enlèvements qui déstabilisent toute une population. Au point d’interpeller aujourd’hui l’autorité politico-administrative, militaire et policière pour la restauration de la confiance au sein de la population. 

C’est au quartier Majengo, dans la périphérie de Goma, que s’est, une fois de plus, illustrée cette insécurité, qui n’a pas dit son dernier mot dans la capitale provinciale du Nord-Kivu. Aux environs de 11 heures locales, une jeune femme de 21 ans a été blessée par balles. L’auteur de cet acte ignoble serait un soldat de la Garde républicaine, non encore identifié qui à réussi a prendre la poudre d’escampette. Selon des témoins sur place, ce soldat, qui terni l’image de l’armée régulière pourtant en communion parfaite avec la population, depuis la déroute du M23, il y a de cela une année, s’est dirigé vers la pauvre dame sans aucune raison apparente avant de tirer deux coups de feu  à la jambe.

Plus de 30 cas de vols, assassinats,…

Depuis quelques mois, la peur et l’inquiétude ne quittent pas les visages des goméens. Il ne se passe pas une semaine sans que ça et là on ne déplore des cas de vols, d’assassinats et d’enlèvements. Hier encore, c’est au quartier Himbi, jusque là le moins insécurisé et où habitent de nombreuses autorités qui a fait parler de lui.  » C’est au cœur de la ville ici, où un jeune homme âgé à peine de 16 ans qui a fait le frais de ces bandits armés », ironise, visage crispé un habitant du quartier voisin. En l’espace de deux semaines, plus de 30 cas de vols, cambriolages, assassinats et viols compris, ont été enregistrés sur l’ensemble de la ville. Et c’est devenu une habitude. Au fil des jours, l’armée et la police se déploient pour endiguer ce fléau qui inquiète près d’un million de goméens, astreint à revoir leur circulation le jour comme la nuit. Par peur de tomber dans la nasse de ces hors la loi. Les plus touchés des quartiers, Ndosho, Kyeshero, Mugunga Majengo, Mabanga, Kasika et Katoyi, deviennent peu enviables. Comme ce témoignage.  » Je préfère louer une maison à prix élevé ici aux abords de la route principale Goma – Sake, dans le quartier Mabanga sud, au lieu et place de celle deux voir trois fois moins chèr au quartier Ndosho, Katoyi ou Kyeshero  »

La semaine passée, à quelque dizaine de kilomètres plus au sud, au quartier Ndosho, un jeune homme de 19 ans a été tué et son papa grièvement blessé après le cambriolage de leur boutique. Un peu plus au sud encore au bord du lac Kivu, au quartier Kyeshero, trois habitations ont connu la visite nocturne des hors la loi, qui ont tirés des coups de feu  avant de dévaliser paisiblement ces trois maisons.

Des zones de non droits

Des cas d’insécurité, se compte par dizaine chaque mois. La police et l’armée ayant la charge de sécuriser la population et ses biens semblent débordées. Inquiets les goméens se sont décidés à se prendre en charge. Le maire de la ville Naasson Kubuya, ne dit pas le contraire. Cette autorité  ne sait plus quelle formule magique appliquée  enfin d’éradiquer la montée en puissance de la criminalité dans sa municipalité. En tournée dans différents quartiers, l’autorité urbaine a, à plusieurs reprises, recommandé à ces administrés de l’auto-prise en charge.  » La population doit prendre ses responsabilités, cela, va dissuader ses bandits armés qui n’ont pas peur de s’attaquer à la paisible population », a-t-il dit. La police, s’est jointe aux Fardc pour rendre productive les patrouilles nocturnes. Les autorités locales doivent être mises à contribution pour plus d’efficacité souhaite la société civile urbaine. Mais pour cela, il faudra instruire ces hommes en uniformes enfin qu’ils s’associent aux chefs de quartiers et dix maisons. Ceux-là même qui maîtrisent mieux les contrées réputées insécurisées.

Seule difficulté : l’effectif des policiers déployés. Ils sont toujours en insuffisance numérique pour sécuriser l’ensemble de 18 quartiers que compte Goma.  » Nous n’avons que quatre vieux policiers ici à notre bureau. Ils sont souvent débordés quand il est question d’intervention musclée  », se plaint l’un des responsables du quartier Ndosho. Profitant du laxisme et de la complicité de certaines autorités judiciaires, certains bandits libérés des prisons se replient vers ces quartiers périphériques, d’où, ils commandent en toute quiétude leurs opérations. Sankara, l’un d’entre eux, celui qui a braqué maintes fois les convois de la BIAC qui transportaient l’argent de cette banque de l’aéroport de Goma, vers sa  succursale du centre-ville, a été arrêté dans ces zones de non droits. Mais jusque-là, aucune opération n’a été menée pour nettoyer ces quartiers de ces tueurs. Pourtant affirment un officier des renseignements de la Police urbaine,  » C’est connue que certains bandits de grand chemin habitent ces quartiers  ». Pourquoi ne sont-ils pas encore inquiétés ? Peut être question de mise en place d’une opération musclée, ce qui permettra de lever tout soupçon de complicité de la part de certains agents de services de sécurité et renseignements.

Patient Ndoole


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