A cause de l’insécurité : L’accès aux populations vulnérables compromis au Sud-Kivu

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image FDLR - Un rebelle hutu rwandais, Est de la RDC.

C’est depuis le mois de juin dernier que l’accès aux populations vulnérables dans le territoire de Fizi est compromis par l’insécurité liée aux incursions des miliciens Maï-Mayï Yakutumba à l’est de la cité de Fizi et aux affrontements entre ces miliciens et l’armée congolaise (FARDC) dans la presqu’île d’Ubwari dans la province du Sud-Kivu.

Selon la Fondation AVSI, environ 5.500 ménages vulnérables dont 4.000 ménages déplacés et 1.500 autres retournés ont besoin d’assistance humanitaire dans les zones difficilement accessibles, rapporte le briefing hebdomadaire de OCHA. Suite à l’insécurité, une ONG humanitaire a été contrainte de retirer son personnel de la zone, poursuit la source. 

Et d’ajouter, depuis le début de l’année, une dizaine d’incidents sécuritaires contre les acteurs humanitaires a été rapportée dans le territoire de Fizi. Ce qui représente environ 20% des incidents listés dans la province. Selon la même source, en octobre 2011, cinq travailleurs humanitaires y étaient tués lors d’une mission de service.

BESOINS ET REPONSES HUMANITAIRES

Selon OCHA, la Fondation AVSI a organisé une foire aux articles ménagers essentiels et vivres pour un mois en faveur de plus de 3.200 familles déplacées à Hombo Nord (Walikale, Nord-Kivu) et Hombo Sud (Kalehe, Sud-Kivu) du 29 août au 4 septembre. Ces personnes s’étaient déplacées en mai de la localité de Niamimba (nord de Hombo Nord) vers Katatwa et Otobora, entre autres, suite aux affrontements entre des miliciens Maï-Maï.

En juin, poursuit la source, d’autres vagues de déplacements, notamment vers Hombo Sud, ont eu lieu suite aux affrontements entre différentes factions des miliciens Raïya Mutomboki à Katatwa, Musenge et Otobora (Hombo Nord), localités situées au Nord-Kivu mais couvertes par les acteurs du Sud-Kivu pour des raisons d’accès.

EDUCATION

OCHA fait savoir que la rentrée scolaire 2014-2015 a eu lieu le 8 septembre au Sud-Kivu. Cependant, dans certaines régions, elle n’a pas pu se tenir ou a été perturbée suite à l’activisme des hommes armés ou aux catastrophes naturelles. 

A en croire OCHA, au nord-est de Mwenga, l’Ecole primaire (EP) Itudu dans la localité de Karhala est occupée depuis juin par des éléments des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui utilisent les bancs comme bois de chauffe et les salles de classe comme dortoirs et cuisine. Cette situation prive d’école 155 enfants. L’EP Itudu étant la seule école primaire de cette localité de plus de 530 habitants, déplorent les humanitaires. Tandis qu’à la rentrée 2013-2014, cette école était déjà occupée par les FDLR du 27 août au 18 septembre 2013, retardant la rentrée de plus de deux semaines. L’institut Itudu, le seul établissement secondaire de Karhala, est également occupé par les FDLR privant d’école 185 adolescents.

Pendant ce temps, les spécialistes de l’éducation au sein de la communauté humanitaire (Cluster éducation) ont adressé le 9 septembre à la ministre provinciale de l’Education une lettre de plaidoyer pour la libération de l’école primaire et de l’institut Itudu. 

Par ailleurs, à Luvungi au nord du territoire d’Uvira, des pluies diluviennes du 30 août ont détruit les EP Betsaïda, Kanenge, Maze et Ushindi, privant 400 élèves de la rentrée scolaire. Alors que les cours sont normalement dispensés le matin, les autorités scolaires examinent la possibilité pour ces élèves de déménager vers d’autres écoles pour y étudier l’après-midi au sortir des classes ou les aménager dans une église. Dans la même région, 1.500 élèves sont déplacés de Mutarule suite aux tueries de juin dernier. Ils se trouvent à Sange, où ils n’ont pas encore repris l’école. En 2013, 19.500 élèves en moyenne ont été privés d’école chaque mois suite aux conflits armés et catastrophes naturelles. La même année, la communauté humanitaire a distribué des fournitures scolaires à plus de 362.800 enfants et réhabilité ou construit plus de 400 salles de classe.

Alors que l’accès des acteurs humanitaires à la région de Penekusu continue d’être restreint pour des raisons de sécurité, les Centres de santé 5ème CELPA, Lukumba, Nyalukungu et Penekusu ont été pillés lors de l’offensive des Forces armées de la RDC (FARDC) contre les Raïya Mutomboki, le 25 août dernier. Selon des sources humanitaires, compromis l’accès aux soins de santé de plus de 22.000 personnes. Le 19 août, des affrontements entre les deux belligérants avaient causé le déplacement d’au moins 3 700 personnes notamment vers Kama dans la province voisine du Maniema. L’ampleur de ces déplacements n’est pas bien connue faute d’évaluation dans les zones de déplacement. 

Pour pallier ce manque d’information, la Fondation AVSI, dans le cadre du mécanisme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP), avait planifié une mission d’évaluation le 12 septembre dans les zones de déplacement, notamment à Kalole, Kama, Lusenge et Matili. 

Mathy MUSAU


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